samedi 24 décembre 2016

Sophie Daumier, pas plus juive que Guy Bedos

Sur Facebook, alors que la rumeur de la judéité de Guy Bedos était évoquée dans une discussion portant sur de récentes déclarations intempestives du sinistre bouffon à propos d’Israël, quelqu’un a cru pouvoir apporter le correctif suivant : « [Ce n’est pas Guy Bedos,] c’est sa première femme, Sophie Daumier, qui était juive… »

Or, d’une part, Sophie Daumier, dont le pseudonyme fait référence au fameux caricaturiste du XIXe siècle Honoré Daumier et dont le vrai nom était Élisabeth Hugon (Wikipedia), n’a pas été la première femme de Guy Bedos mais la deuxième.

D’autre part, et surtout, Sophie Daumier n’a jamais été juive de sa vie. On serait même bien en peine de fournir un motif un tant soit peu sérieux qui justifie que cette idée ait pu être formulée.

Premier indice : Hugon n’est normalement pas un patronyme porté par des Juifs.

Deuxième indice : Élisabeth Hugon, alias Sophie Daumier, a eu un fils nommé Christian.

Troisième indice : Sophie Daumier n’est pas connue pour avoir jamais fait état d’une appartenance au peuple juif ni pour s’être un jour distinguée dans une activité ou une intervention liée à la vie juive, à la culture juive ou à Israël.

Quatrième indice : ses obsèques ont été célébrées en l’église Saint-Roch, considérée comme étant la paroisse des artistes (ibid.).

Accessoirement, sa sépulture, au cimetière du Père-Lachaise, « une simple plaque de ciment » (jesuismort.com), est située entre les sépultures de Marie Trintignant (pas juive) et de Gilbert Bécaud (pas juif non plus).

L’idée que Sophie Daumier aurait pu être juive ne s’appuie sur rien de concret, et même, elle ne s’appuie sur rien du tout, et les indices concordent pour affirmer le contraire. L’affaire est pliée.

jeudi 22 décembre 2016

Bedos, Israël et les Juifs

Une rumeur tenace prête à Guy Bedos des origines juives, et le bruit court, également, que sa mère aurait été juive. Certes, l’intéressé éprouve régulièrement le besoin de parler des Juifs sur la place publique avec une familiarité quelque peu ambiguë, et croit devoir aussi souvent dénigrer l’État d’Israël, sa population juive et ses dirigeants. Visiblement, quelque chose le démange de ce côté là.

Le pied-noir d’Algérie qu’il est déclare se sentir « tout de même plus proche d’Albert Camus que d’Enrico Macias ». Surtout, il se vante d’avoir dit sur scène « je ne confondrai jamais Ariel Sharon et Bibi Netanyahu avec Anne Frank et Primo Levi » et il demande : « suis-je pour autant un néonazi qui s’ignore ? » (rue89.nouvelobs.com).

Pour moi n’est de bon Bedos
que Dom Bedos de Celles
Un néonazi qui s’ignore, je ne sais pas, mais un antisémite qui s’ignore (ou pas), c’est certain. Sinon, pourquoi ce rapprochement intempestif entre les victimes de la Shoah et les dirigeants israéliens ?

Par ailleurs, même un Juif extrêmement hostile à la religion de ses pères, au sionisme et à Israël (même un Juif antisémite) n’aurait jamais tenu ces propos : il se serait d’abord vu lui-même dans la peau du « bon » Juif (non pas tant le Juif victime, en pyjama rayé, que le Juif « critique », « humaniste ») à opposer au « mauvais » Juif (le dirigeant israélien « de droite », ou plus généralement le Juif sioniste).

En effet, Guy Bedos n’est pas juif du tout. Il est le fils d’Alfred Bedos et d’Hildeberte Verdier, des pieds-noirs d’Algérie d’origine espagnole (Bedos) et française (Verdier). Il a été mis en pension vers l’âge de sept ans, puis scolarisé à treize ans au lycée catholique de Bône (aujourd’hui Annaba) (Wikipedia).

Selon ses propres dires, une de ses arrière-grand-mères était juive, si bien qu’il aurait « du sang juif dans les veines. » (Nice-Matin, 2 décembre 2016) : naturellement, il n’en faut pas davantage à certains malades mentaux pour affirmer que Bedos est juif...

Son animosité particulière vis-à-vis des « dirigeants israéliens » se comprend mieux quand on sait quelle avait été la première réaction de sa mère à la vue du bébé qu’il était : « Oh, qu’il est vilain, on dirait un petit Juif ! » (VSD) Le journaliste qui relate cela ajoute : « Légèrement antisémite, la maman lui racontera cette anecdote des dizaines de fois durant son enfance. » Pour ce journaliste, cela s’appelle être « légèrement antisémite ». Mais surtout, cette ignominie a dû laisser de vilaines traces dans l’inconscient du garçon.

Dans son autobiographie Mémoires d’outre-mère, Bedos évoque ses mauvais rapports avec sa mère et dit que de son beau-père, raciste et antisémite et de sa mère, maréchaliste, lui vient sa « conscience politique humaniste ».

Question religion, il évoque  le « Nouveau Testament » qui ne serait pour lui qu’un « vaudeville », avec « ce pauvre Joseph dans le rôle du cocu de service » (Libération) : sans doute se considère-t-il plutôt comme agnostique, mais ses références en matière de religion sont bien chrétiennes, s’il était encore besoin de le faire remarquer.

vendredi 16 décembre 2016

Anémone de mère

Quand une actrice est brune et un tant soit peu « typée » (et parfois même sans cela), il se trouve tôt ou tard quelqu’un dans les parages pour affirmer qu’elle est juive. Cela a été le cas pour Fanny Ardant, pour Marie-José Nat, pour Audrey Tautou... Cela a été le cas aussi pour Anémone.

Anémone a expliqué qu’elle aurait été plus heureuse sans enfants : « J’ai grandi à une époque où, si on n’avait pas d’enfant, on n’était pas une vraie femme. Donc, on fait des gosses. Et on se rend compte qu'on s’est fait bananer et qu’on aurait été mieux sans. » (purepeople.com) Elle a également déclaré : « ça m’a ruiné la vie ». Et aussi : « ça m’a empêchée de vivre » (gala.fr).

Voilà qui ne cadre pas particulièrement avec le profil d’une Juive, pour ne pas parler d’une mère juive.

Anémone ne s’est jamais appelée Anne-Aymone, contrairement à ce que l’on peut lire ici ou là, sur des sites internet ou des blogs peu fiables. Son pseudonyme date du premier film dans lequel elle a joué le rôle principal : Anémone était le titre du film et le nom du personnage.

Anémone s’appelle en réalité Anne Bourguignon. Elle est la fille du psychiatre André Bourguignon (lui-même fils du neurophysiologiste Georges Bourguignon) et de Claire Justin-Besançon (Who’s Who).

Bourguignon et Justin ne sont pas des noms portés par des Juifs, c’est le moins qu’on puisse dire, et concernant le nom Besançon, je renvoie le lecteur à mon article sur Alain Besançon, à qui la mère d’Anémone est apparentée.

Issue de « la grande bourgeoisie parisienne » (Wikipedia), Anne Bourguignon a passé son enfance dans la propriété familiale en Gironde. Élève du lycée privé Notre-Dame-des-Invalides, elle y interpréta la Vierge Marie dans le cadre d’un spectacle de fin d’année (allocine.fr).

Pour faire bonne mesure, ajoutons que son cursus scolaire et universitaire inclut deux autres institutions catholiques et que dans une interview télévisée, elle a précisé qu’elle aurait voulu se marier à l’église « sans passer par la mairie » (vidéo sur le site internet de l’INA).

mercredi 14 décembre 2016

Marie-George Buffet, le PCF et les Juifs

Rares sont ceux, parmi les nouvelles générations, qui savent que le Parti communiste français a été fondé par un Juif polonais, Marcel Camin, né Mojzesz Kaminski. Il lui doit même son nom : en effet, ce n’est que par suite d’une confusion phonétique que le Parti caministe est devenu le Parti communiste.

Les anciens se souviennent de ce drôle d’accent que l’on croyait parfois déceler chez les cadres du PCF, par exemple chez Georges Marchais, né Georges (Gershon) Marczewski : « Nous, les caministes... » Ils avaient simplement conservé l’habitude d’employer l’appellation d’origine.

Ceux qui colportent la rumeur selon laquelle Marie-George Buffet serait juive pourront reprendre à leur compte ce qui précède, c’est cohérent avec leurs théories.

D’où leur est venue cette idée ? C’est très simple. Le nom de jeune fille de Marie-George Buffet, c’est-à-dire le nom de son père, Kosellek, est  un nom à consonance étrangère : en l’occurrence, un nom slave. Ce sont les mêmes qui envisagent une identité juive chez Michèle Alliot-Marie, uniquement parce que la mère de celle-ci était d’origine polonaise et s’appelait Leyko.

Marie-George Buffet porte le nom de son mari, Jean-Pierre Buffet. Elle est la fille de Paul Kosellek et de Raymonde Rayer (Wikipedia). Paul Kosellek est d’origine polonaise, et Rayer est un patronyme français.

Le nom Kosellek peut faire penser, par exemple, à Kollek, nom d’un ancien maire de Jérusalem, ou bien à Jellinek, nom d’un célèbre rabbin. Cependant, les Kosellek ne sont habituellement pas juifs. Le pays où le nom de Kosellek est le plus répandu est la République Tchèque. On trouve des Koselleck (avec « -ck » à la fin) en Allemagne.

Pourquoi les Jellinek et les Kollek sont-ils juifs, et pas les Kosellek ? Pourquoi Abraham Kosciusko, ancêtre de Nathalie Kosciusko-Morizet, était-il juif, mais pas le père Popieluszko ni le héros polonais Tadeusz Kosciusko ? C’est ainsi : de la ressemblance entre deux noms à consonance slave, déduire que quelqu’un est juif est bien hasardeux, pour ne pas dire inepte.

Oserai-je ajouter – la réponse est oui – que Marie-George Buffet n’a pas « le type » ?


Photo : © Nico9393, Travail personnel, CC BY-SA 4.0, Wikimedia

lundi 12 décembre 2016

George Sand, aïeule de Shlomo ?

Il fallait bien que tôt ou tard, quelqu’un ait l’idée de voir en George Sand une Juive. Pourquoi une telle absurdité ? Tout simplement parce que Sand est aussi le nom d’un idéologue actuel dont la première chose que l’on sait est qu’il est né juif. Ce pseudo historien, qui est la risée des vrais chercheurs, doit sa renommée dans le monde arabe et chez les antisémites conspirationnistes à une seule chose, le fait qu’il affirme que le peuple juif n’existe pas tout en en faisant lui-même partie.

Un tel rapprochement, à partir d’un nom de quatre lettres, est d’autant plus ridicule que George Sand n’était que le pseudonyme d’Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil, baronne Dudevant. On admettra qu’il n’y a pas grand chose de juif dans cet état-civil.

C’est un peu comme si l’on disait que Daniel Stern était un Juif, alors que ce nom, donné à une rue de Paris, était le pseudonyme sous lequel écrivait la comtesse Marie d’Agoult.

Le père de George Sand, Maurice Dupin de Francueil, était le fils de Louis Claude Dupin de Francueil et de Marie-Aurore de Saxe, comtesse de Horn, baptisée un mois après sa naissance, laquelle était la fille de Maurice de Saxe et de Marie Rinteau de Verrières.

Maurice de Saxe était un enfant naturel que Frédéric-Auguste, électeur de Saxe et roi de Pologne, avait eu avec Aurore de Koenigsmark.

Quant à la mère de George Sand, elle s’appelait Sophie Victoire Delaborde et elle était née en la paroisse de Saint-Germain l’Auxerrois. Elle était la fille de Marie-Anne Cloquard et d’Antoine Claude Delaborde.

Ajoutons que l’antisémitisme et l’antijudaïsme de George Sand sont visibles dans certains de ses écrits : ce qui, pour le coup, lui fait un point commun avec Shlomo Sand.


Sources : Wikipedia sur George Sand et sur Maurice Dupin ; georgesand.culture.fr ; Cités (2016) n°67 ; généalogie de George Sand

jeudi 8 décembre 2016

Haussmann, pas juif mais baron

À en croire un camarade d’études, lui-même juif, le baron Haussmann était juif ainsi que Georges Bizet, Gustave Eiffel, le Colonel Fabien, la chanteuse Lio et je ne sais plus qui encore.

Que l’homme qui a transformé Paris sous le Second Empire soit juif, comment peut-on avoir une telle idée si ce n’est, tout bêtement (c’est le cas de le dire), parce qu’il avait un nom en « -mann »... comme Goetzmann, Griezmann, Hoffmann, Kauffmann ou Thalmann ?

À ma connaissance, abstraction faite des Juifs dont le patronyme est Baron, il n’est de barons juifs que les Hirsch et les Rothschild (si tant est que les Rothschild d’aujourd’hui soient encore juifs).

Le baron Georges Eugène Haussmann était le fils de Nicolas Valentin Haussmann et d’Ève Marie Henriette Caroline Dentzel. Nicolas Valentin Haussmann était le fils de Nicolas Haussmann, député de l’Assemblée Législative et de la Convention et commissaire aux armées.

Si cela ne suffisait pas, nous avons un Nicolas Valentin, fils de Nicolas : un fils ayant reçu le prénom de son père, ce qui est rarissime chez les Juifs. On sait aussi que Nicolas Haussmann était d’origine alsacienne et protestant.

Quant à la mère du baron Haussmann, elle était la fille d’un pasteur luthérien (donc protestant) devenu général et député de la Convention puis baron d’Empire, Georges Frédéric Dentzel, lequel était né en Allemagne.

Pour connaître la signification du nom Haussmann, on pourra consulter une page ad hoc de Wikipedia, qui présente une liste de personnalités portant ce nom, avec cette orthographe ou avec une orthographe un peu différente.


Sources : Wikipedia, sur G.E. Haussmann, sur Nicolas Haussmann, sur G.F. Dentzel et sur le nom Haussmann.

mercredi 7 décembre 2016

La religion de Dominique Bromberger

Le nom de Dominique Bromberger figure sur au moins une de ces listes de « Juifs » publiées sur Internet par des antisémites complotistes. Pour ceux qui prétendent ne voir que des Juifs à la télévision, un journaliste aux cheveux bruns ondulés et portant un nom de famille à consonance germanique est nécessairement un Juif.

Les noms en « -berger », comme Bromberger, ne sont pas des noms « juifs ». Le nom Berger peut être français ou allemand, et il arrive aussi, quoique assez rarement, qu’il soit porté par des Juifs. Le vrai nom du chanteur Michel Berger était Hamburger. Hamburger fait référence à une ville (Hambourg), comme d’autres noms en « -burger » (si j’ose dire), mais ce n’est pas le cas des noms en « -berger ». Les Schlumberger sont protestants, c’est bien connu ; les Schützenberger ont toujours été des Alsaciens chrétiens ; le révérend père Bruckberger était un prêtre dominicain, né d’une mère française et d’un père autrichien.

Bromberger est clairement un nom porté dans l’Est, notamment du côté de l’Alsace (geneanet.org).

Un certain Christian Bromberger a dirigé l’Institut français de recherche en Iran entre 2006 et 2008. Un Juif qui se prénommerait Christian et qui serait allé résider à Téhéran, sous le régime actuel, est-ce vraisemblable ?

Quant à Dominique Bromberger, il est né en mars 1944 à Paris et il est permis de douter que beaucoup de Juifs aient pu naître à Paris à cette époque. Faute de disposer de détails sur sa famille, nous avons les récits de l’intéressé sur les visions qu’il a eues quand il était dans le coma, après un grave accident de scooter :

Je marchais dans un lieu que j’ai entraperçu au cours d’un de mes voyages, Saint Jacques de Compostelle… » Dominique Bromberger se souvient, à ce moment, de l’apparition d’une figure féminine toute en blanc « … qui eût pu être une reine, une sainte, pourquoi pas Marie, mère de Dieu… » (vidéo sur Dailymotion).

Une autre fois, à propos de cette même vision, Bromberger parle d’une reine d’Espagne, sans doute Isabelle la catholique. Il ajoute cependant : « Peut-être était-ce la Vierge, peut-être ai-je plus la foi que je ne l’imagine ? »

Quelle foi, quelle tradition religieuse, quelle « confession » peut bien être celle d’un homme qui parle de « la Vierge » et de « Marie, mère de Dieu » ?

dimanche 4 décembre 2016

Chostakovitch, pas plus juif qu’Evtouchenko

Dans son ouvrage Le Destin juif et la musique (Fayard, 2001), déjà évoqué précédemment, Frans C. Lemaire fait état d’une inspiration juive présente dans certaines œuvres de Dimitri Chostakovitch, de façon plus explicite qu’ailleurs dans son cycle de mélodies Sur des poésies populaires juives op. 79.

Par ailleurs, dans sa treizième symphonie « Babi Yar », Chostakovitch a mis en musique le poème éponyme d’Evguéni Evtouchenko, qui est une protestation contre l’antisémitisme et qui dénonce l’attitude des autorités soviétiques vis-à-vis de la mémoire du massacre des Juifs en Ukraine.

Peut-être est-ce pour l’une de ces deux raisons que certains se sont imaginé que « Chosta » était juif.

Je dis « peut-être », car l’expérience montre que tout est possible, même le plus absurde, et pas seulement de la part des gens les plus insensés.

Frans C. Lemaire consacre à Dimitri Chostakovitch pas moins de 11 pages (pp. 535-545), mais il précise que le compositeur russe, bien qu’ayant fait preuve d’une compassion et d’un intérêt particuliers pour le destin juif, n’était pas juif lui-même.

Les origines de Dimitri Dmitrievitch Chostakovitch sont russes et polonaises. Son grand-père Boleslav Chostakovitch, ou Boleslaw Szostakowicz en polonais, avait été exilé en Sibérie pour avoir été impliqué dans une tentative d’assassinat du tsar Alexandre II, en 1866 (Wikipedia).

Dimitri Dmitrievitch signifie Dimitri, fils de Dimitri. Je dois encore le répéter ici, un fils portant le même prénom que son père, cela n’existe pratiquement pas chez les Juifs. Je dis « pratiquement » : je sais, cela existe quand même. Mais c’est très exceptionnel.

Et donc, je ne crains pas d’insister : un fils portant le même prénom que son père, cela n’existe pratiquement pas chez les Juifs.

jeudi 1 décembre 2016

Oscar Niemeyer et ses origines

Niedermeyer, Niemeyer, Meyer... C’est souvent en vertu de ce genre de rapprochement phonologique, phonétique, voire sémantique, et en l’absence de toute autre référence, que naît une légende attribuant à quelqu’un une origine ou une identité juive.

Il s’agit donc ici, une fois de plus, de faire un sort à ce genre d’ineptie.

Cathédrale de Brasilia
Niemeyer, tout comme Niedermeyer, est simplement un nom germanique.

En outre, l’architecte du siège du Parti communiste français s’appelait en réalité Oscar Ribeiro de Almeida de Niemeyer Soares Filho :

« Mon vrai nom est Oscar Ribeiro de Almeida de Niemeyer Soares. Ribeiro et Soares sont deux noms de famille d’origine portugaise ; Almeida est arabe et Niemeyer allemand. Je dois avoir en outre un peu de sang noir et indien. Il est certain que mon ascendance germanique n’a eu aucune influence sur mon caractère, mais au Brésil, un nom étranger comme celui que j’ai finalement choisi se retient beaucoup plus facilement. » (LeMonde.fr, 6 décembre 2012)

Son grand-père, Antonio Augusto Ribeiro de Almeida, était procureur de la République, au Brésil. Le nom de Niemeyer lui vient d’une grand-mère allemande native de Hanovre.

Fier de ses origines variées, portugaises, arabes, allemandes et autres, Niemeyer se disait « aussi métis que le sont tous [s]es frères brésiliens ».

À la fin de sa vie, Niemeyer, qui avait toujours été communiste et qui avait écrit sur un mur de son atelier « Por um mundo melhor » (pour un monde meilleur), a rencontré son « ami » le dictateur antisémite Hugo Chavez et lui a témoigné son soutien.


Sources : lefigaro.fr, lemonde.fr, Wikipedia Photo : Creative Commons Atribuição 3.0 Brasil

mercredi 30 novembre 2016

Niedermeyer, quelle religion ?

Un musicien dont le nom se termine par « -meyer », dont le premier prénom est Abraham… et qui a étudié auprès d’Ignaz (Isaac) Moscheles ! Je ne suis pas surpris qu’on m’ait déclaré un jour que ce monsieur était juif.

Or, il n’en est rien. Niedermeyer est un nom germanique, comme ses variantes Niedermayer et Niedermeier, et les prénoms bibliques ne sont pas rares chez les protestants.

Effectivement, Abraham Louis Niedermeyer, baron d’Altenbourg, né à Nyon, en Suisse, était issu d’une famille de Suisses protestants. Cela ne l’empêcha pas de se passionner pour la liturgie catholique.

Son épouse s’appelait Jeanne Suzanne Charlotte des Vignes de Givrins. Au passage, son prénom usuel était Louis, et non pas Abraham.

Après avoir donné en concert sa Messe solennelle en l’église Saint-Eustache, à Paris, Louis Niedermeyer se consacra essentiellement à la musique d’église. On lui doit plusieurs messes et de nombreux motets.

Il réorganisa l’institut de musique religieuse d’Alexandre-Étienne Choron, qui devint l’École de musique religieuse et classique, plus connue sous le nom d’école Niedermeyer de Paris (plus d’un siècle après sa mort, son nom allait être donné au conservatoire d’Issy-les-Moulineaux).

Louis Niedermeyer fonda également un périodique consacré à la musique religieuse (chrétienne). Par la suite, il écrivit un volumineux ouvrage sur l’accompagnement pour orgue des offices de l’église.


Sources : Wikipedia, Universalis, symphozik.info

mardi 29 novembre 2016

Un Juif fait-il de la couture en novembre ?

Un site internet algérien antisémite (pléonasme) et conspirationniste (double pléonasme) dont j’ai déjà parlé, qui reprend l’ignoble campagne pétainiste « Ces Juifs qui dominent la France » (sic), a publié une liste de noms parmi lesquels figure celui de Jean Thomas Couture, dit Tom Novembre.

Celui-ci y côtoie plusieurs autres personnalités dont rien n’incite davantage à penser qu’il pourrait s’agir de Juifs, comme son frère Charlélie Couture, mais aussi Jean-Pierre Chevènement, Patrick de Carolis, ou encore Jean-Marc Morandini.

Si quelqu’un peut m’éclairer sur la domination ou l’influence que Tom Novembre aurait exercée jusqu’à présent sur la société française, ou qu’il continuerait d’exercer, je ne demande qu’à voir ma curiosité satisfaite.

Tom Novembre a incarné l’apôtre Paul dans le film Jésus de Serge Moati, une composition pas plus indicative que celles d’Hippolyte Girardot (Judas), de Christophe Malavoy (Caïphe), de Faudel (Baruch), de François Négret (Jean le Baptiste), de Ludmila Mikaël (Marie) et de Yann Collette (Mathias).

Que pourrais-je dire de plus, sur cette page, que dans mon article déjà publié sur Charlélie Couture ? Pas grand chose. Je ne peux que me répéter.

Jean Thomas Couture, dit Tom Novembre, est le fils de Jean-Pierre Couture et d’Odette Michel, elle-même fille d’Auguste Élie Michel et de Cécile Charlotte Boutry.

En remontant à la troisième génération, on trouve d’autres noms très français comme Dufoux et Vouillon, et toujours aucun patronyme qui ressemble un tant soit peu à Goldman, à Israël, à Benarroch ou à Rosensohn.

lundi 28 novembre 2016

Pas grand chose de juif chez Fidel Castro

Immanquablement, au lendemain de la mort de Fidel Castro, la rumeur de sa judéité a ressurgi sur certains forums électroniques. Une participante (juive) à une discussion sur Facebook a écrit que celui-ci était « juif marrane » (sic).

Certes, le dictateur communiste se disait lui-même descendant de marranes. Castro est effectivement un patronyme porté par des Juifs, tout comme Franco, et pour certains, cela expliquerait que le « Líder Máximo » ait combattu l’antisémitisme à Cuba. Castro aurait même affiché des dispositions relativement peu défavorables à l’égard de l’État d’Israël, ce qui est plus douteux (comme en témoigne, par exemple, la photo ci-dessous).

Castro avec Arafat
Né à Birán, dans la province de Holguín, à Cuba, Fidel Alejandro Castro Ruz était le fils d’Ángel Castro Argiz, immigrant espagnol analphabète, devenu riche propriétaire terrien, et de sa cuisinière d’origine espagnole née à Cuba, Lina Ruz González. Il était le troisième de sept enfants illégitimes, Raúl étant le quatrième.

Fidel fut baptisé à l’âge de neuf ans. Il était alors considéré comme étant de père inconnu, mais il allait par la suite être reconnu officiellement par Ángel et prendre alors le nom de Castro. Par ailleurs, Fidel Castro fut scolarisé dans des écoles catholiques, notamment chez les maristes, puis chez les jésuites.

De sa première union naquit en 1949 un fils qui reçut le prénom de Fidel et fut bientôt surnommé Fidelito (diminutif de Fidel). Après la séparation de Fidel Castro d’avec Mirta Francisca de la Caridad Díaz-Balart y Gutiérrez, celle-ci s’installa en Espagne en 1959 (donc, à l’époque de Franco).

Qui a lu mes articles précédents sait qu’un Juif, même éloigné de la religion, ne donne pas son propre prénom à son fils, une telle pratique étant contraire à la tradition juive pour plus d’une raison.

Par ailleurs, les seuls marranes découverts au XXe siècle dans la péninsule ibérique étaient ceux de Belmonte, un village du Portugal. En dehors de telles exceptions, des descendants de marranes qui seraient restés juifs même en cachette, en Espagne ou en Amérique latine, depuis la fin du XVe siècle jusqu’à notre époque, cela n’existe probablement pas (voir aussi mon article sur Franco).

Les administrateurs du site internet Jew Or Not Jew ont décerné à Fidel Castro le score 3/15, contre 4/15 pour l’autre boucher latino, Ernesto Guevara, le score 3/15 ayant également été attribué à Michelle Obama et à Vladimir Poutine, par exemple.

dimanche 27 novembre 2016

Sandra Bullock, championne de « Jew Or Not Jew »

Sur le site internet américain Jew Or Not Jew, on peut lire que de toutes les femmes, Sandra Bullock est celle pour laquelle la question de savoir si elle est juive a été posée le plus souvent.

La première raison à cela est sans doute que le nom de jeune fille de sa mère est Meyer. Meyer est certes un nom porté par des Juifs, mais ce nom est tout aussi souvent porté par des Allemands et des Autrichiens non juifs.

Sachant que la mère de Sandra Bullock, Helga Mathilde Meyer, une chanteuse allemande, est née 1942 à Nuremberg, et que la petite Sandra avait l’habitude de fêter Noël en Allemagne, l’ambiguïté est levée.

Vous en connaissez beaucoup, des Juifs qui vivaient à Nuremberg en 1942 ou qui y sont nés cette année là ?

Il existe une seconde raison pour laquelle des gens se posent cette question : Sandra Bullock a fait circoncire son fils adoptif. Or, cette décision n’avait rien à voir avec le judaïsme. Il semblerait qu’elle se soit adressée à un mohel (circonciseur juif) plutôt qu’à un médecin, mais c’était pour elle la seule possibilité, sachant qu’elle ne souhaitait pas se rendre à l’hôpital.

Quand à Bullock, ce n’est pas un nom juif davantage que Bulloch (nom de la mère de Theodore Roosevelt) ou d’autres variantes comme Belloq, Bellocq, Bellocque, et autres Billocq. Une quarantaine de Bullock sont nés en France entre 1966 et 1990, avec une remarquable concentration de ce patronyme dans l’Eure-et-Loir (voir geneanet.org et geopatronyme.com).

« Not a Jew » (pas juive), concluent les administrateurs du site internet Jew Or Not Jew, qui lui attribuent le score 5/15 décomposé ainsi : 0/5 pour les origines juives, 1/5 pour la ressemblance avec une Juive et 4/5 pour indiquer qu’il ne leur aurait pas déplu qu’elle soit juive.


Photo : © Angela George, CC BY-SA 3.0, Wikimedia

vendredi 25 novembre 2016

En Algérie, il se dit que Patrick de Carolis est juif

« On opposait le candidat à particule, catholique, père de famille nombreuse et autodidacte (Patrick de Carolis) à l’énarque polytechnicien compétent et branché sur le Paris intello (Marc Tessier). Patrick de Carolis incarnait pour ces gens-là tout ce qu’un petit milieu culturel et médiatique parisien n’aimait pas. » – Dominique Baudis, Télérama, 28 mai 2010

Un site internet algérien antisémite (pléonasme) et conspirationniste (double pléonasme) dresse une liste de Juifs qui « dominent la France » et y fait figurer notamment Nicolas Hulot et Alain Juppé. Dans ces conditions, on ne sera pas étonné d’y trouver également Patrick de Carolis, dont le nom est mis entre guillemets pour suggérer qu’il s’agirait d’un pseudonyme destiné à camoufler sa « véritable » identité.

Dans la série consacrée aux délires de malades mentaux qui voient des Juifs partout, nous allons donc examiner le cas de Patrick de Carolis.

Il s’agit bien de son vrai nom. Du côté paternel, l’ancien président de France Télévisions a des origines italiennes. Un de ses arrière-grands-pères avait émigré d’Italie en 1900 pour se fixer en région lyonnaise. Surtout, son père, Dominique de Carolis, avait été mobilisé en 1943, ce qui indique qu’il n’était pas juif.

La mère de Patrick de Carolis, issue d’une vieille lignée provençale, a longtemps porté le costume traditionnel des Arlésiennes et a même été élue reine des provinces françaises en 1947 (Wikipedia). Son nom, Lucette Mounier, ne suggère absolument pas des origines juives.

En outre, on imagine mal une famille juive, dans les années quatre-vingt, appeler ses enfants Florent, Grégoire, Louis et Joséphine. Passons sur la proximité de ce monsieur, dans la vie professionnelle, avec un certain Camille Pascal qui semble voir des agents du Mossad un peu partout.

Pour renfort de potage, Patrick de Carolis, qui n’a jamais caché sa foi chrétienne (site internet de l’Observatoire des journalistes), a reçu du Vatican le titre de Commandeur avec plaque de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand.


Photo : © Siren-Com - Travail personnel, CC BY-SA 3.0 Wikimedia

jeudi 24 novembre 2016

Nostradamus avait un grand-père juif… converti

Le Wikipedia espagnol insiste lourdement sur les « origines juives » de Nostradamus, tout en laissant apparaître clairement qu’elles se résument à un grand-père converti. En effet, le grand-père paternel de Nostradamus, Guy de Gassonet (ou Cresquas selon d’autres sources), était juif de naissance. Il est inutile de chercher ailleurs la raison pour laquelle une rumeur tenace fait de Nostradamus un Juif.

Le grand-père de Nostradamus aurait choisi le nom de Pierre de Nostredame lors de sa conversion au catholicisme, vers 1455 selon Wikipedia en français, ou vers 1459-1460 selon Wikipedia en anglais. Cependant, selon certaines archives, le nom de Nostredame lui aurait été imposé par l’archevêque d’Arles, Pierre de Foix. Devenu un chrétien convaincu, Pierre de Nostredame répudia sa femme, Benastruge Gassonet, parce que celle-ci ne voulait pas renier le judaïsme. La dissolution du mariage fut prononcée en vertu du Privilège paulin en 1463 à Orange, et Pierre de Nostredame put se remarier avec Blanche de Sainte-Marie, fille de Pierre de Sainte-Marie.

Michel de Nostredame fut baptisé dans l’église paroissiale de Saint-Rémy-de-Provence. Il était le fils de Jaume de Nostredame et de Reynière de Saint-Rémy. Jaume de Nostredame était un des fils de Pierre de Nostredame et de Blanche de Sainte-Marie. Son épouse, Reynière de Saint-Rémy, était la fille de René de Saint-Rémy et de Béatrice Torrelli (ou Tourrel, selon les sources), et la petite-fille de Jean de Saint-Rémy.

Au cours de son existence, il eut probablement l’occasion de constater que malgré la conversion de son grand-père, sa famille continuait à faire l’objet d’une certaine discrimination. Cependant, non seulement son grand-père paternel était converti, mais sa grand-mère paternelle n’était pas juive, si bien que son père n’était pas juif, et ses grands-parents maternels n’étaient vraisemblablement pas juifs du tout, par conséquent sa mère non plus n’était pas juive.

Selon certaines sources, Nostradamus aurait craint, à tort ou à raison, d’être persécuté par l’Inquisition pour hérésie. Il eut certes quelques ennuis avec l’Église en raison de ses activités. Or, comme je l’ai fait remarquer à propos de Galilée, un Juif aurait bien pu, à cette époque, être persécuté en raison de sa religion voire de ses origines, mais certainement pas en raison d’un soupçon d’hérésie.


Sources : Wikipedia en français, en anglais, en espagnol, ramkat.free.fr, Robert Benazra

lundi 21 novembre 2016

Si Vladimir Poutine est juif, je suis chinois

Certains ont inventé que son vrai nom serait Putzman, et d’autres, que sa mère, Maria Ivanovna Poutina, née Chelomova, aurait été juive.

Certes, Chelomov peut faire penser à Shlomo (Salomon en hébreu) ou à Shalom, mais une chose est sûre, il y a des gens qui ont beaucoup d’imagination.

Peut-on envisager sérieusement qu’un lieutenant-colonel du KGB puisse être juif, et qu’un Juif puisse se retrouver à la tête de la Russie ?

Poutine se signant pendant la messe de Noël
En outre, point n’est besoin d’être très physionomiste pour remarquer, chez Vladimir Poutine, un type slave très prononcé.

Entre 1791 et 1917, en Russie, les Juifs, à l’exception d’un nombre limité d’entre eux, étaient cantonnés par le pouvoir impérial dans un périmètre appelé la Zone de résidence.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, toute cette région s’est retrouvée sous le contrôle de l’Allemagne nazie, avec les affreuses conséquences que l’on sait.

Or, les ascendants de Vladimir Poutine, qui étaient des paysans, vivaient à Tourguinovo depuis le XVIIe siècle. Tourguinovo se situe dans l’oblast de Tver, au nord de Moscou, donc à bonne distance de la Zone de résidence.

Ajoutons à cela que Poutine se prénomme Vladimir Vladimirovitch, ce qui signifie qu’il porte le même prénom que son père : à ce sujet, voir mes articles précédents.

Comme bien souvent, face à un racontar sans aucun fondement, nous avons tout un ensemble d’indices qui convergent vers la même conclusion : pas juif du tout.


Sources : Wikipedia

jeudi 6 octobre 2016

Aucun Juif dans la généalogie d’Édith Piaf

Qui donc serait en mesure de me dire d’où pourrait provenir la rumeur selon laquelle Édith Piaf aurait été juive ?

Édith Piaf est née Édith Giovanna Gassion. Ses ancêtres ont vécu en Basse-Normandie, en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais, et pour certains, en Italie (c’est sans doute ce qui explique que son second prénom soit Giovanna) et au Maroc.

Les Gassion étaient normands depuis dix générations. Le plus lointain ancêtre connu est Jean Gassion, maçon à Castillon (Calvados). Son fils, Gilles Gassion et son petit-fils, Jacques Gassion y sont nés. On sait aussi qu’en 1760, ce dernier a épousé une certaine Suzanne Mancel dont il a eu un fils, Jacques François Gassion, né à Arganchy (toujours dans le Calvados).

Il a été dit que la mère d’Édith Piaf, Annetta Maillard, dite Line Marsa (née à Livourne, en Italie), était une Kabyle d’origine algérienne.

En réalité, Annetta Maillard avait un grand-père maternel berbère et marocain, Saïd Ben Mohamed, mais l’épouse de celui-ci, et donc sa grand-mère, s’appelait Marguerite Bracco et était née en Italie.

Quant au père d’Annetta Maillard, il s’appelait Auguste Eugène Maillard et n’était absolument pas d’origine nord-africaine.

Les origines d’Édith Piaf étaient donc françaises aux trois quarts, et surtout normandes du côté de son père, avec du côté de sa mère un huitième d’origines berbères et un huitième d’origines italiennes. Outre Gassion, Mancel, Maillard, Bracco et Ben Mohamed, les patronymes étudiés dans son arbre généalogique sont Blin, Campagne, Daravant, Debout, Descamps, Duval, Crétois, Chapelle, Lucier et Ben Ali : rien de « juif » dans tout cela.

Enfin, la sépulture d’Édith Piaf est très chrétienne, comme le montre la photo ci-dessus.


Sources : Généalogie 87, Généalogie Magazine, Geneanet, Wikipedia

mardi 6 septembre 2016

« Un Juif appelé Darwin » ?

Dans le quotidien turc gouvernemental Vahdet, le journaliste Seyfi Sahin explique que la théorie de l’évolution a été proposée par « un Juif appelé Darwin » qui observait les règles du judaïsme, si bien que les musulmans étaient ses principales cibles. Il émet ensuite l’hypothèse que les grands singes seraient des Juifs maudits par Allah (memri.fr).

Darwin est en effet la tête de Turc, si je puis dire, des musulmans créationnistes.

Mais le judaïsme aussi est créationniste, ce journaliste crétin et fanatique l’ignore-t-il vraiment ou fait-il semblant ? Allez savoir. À ce degré de bêtise et de mauvaise foi, je ne sais pas si cette question a encore un sens.

Charles Robert Darwin, né à Shrewsbury, était le fils de Robert Darwin et de Susannah Wegdwood. Son père était issu d’une famille chrétienne unitarienne, et sa mère également. Cependant, les Wegdwood étaient devenus anglicans, si bien que Charles Darwin avait été baptisé selon le rite de l’église anglicane (Wikipedia).

Le frère de sa mère, Josiah Wegdwood II, portait le même prénom que son père, encore un élément indiquant que les Wegdwood n’étaient pas juifs. On remarquera par ailleurs que Charles Darwin avait aussi hérité du prénom de son père...

En 1818, à 9 ans, le jeune Charles était entré au pensionnat de l’école anglicane voisine, à Shrewsbury.

Le créationnisme avait déjà été remis en question avant lui, notamment par son grand-père Erasmus Darwin. Outre que celui-ci n’était évidemment pas juif, on imagine mal des Juifs donner à leur enfant, en guise de prénom, le nom d’un penseur chrétien anti-juif.

En 1827, Robert Darwin orientait son fils vers un cursus de théologie dans l’espoir de faire de lui un pasteur anglican.

Plus tard, Charles Darwin allait épouser sa cousine Emma Wegdwood, anglicane pieuse.

Enfin, le célèbre naturaliste, bien qu’il ait exprimé le désir d’être inhumé dans le cimetière St Mary de Downe, a été enterré dans l’abbaye de Westminster... comme Isaac Newton.

lundi 5 septembre 2016

Alain Juppé et le mot juif

J’ignore pour quelle raison des détraqués qui dressent des listes de personnalités juives trouvent le moyen d’y inclure, par exemple, Alain Juppé. Serait-ce parce que son nom commence par « Ju- » comme « Juif » ? Ou peut-être, parce qu’il se termine en « -pé » comme Copé ?

Ou bien, parce qu’il a été un jour l’invité du CRIF et a déclaré à cette occasion que lorsqu’il entendait le mot juif, ce n’était pas dans sa tête que ce mot résonnait mais dans son cœur (tribunejuive.info) ? Ce qui ne l’empêche nullement d’être complaisant vis-à-vis de l’islamisme, et surtout, très pro-arabe.

Alain Marie Juppé est le fils de Robert Juppé, agriculteur dans les Landes, et de Marie Darroze, fille d’un propriétaire terrien et métayer landais (Wikipedia).

Un homme dont le second prénom est Marie peut-il être juif ? C’est impossible pour deux raisons.

La première est que lorsqu’un garçon reçoit ce prénom, c’est toujours par référence à Marie, mère de Jésus-Christ. Seuls des parents chrétiens peuvent nommer leur fils de cette manière.

La seconde est que donner à un enfant un prénom de l’autre sexe est absolument contraire aux principes du judaïsme, et par voie de conséquence, à la tradition juive.

En outre, Juppé est clairement un patronyme du Sud-Ouest de la France (geopatronyme.com), et Darroze un patronyme landais (ibid.).

Enfin, Alain Juppé a épousé en premières noces Christine Leblond, puis Isabelle Legrand-Bodin : des patronymes qui ne suggèrent absolument pas des origines juives. Les enfants qu’il a eus de ses deux épouses successives ne sont donc juifs à aucun titre et il n’est donc pas plus « juif » par ses enfants que par ses parents.

mercredi 3 août 2016

Chevènement, vainement désigné comme Juif

Jean-Pierre Chevènement est identifié comme juif sur un site internet d’une contrée orientale dont l’orientation ne fait pas mystère, la page étant intitulée « Ces Juifs qui dominent la France ».

Les antisémites conspirationnistes sont capables de tout, même de tenir quelqu’un pour juif sous prétexte qu’un de ses ancêtres portait un nom en « -mann » il y a plus de trois cents ans.

Avec cette illustration,
le site algérien annonce la couleur...
Toutefois, il se peut qu’ils aient plutôt pris comme argument la judéité de l’épouse de Chevènement, Nisa Grünberg.

Les enfants de Chevènement seraient donc juifs selon la Torah, ce qui place l’homme de Belfort dans la même situation que Pascal Bruckner ou Pierre-André Taguieff, par exemple.

Pour autant, pourrait-on sérieusement imaginer, en France, en 2016, au lendemain d’une série d’attentats islamistes, un Juif nommé ou pressenti pour être nommé à la tête d’une « Fondation des Œuvres de l’Islam de France » (sic) ?

Toujours est-il que l’intéressé n’a aucune ascendance juive connue et ne s’est jamais de la vie converti au judaïsme.

Jean-Pierre Chevènement est le fils de Pierre Chevènement, instituteur, et de Juliette Garessus, institutrice. Les Chevènement sont des Franc-comtois.

Le nom d’origine, Schwennemann, qui désignait probablement celui qui est originaire du hameau de Schwenni (commune de Saint-Anton, dans le canton suisse de Fribourg), a été francisé en Chevènement à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe siècle.

Le nom de sa mère, Garessus, est également un nom de la région (prédominance dans le Doubs), autrement dit, un nom qui n’indique pas du tout une ascendance juive du côté maternel.


Sources : Wikipedia, genealogie.com, diesbach.com

dimanche 31 juillet 2016

Taguieff aime la musique juive

« (...) C’est une imputation de judaïsme, en vertu de ce que l’on tient de sa définition. (Cela) se retrouve à tous les niveaux. Souvenons-nous de l’article de Tariq Ramadan, paru en 2003, sur ce qu’il appelait les « intellectuels communautaires », où il s’en prenait à Pierre-André Taguieff, un chercheur sur l’antisémitisme, qui n’est absolument pas juif. » - Raphaël Enthoven, La Morale de l’info, Europe 1 (retranscription d’Éric Hazan pour LeMondeJuif.info)

À coup sûr, les travaux de Pierre-André Taguieff portant sur le racisme, et surtout ceux portant sur l’antisémitisme, sont pour quelque chose dans la confusion qui consiste à le prendre pour un Juif.

Cette confusion, le sinistre Ramadan, islamiste chouchou de la télévision française, n’est certainement pas le seul à l’avoir faite.

Le patronyme à consonance étrangère du chercheur aura facilité la chose, bien que Taguieff ne soit pas plus juif que Tambyeff, Tazieff ou Terzieff.

Né d’un père russe et d’une mère d’origine polonaise, Taguieff a très tôt été passionné par la culture juive, notamment musicale.

Par ailleurs, selon ses propres dires, « tous les amis de la famille étaient des Juifs d’Europe de l’Est, marqués par l’expérience nazie » (Wikipedia).

Pierre-André Taguieff a aussi été marié avec la chanteuse yiddish Talila, avec qui il a eu une fille. Certes, il peut dire, à l’instar de Pascal Bruckner, que sa fille est juive.

Et cependant, comme il l’a déclaré publiquement à plusieurs reprises, lui-même n’est pas juif et ne l’a jamais été (pas plus que son père ou sa mère).

jeudi 21 juillet 2016

Est-on juif quand on s’appelle Cowen ?

Le 15 juin 2010, le site internet du Figaro annonçait comme une chose tout à fait normale l’expulsion par Dublin d’un diplomate israélien « en rétorsion à l’usage de faux passeports irlandais dans le meurtre à Dubaï en janvier d’un cadre du Hamas[,] dont les services secrets israéliens sont soupçonnés (...) ».

J’avais alors demandé si la Suisse avait expulsé un diplomate français, une fois établi que les services secrets français avaient fait usage de faux passeports suisses pour couler le Rainbow Warrior en Nouvelle-Zélande.

Mon commentaire avait été refusé par les « modérateurs » du site.

En revanche, les mêmes n’avaient visiblement rien trouvé à redire au commentaire d’un certain Fayçal Zerrouk :

« Pour info, le Premier ministre irlandais s’appelle Cohen. Au cas où certains partisans du grand Israël oseraient le traiter d’antisémite, je les préviens, histoire qu’ils ne se ridiculisent pas une fois de plus. »

Ces mêmes « modérateurs » avaient cependant jugé bon de supprimer la réponse de « honney18 » à ce surdoué. Qu’avait-elle écrit de si inacceptable, « honney18 » ? Tout simplement, que le Premier ministre irlandais s’appelait Cowen, et non pas Cohen... et qu’il n’était pas juif.

Sachant qu’il y a eu un jour en Angleterre un Premier ministre nommé Benjamin Disraeli, et plus récemment en Autriche un chancelier nommé Bruno Kreisky, je ne dirai pas qu’il est complètement impossible qu’un Premier ministre irlandais soit juif, mais en l’occurrence, « honney18 » avait raison.

Brian Cowen (par ailleurs un fervent admirateur de Yasser Arafat, et donc quelqu’un d’aussi pourri que les journalistes de la presse française écrite et électronique et ses « modérateurs ») est issu de l’Irlande profonde. Il a poursuivi sa scolarité dans un collège cistercien (Wikipedia), et son nom, qui n’a rien de juif, s’écrit en irlandais : Brian Ó Comhain.

mardi 19 juillet 2016

Charlélie Couture, un Juif influent ?

Un site internet conspirationniste, consacré à « ces Juifs qui dominent la France » (sic), cite Charlélie Couture, de son vrai nom Bertrand Couture, parmi les Juifs les plus influents, aux côtés de son frère Tom Novembre (de son vrai nom Jean Thomas Couture) et de plusieurs personnalités dont rien, absolument rien, n’incite à penser qu’il pourrait s’agir de Juifs.

Si quelqu’un peut m’éclairer sur la domination ou l’influence que Charlélie Couture aurait exercée jusqu’ici sur la société française, ou qu’il continuerait d’exercer, je ne demande qu’à voir ma curiosité satisfaite.

Même chose pour Tom Novembre.

À ce niveau de stupidité, on se demande comment il serait encore possible de parler d’erreur ou de méprise.

Il n’est certes pas impossible que la présence du prénom Élie dans l’état-civil de Charlélie Couture soit pour quelque chose dans ce délire (à ce propos, voir mon article sur Serge Ayoub).

Dans ce cas, comment comprendre que Jean-Pierre Chevènement, Patrick de Carolis et Jean-Marc Morandini figurent sur la même liste ?

Mais comme je l’ai déjà fait remarquer, il ne faut généralement pas chercher de la rationalité et du bon sens là où il est question des Juifs (ou de personnes supposées juives), à plus forte raison (si je puis dire) quand on a affaire à des détraqués.

Le troisième prénom de l’artiste lui vient de son grand-père maternel, qui s’appelait Auguste Élie Michel.

Bertrand Élie Couture est le fils de Jean-Pierre Couture et d’Odette Michel, elle-même fille d’Auguste Élie Michel et de Cécile Charlotte Boutry. En remontant à la troisième génération, on trouve d’autres noms très français comme Dufoux et Vouillon, et toujours aucun patronyme qui ressemble un tant soit peu à Cohen, à Levi, à Touitou ou à Zygelstein.


Sources : geneanet.org, Wikipedia.

lundi 18 juillet 2016

Juif, Mister Bean ?

Ce même ami qui me racontait que le vrai nom d’Audrey Tautou était Touati – d’où l’article qui précède – allait le lendemain même, alors que je venais de le détromper, me gratifier d’un nouveau scoop. Selon ses sources, Rowan Atkinson était bel et bien juif.

Quelles sources, exactement ? « On me l’a dit ». Je n’en saurais pas plus.

Je ne peux que spéculer sur ce qui a pu inspirer un tel racontar. Est-ce parce que beaucoup de comiques sont juifs ?

Ou bien, tout bêtement parce que l’intéressé est brun ? Ou encore, parce qu’il a un nom en « –son » ?

À moins qu’il s’agisse d’un rapprochement douteux entre Rowan et Reuven (c’est-à-dire Reuben) ?

Autre possibilité, son sketch désopilant dans lequel il incarne un diable qui accueille les chrétiens en enfer en leur révélant que c’étaient les juifs qui avaient raison...

Rowan Atkinson est né à Consett, dans le comté de Durham. Son père, Eric Atkinson, était agriculteur et chef d’entreprise et sa mère s’appelait Ella May, née Bainbridge.

Outre que ni son lieu de naissance, ni son parcours scolaire ni le métier de son père ne suggèrent une appartenance au peuple juif, Atkinson et Bainbridge sont des patronymes typiquement britanniques (et typiquement pas « juifs »).

Ma source à moi, en l’occurrence, c’est Wikipedia : une source très critiquée, mais pas toujours à bon escient. Ce n’est certes pas une référence fiable pour qui voudrait se faire une idée juste de tel ou tel évènement dans un contexte controversé. En revanche, il n’y a aucune raison de penser que Wikipedia se trompe ou trompe ses lecteurs quand on y lit que le nom de naissance de la mère de Rowan Atkinson était Bainbridge, et qu’il a été élevé dans la religion anglicane.

dimanche 17 juillet 2016

Non, Audrey Tautou ne s’appelle pas Touati !

J’avais moi-même pris cette mignonne brunette pour une Juive (comme le personnage qu’elle incarne dans la saga de Cédric Klapisch). Elle avait le type, les femmes qui se prénomment Audrey sont souvent juives, et le nom Tautou pouvait aussi suggérer une appartenance au peuple juif. Un ami m’a même assuré dernièrement qu’il s’agissait d’un nom de scène dérivé de Touati, qui serait le vrai nom de l’actrice (à moins que ce soit Touitou).

En réalité, Tautou est son vrai nom, et les départements dans lesquels il est né le plus de Tautou depuis la fin du XIXe siècle sont la Corrèze et le Puy-de-Dôme.

Par ailleurs, on sait aujourd’hui que si ses parents l’ont prénommée Audrey, c’était en hommage à Audrey Hepburn.

Audrey Tautou est née à Beaumont, une commune de onze mille habitants du Puy-de-Dôme dans laquelle un Juif (ou une Juive) a très peu de chances d’être né. Je ne pense pas qu’on rencontre beaucoup de Juifs dans les environs, et il me semble que la seule communauté juive du département se trouve à Clermont-Ferrand.

Beaumont (Puy-de-Dôme)
L’actrice a passé son enfance et son adolescence à Montluçon, dans l’Allier, après quoi elle a préparé un diplôme de lettres à l’Institut catholique de Paris (Wikipedia).

Sa mère s’appelle Evelyne Nuret, et Nuret est un patronyme de la région de l’Indre, par conséquent un nom pas plus juif que Tautou.

Audrey Tautou a déclaré un jour que « tout le monde » lui prêtait une origine « ethnique », qu’on pensait qu’elle était originaire d’Afrique du Nord, d’Italie, d’Espagne ou du Moyen-Orient, bien qu’à sa connaissance elle soit 100 % française (imdb.com).

L’examen de sa généalogie complète sur quinze générations, accessible sur « la toile » (geneanet.org), le confirme. Même en remontant jusqu’au XVIIe siècle, on y trouve uniquement des patronymes français, et il n’y apparaît jamais aucun « nom juif ».

mercredi 13 juillet 2016

Antoine Griezmann, juif parce que « -mann » ?

« Par influence, je baigne dans la religion depuis tout petit. [...] Je continue, ponctuellement, d’allumer des bougies dans les églises » - Antoine Griezmann, Derrière le sourire (co-écrit avec Arnaud Ramsay), Robert Laffont (2017)

Sur Facebook, des internautes juifs se demandaient si Antoine Griezmann, la nouvelle idole du football, était « de la communauté ». Naturellement, quelqu’un ne tarda pas à « confirmer » que Griezmann était « un Ashké »...

Pourtant, en dehors des clubs israéliens, bien rares sont les footballeurs juifs, si tant est qu’il soit possible d’en trouver. Quant à Antoine Griezmann, il n’a certainement pas le type !

Antoine Griezmann est né à Mâcon, où prédomine aujourd’hui nettement le rite séfarade et où il ne semble pas qu’il y ait beaucoup d’Ashkénazes (il suffit de regarder les noms des membres du conseil d’administration du Consistoire régional).

Alors, pour quelle raison cette idée saugrenue, sinon parce qu’il a un patronyme en « -mann » ?

Il existe des noms en « -mann » dont on peut dire qu’ils sont « typés » juifs, comme Goldmann ou Seligmann.

Mais comme je l’ai déjà indiqué dans mes articles précédents, la plupart des noms en « -mann » sont tout simplement des noms germaniques. C’est le cas de Griezmann comme de Goetzmann, Mulmann ou Kauffmann.

En effet, Antoine Griezmann a de lointaines origines allemandes du côté paternel (et non pas alsaciennes, comme le mentionnait à tort Wikipedia en 2016) :

Né en 1865 à Meung-sur-Loire, dans le Loiret, Victor Ernest Grieszmann et sa femme [sic] Marie Stéphanie [Zeph], native du Pas-de-Calais étaient des vanniers ambulants, ayant tous deux des racines en Allemagne [...]. (Jean-Louis Beaucarnot).

Les origines allemandes remontent donc à deux siècles environ, ou peut-être plus. Rien n’indique que Victor Ernest Grieszmann aurait pu être juif et surtout, que sa descendance le soit.

La mère d’Antoine Griezmann, née Isabelle Lopes, est d’origine portugaise et selon toute vraisemblance, elle n’est pas juive du tout.

Surtout, on aura « remarqué Antoine Griezmann embrassant l’image de la Vierge Marie qu’il porte sur son avant-bras », nous dit Jean Vercors sur dreuz.info en évoquant également un Christ rédempteur et un chapelet tatoués sur les bras du footballeur (voir aussi l’article du site JONJ).

mardi 28 juin 2016

Gustav Klimt, juif par analogie?

Sachant que la capitale de l’Empire austro-hongrois a connu d’illustres auteurs juifs comme Arthur Schnitzler, Stefan Zweig et Sigmund Freud, certains en auront peut-être rapidement déduit que des artistes viennois ayant vécu à la même époque, comme Gustav Klimt, devaient être juifs également ?

Ou bien, serait-ce parce que Klimt avait pris comme modèles Margarethe Stonborough, la sœur de Ludwig Wittgenstein et surtout, pour plusieurs œuvres dont une représentation de Judith, Adèle Bloch-Bauer, laquelle aurait aussi été, semble-t-il, une de ses maîtresses ?

Ajoutons que le mari de celle-ci, Ferdinand Bloch-Bauer, avait acquis plusieurs tableaux de Klimt, outre le portrait de sa femme, et qu’une autre œuvre du maître, le « Portrait de Friederike Maria Beer », se trouve au musée de Tel-Aviv.

Assurément, il est difficile de parler de Klimt et de son œuvre sans faire intervenir les Juifs d’une manière ou d’une autre.

On pourrait aussi être tenté de supposer que Klimt avait une prédilection pour les Juives, mais ce serait sur des fondements illusoires. Margarethe Stonborough, à l’instar de son illustre frère, était née d’une mère non juive et d’un père chrétien issu de parents convertis. Quant à Friederike Maria Beer, il y a peu de chances qu’elle ait été juive, même si Beer est un nom porté par des Juifs.

Gustav Klimt était né à Vienne dans une famille assez pauvre d’origine morave, et sa sépulture, qui ne comporte aucun signe indiquant une appartenance juive, se trouve dans le cimetière très chrétien de Hietzing, où il ne semble pas que des Juifs soient enterrés.

jeudi 16 juin 2016

Wittgenstein, catholique de père protestant

Les grands-parents paternels de Ludwig Wittgenstein étaient juifs de naissance, mais ils s’étaient convertis au protestantisme et ils avaient élevé leur fils Karl, le père de Ludwig, dans la religion luthérienne (Wikipedia).

Le site américain Jew Or Not Jew classe Ludwig Wittgenstein comme « borderline Jew », c’est-à-dire comme cas limite. Mais toute la question est de savoir où l’on situe la limite.

Or, non seulement son père avait été élevé en chrétien, mais sa mère, Leopoldine Kalmus, était de confession catholique et n’avait apparemment pas d’origine juive connue.

Selon les lois raciales de Nuremberg, Wittgenstein, ayant deux grands-parents réputés juifs, était un Mischling, c’est-à-dire un bâtard d’Aryen et de Juif.

Ludwig Wittgenstein fut baptisé dans l’Église catholique. Au moment de son engagement dans l’armée en 1914, il se procura l’Abrégé de l’Évangile de Léon Tolstoï et devint un chrétien convaincu.

Il semble qu’il soit devenu agnostique par la suite, mais il exprima sa volonté d’être inhumé selon le rite catholique.

Si je récapitule : Ludwig Wittgenstein était baptisé, il a vécu en chrétien, il est mort chrétien et il était né d’un père chrétien baptisé à la naissance et d’une mère chrétienne sans ascendance juive.

dimanche 15 mai 2016

Charles Bronson, pas juif pour deux sous

Le Pakistanais Saleem Farrukh (j’aurais tendance à écrire plutôt Salim Farroukh), qui a dressé une liste de personnalités juives (sans mauvaise intention, semble-t-il) n’est pas le seul à s’être mépris, de façon certes excusable, concernant le regretté Charles Bronson.

Il y a tout d’abord le physique de l’acteur, plus particulièrement son teint hâlé et ses cheveux bruns, qui a incité les cinéastes à lui proposer des rôles d’Amérindien et de Latino-américain. Or, non seulement le teint et la couleur des cheveux ne sont pas des indices de judéité, mais si l’on fait abstraction de ces deux aspects, Charles Bronson avait plutôt une tête de Slave, et pour cause. Quoi qu’il en soit, il n’était ni amérindien ni latino et je réitérerai ici ma remarque à propos d’Alain Souchon par exemple, dont j’écrivais qu’on pouvait lui trouver une ressemblance avec un Juif comme avec un non-juif.

Il y a ensuite la question du nom. Certes, Bronson commence comme Bronstein et se termine comme Mendelson, et je pourrais m’amuser à développer ce point, mais le vrai nom de l’acteur était Buchinsky. On connaît des Juifs qui ont un patronyme en « –sky » (comme Trotsky dont le vrai nom était Bronstein) et même en « –insky » (Pinsky, Upinsky, etc.), voire, en « –chinsky »...

Cependant, comme se plaisent à l’affirmer avec insistance certains commentateurs parfois très douteux, « un nom ne prouve rien ». Surtout que les noms en « –sky », ou même en « –chinsky », ne sont certainement pas une exclusivité juive.

Enfin, il y a eu des Juifs dans l’entourage le plus proche de Charles Bronson : des amis, notamment un certain Jack Klugman qui fut son meilleur ami et son colocataire, et sa première femme, Harriet Tendler. Mais lui-même ne l’était pas.

Charles Dennis Buchinsky était le onzième enfant d’une famille ouvrière d’origine lithuanienne, polonaise et tatare (d’où, sans doute, les cheveux bruns). À la maison, on parlait lithuanien. Le père était mineur de fond, et Charles a commencé lui aussi sa vie active dans la mine. Cela fait au moins cinq indices de non-judéité.

Score 4 sur 15 sur le site Jew Or Not Jew, qui dit mieux ?


Sources : encinematheque.fr, jewornotjew.com, terredisrael.com, wearemoviegeeks.com, Wikipedia

vendredi 22 avril 2016

NKM avait un ancêtre juif il y a deux siècles

Sur ma page consacrée à Dalida, on peut lire le commentaire d’un antisémite à l’ancienne qui se croit encore au temps de Pétain, affirme que « c’est le physique qui fait le Juif » et cite entre autres exemples ce détail qu’il aurait observé chez Nathalie Kosciusko-Morizet : la « paupière légèrement bridée et un peu tendue[,] proche du nez ».

Notons que ce dément a aussi relevé, en guise de « caractéristiques physiques typiques » des Juifs, des oreilles sans lobe : il ne m’a jamais rencontré, et c’est à croire qu’il n’a même jamais vu Alain Finkielkraut en photo.

L’état-civil complet de « NKM » est Nathalie Geneviève Marie Kosciusko-Morizet, ce qui constitue déjà un premier indice de « non-judéité ».

Côté paternel, son plus lointain ancêtre connu, Abraham Salomon Kościuszko (1821-1917) était arrivé de Pologne sous Louis-Philippe (Jean-Louis Beaucarnot, Le Tout politique, L’Archipel, 2011, p. 157). Il était juif, et sachant que son épouse s’appelait Jeannette Marx, on peut supposer que son fils Louis était juif aussi.

Le grand-père paternel de Nathalie, Jacques Kosciusko, père de François Kosciusko-Morizet, était le fils de Charles Kosciusko, lui-même fils de Louis. Il avait épousé Marianne Morizet, fille de l’homme politique socialiste André Morizet. Il fut professeur au lycée de Grenoble en 1941, au lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés en 1942 puis au lycée Buffon à Paris en 1943 (et résistant), et par la suite, ambassadeur de France aux États-Unis.

Outre que les Morizet n’étaient pas juifs (geneanet.com), il est assez difficile d’imaginer, compte tenu de la tradition antisémite prévalant au Quai d’Orsay, qu’un ambassadeur de France puisse l’être. Il est surtout difficile d’imaginer, compte tenu du « Statut des Juifs » édicté par Pétain et des rafles, qu’un Juif aurait pu exercer comme professeur en région parisienne en 1942 et à Paris en 1943.

Par sa mère Bénédicte Treuille, NKM descend d’une ancienne famille bourgeoise de la région de Châtellerault. Elle serait une lointaine descendante de Lucrèce Borgia (Wikipedia). Autant dire qu’elle n’a pas d’ancêtres juifs connus du côté maternel.

Enfin, on sait qu’elle est de confession catholique (Soazig Quéméner, NKM - La Présidente, Lattès, 2014, p. 153).

Il aura donc suffi qu’un ancêtre ayant vécu il y a plus d’un siècle soit identifié comme juif, ou si l’on préfère, qu’un seul de ses seize arrière-arrière-grands-parents le soit, pour que l’on spécule sur les « origines juives » de la dame (qu’elle-même revendique, semble-t-il, au titre de la diversité culturelle, comme si la culture était affaire de gènes).

En fin de compte, voir en NKM une Juive, c'est faire plus fort encore qu’avec Sarkozy et son grand-père juif converti, plus fort qu’avec Lénine et son arrière-grand-père juif... plus fort même, d’une certaine façon, qu’avec Kadhafi et sa très hypothétique arrière-grand-mère juive !

jeudi 31 mars 2016

Qui a dit que Lucie Aubrac était juive ?

Lucie Aubrac aurait été juive ? Je ne sais plus où j’ai lu cette assertion fausse. Ou bien, je l’ai entendue, de la bouche d’une de mes connaissances.

Le mari de Lucie Aubrac, Raymond Samuel, plus connu sous le nom de Raymond Aubrac, était effectivement juif, et c’est sans doute de là que provient le bobard, ou la méprise, la concernant.

Lucie Bernard est née à Paris, mais ses deux parents étaient originaires de Saône-et-Loire.

Son père, Louis Bernard, était issu d’une famille de cultivateurs de la région de Cluny.

Sa mère, qui s’appelait Louise Vincent, était domestique. Il semblerait qu’elle soit née dans une famille de vignerons, du côté de La Chapelle-de-Guinchay.

Sachant cela, il est déjà difficile d’imaginer que Lucie Aubrac, née Lucie Bernard et dont la mère avait pour nom de jeune fille Vincent, aurait pu être juive ou compter des Juifs parmi ses ascendants proches.

Même s’il existe des Juifs en Bourgogne, même s’il existe des Bernard juifs, et même s’il existe des vignerons juifs.

Par ailleurs, on sait que Lucie Bernard, dans sa jeunesse, a fréquenté une communauté de Quakers avant de devenir communiste, mais il n’apparaît nulle part dans sa biographie – ni dans l’examen de sa sépulture – qu’elle se serait rapprochée du judaïsme d’une manière ou d’une autre.

Raymond Samuel, à l’instar de son épouse, a été incinéré, ce qui constitue un indice parmi d’autres de son éloignement de la tradition juive.

mardi 29 mars 2016

Theodore Roosevelt, son nom et ses origines

Crétins de « conspis », qui colportent la rumeur d’un président Roosevelt juif, Theodore Roosevelt ou bien Franklin D. Roosevelt, selon les cas, ou selon la météo (sans doute les confondent-ils), dont le vrai nom aurait été Rosenberg, ou bien Rosenfeld : on se demande où ils vont chercher cela.

Peut-être leur suffit-il que Theodore Roosevelt ait été le premier président à nommer un représentant de la minorité juive à un poste ministériel aux États-Unis ? Ou bien, qu’il porte le même prénom que Herzl ? Allez savoir.

Je termine donc (du moins, provisoirement) ma série des présidents américains avec le vingt-sixième dans l’histoire, Theodore Roosevelt, à propos de qui la rumeur absurde m’était parvenue il y a longtemps déjà.

Il était le fils de Theodore Roosevelt Senior et de Martha Bulloch. Lui même a nommé son premier fils Theodore. Ici encore nous avons, et de façon répétée, l’exemple d’un fils qui porte le même prénom que son père, ce qui est en contradiction totale avec la tradition juive en la matière.

En outre, on sait que les Roosevelt descendaient d’émigrés hollandais et que Theodore avait été éduqué par ses parents dans la tradition calviniste.

Comme mentionné dans mon article sur FDR, Roosevelt est un nom hollandais et les Roosevelt ont toujours été chrétiens.

Bulloch n’est pas davantage un nom porté par des Juifs, et les Bulloch étaient évidemment des « Gentils ». Martha Bulloch est enterrée à la chapelle du cimetière de Green-Wood, à Brooklyn.

Pour reprendre la boutade d’Oury Wesoly à propos de Gustave Eiffel, les « conspis » n’auront pas tout perdu : Theodore Roosevelt, à défaut d’être juif, était franc-maçon.