mardi 13 novembre 2018

Dans la famille Sarkozy, Marie-Dominique Culioli...

On sait que Nicolas Sarkozy avait un grand-père juif et que Cécilia Ciganer-Albeniz avait également un grand-parent juif, son grand-père ou peut-être sa grand-mère, côté paternel. On sait que Carla Bruni a été élevée par le fils d’un Juif. On sait que Jean Sarkozy, l’un des deux fils de l’ancien président et de sa première femme, a épousé une Juive.

Décidément, autour de Nicolas Sarkozy on trouve des « origines juives » à tous les étages, et cela ne manque pas de faire fantasmer beaucoup de gens.

La première dame de... Sarkozy

Ces faits sont amplifiés et déformés à l’extrême, comme souvent dès que le mot « juif » apparaît quelque part ; si bien que certains prêtent une identité juive à la mère de Nicolas Sarkozy, voire au père de Nicolas Sarkozy et à Nicolas Sarkozy lui-même, ainsi qu’à sa deuxième épouse Cécilia – et même, à Jacques Martin – et à sa troisième épouse Carla.

Dans ce contexte, il n’est pas vraiment surprenant que l’on puisse même entendre affirmer (comme je l’ai effectivement entendu affirmer) que la première épouse de Nicolas Sarkozy, Marie-Dominique, était juive elle aussi. Jamais deux sans trois !

On peut au moins supposer que cette invention n’émane pas de ceux qui ont fait courir le bruit que Jean Sarkozy se serait converti au judaïsme pour pouvoir épouser Jessica Sebaoun.

En effet, si sa mère avait été juive, Jean Sarkozy aurait été juif lui-même. Mais il est vrai qu’il serait illusoire d’attendre que les auteurs de ce genre de commérages fassent preuve d’un esprit logique.

Quoi qu’il en soit, Marie-Dominique Culioli est née de deux parents corses et nés en Corse, Henri Jean-Baptiste Culioli et Rosine Biancarelli. Il en était de même du linguiste Antoine Culioli ainsi que d’une homonyme de Marie-Dominique Culioli, décédée en février 2018 à l’âge de 94 ans, dont on peut constater (dansnoscoeurs.fr) que toute la famille est corse et catholique.

Certes, la première femme de Sarkozy a maintenant une bru juive et des petits-enfants juifs, mais rien n’indique qu’elle pourrait être juive elle-même et tout indique le contraire.

Par ailleurs, des Juifs fantasment sur de prétendues « origines juives » d’une partie du peuple corse, et certains patronymes corses en seraient la preuve : des noms comme Giacobi, Simonetti mais également Biancarelli. Selon un article de Corse-Matin, ce ne serait qu’un mythe. Quoi qu’il en soit, les Corses qui portent ces noms ne sont pas juifs.


Sources : geneanet.org ; lexpress.fr ; dansnoscoeurs.fr ; corsematin.com.

lundi 29 octobre 2018

Eva Braun, une rumeur tirée par les cheveux

Soyons clair : je n’ai encore jamais entendu dire que la compagne d’Hitler aurait été juive, mais comme il existe une rumeur stupide selon laquelle elle aurait eu des « origines juives », je me doute qu’entre envisager d’éventuelles et douteuses « origines juives » et affirmer que la personne était juive, certains auront vite fait de franchir le pas.

J’utilise à dessein les guillemets quand j’écris « origines juives », car cette notion est bien vague et sujette à des interprétations plus ou moins fantaisistes. En l’occurrence, de quoi s’agit-il exactement ?

Il existe des Braun juifs. Par ailleurs, une des deux sœurs d’Eva Braun, Ilse, avait été la secrétaire médicale et la maîtresse d’un médecin juif, Martin Marx. Cependant, celle-ci est devenue par la suite la secrétaire du ministre nazi Albert Speer. Quant à la troisième sœur, Gretl, elle avait épousé en premières noces un officier SS. Enfin, tous les Braun ne sont pas juifs. Werner von Braun, par exemple, ne l’était évidemment pas.

Une bonne Aryenne

Plus sérieusement, en 2014, une émission de télévision britannique faisait état d’une analyse d’ADN concernant des cheveux qui « auraient été prélevés » sur une brosse gravée aux initiales d’Eva Braun et récupérée par un capitaine de l’armée américaine au Berghof, la résidence d’Hitler dans les Alpes bavaroises.

L’analyse révélait que le génome était porteur d’une séquence appelée N1B1 et « fortement associée » aux Juifs ashkénazes. Naturellement, les médias n’ont pas manqué de relater la chose avec gourmandise, quitte à reproduire bêtement une dépêche, comme ils ont l’habitude de le faire. D’un journal à un autre, non seulement on retrouve les mêmes expressions comme par exemple « fortement associée » (ce qui veut dire quoi ?), mais même les phrases sont souvent identiques. Remarquons aussi que l’analyse d’ADN en question avait été effectuée à la demande des producteurs de l’émission !

Sachant qu’en Allemagne de nombreux Juifs se sont convertis au cours du temps et ont pu épouser un conjoint non juif, notamment au XIXe siècle, beaucoup d’Allemands au type germanique peuvent avoir un ancêtre juif si l’on remonte assez loin. Cela pourrait être le cas d’Eva Braun, à supposer que les cheveux en question aient bien été les siens – ce qui est loin d’être prouvé. Et qu’est-ce que cela changerait ?

On sait que les parents d’Eva Braun étaient des catholiques convaincus et que celle-ci fut élève dans une école catholique, puis passa un an dans un couvent.

En fait, l’idée qu’Hitler aurait pu se mettre en ménage avec une « non aryenne » est déjà assez stupide. Par ailleurs, Eva Braun était forcément au courant de la « solution finale » et cela ne l’aura jamais empêchée de dormir, ni de lier son destin à celui du plus haut responsable de cette effroyable folie criminelle.

Dans le meilleur des cas, la rumeur des « origines juives » d’Eva Braun reflète un goût malsain pour les paradoxes improbables, mais elle peut tout aussi bien participer, de façon pas si innocente, d’une certaine forme de banalisation du nazisme et de la Shoah (voir mes articles concernant Hitler et d’autres nazis).


Sources : Abbott E., Une histoire des maîtresses, (Fides, Montréal, 2007, p. 306) ; genealogie.schirrhein-schirrhoffen.fr ; Jew Or Not Jew ; Spartacus, sur Ilse Braun ; Spartacus, sur Gretl Braun ; Wikipedia, sur Eva Braun.

dimanche 21 octobre 2018

S’il s’était vraiment appelé Gutenberg, aurait-il été juif ?

Qui croit que Gutenberg était juif ? Le politologue pakistanais Farrukh Saleem, par exemple, qui a dressé une liste de personnalités juives dans laquelle il s'est également fourvoyé concernant Charles Bronson ainsi que Sandra Bullock. Mais il n’est certainement pas le seul. Il y a des gens qui s’imaginent que quiconque porte un nom germanique en « -berg » est juif. Par ailleurs, il existe effectivement des Juifs qui s’appellent Gutenberg.

S’il existe des Juifs qui s’appellent Gutenberg, c’est peut-être parce qu’un de leurs ancêtres s’était choisi ce nom par admiration pour un homme célèbre, comme d’autres choisirent un jour de s’appeler Schiller ou Lessing. Ou bien, c’est peut-être parce que ce nom qui signifie la bonne montagne avait de bonnes chances d’échoir un jour à un Juif, comme une foule d’autres noms du même genre commençant par « Gut- » ou se terminant par « -berg »...

Mais si l’inventeur de l’imprimerie est entré dans l’histoire sous ce nom (autrefois francisé en Gutemberg, voire Guttemberg, de même que son prénom était francisé en Jean), en réalité il ne s’appelait pas Gutenberg.

Il s’appelait Johannes Gensfleisch zur Laden zum Gutenberg. Autant dire que son patronyme était Gensfleisch, et que Gutenberg n’était finalement qu’un surnom.

Son père s’appelait Friele Gensfleisch zur Laden ; sa mère s’appelait Else Wirich.

Gutenberg était issu d’une famille de patriciens. Son père exerçait à Mayence la fonction de maître des monnaies auprès de l’archevêque local. Il est supposé que Gutenberg avait étudié notamment la littérature et la théologie (chrétienne).

Par ailleurs, il semblerait qu’il ait été baptisé dans l’église Saint-Christophe proche de sa maison natale.

En 1465, il fut anobli par l’archevêque de Mayence, Adolphe II de Nassau.

J’ai déjà fait valoir que même si les Goldberg actuels étaient tous juifs (ce qui resterait à prouver), Johann Gottlieb Goldberg, qui vécut il y a trois siècles, ne l’était pas. De même, on admettra que, quand bien même tous les Gutenberg actuels seraient juifs, rien n’indique que Johannes Gensfleisch alias Gutenberg aurait pu l’être.


Sources : iletaitunehistoire.com, Wikipedia.

vendredi 20 juillet 2018

Alexandre Benalla vu par les « conspis »

Andy Warhol avait annoncé que désormais, chacun pourrait avoir son quart d’heure de célébrité. Au moment où ces lignes sont écrites, c’est le cas d’un certain Alexandre Benalla, à la fois barbouze, garde du corps et intime du président Macron, et ci-devant adjoint à son chef de cabinet, brusquement sorti de l’ombre pour avoir cogné quelqu’un une fois de trop.

Dans les années soixante-dix et quatre-vingt, certains policiers un peu trop portés sur la castagne aimaient à tabasser un manifestant, ou mieux encore, un jeune homme supposé l’être, surtout s’il s’agissait d’un « Arabe » (c’est-à-dire un immigré maghrébin ou un fils d’immigrés maghrébins).

Les choses ont bien changé depuis, pour le meilleur comme pour le pire. Nous avons ici, en quelque sorte, le schéma inverse : un employé du gouvernement, mais un faux policier, d’origine maghrébine, qui s’en prend à un vrai manifestant, en l’occurrence un individu de type européen. Peut-être pour d’excellentes raisons, mais ce n’est pas notre propos.

Benalla portant un brassard de la police

Sur Facebook, un individu d’extrême droite ayant souligné qu’on avait affaire une fois de plus à « un Abdoul » (sic), un autre objecta qu’avec comme prénom Alexandre, ce devait être plus probablement un membre de la LDJ (Ligue de défense juive). Un autre enchérit en désignant Benalla comme « un rabbi Jacob » (sic).

Or, nombreux sont les enfants d’immigrés maghrébins qui portent un prénom du calendrier chrétien. Ce peut être parce qu’ils sont issus d’une famille kabyle chrétienne. Ce peut être aussi parce que leurs parents, bien qu’issus de famille musulmane, n’étaient pas très croyants ou pas très pratiquants, voire athées ou agnostiques, et ont misé sur l’intégration. Ou encore, il peut s’agir de la forme usuelle occidentalisée d’un prénom musulman, par exemple Alexandre pour Ali, de la même manière qu’un Serguei d’origine russe se fera couramment appeler Serge et qu’un Mojżesz venu de Pologne se fera couramment appeler Maurice.

Physiquement, Alexandre Benalla a un type berbère, pas un type juif. Sa coiffure et sa façon de porter la barbe ne suggèrent pas non plus qu’il serait juif. Son sweat à capuche non plus, et son parcours, pas davantage. En outre, on sait qu’il est originaire du quartier de La Madeleine à Évreux, une de ces zones urbaines dites « sensibles », une ZUP, où la violence est endémique.

De plus, s’il est né quarante-quatre Benalla en France entre 1966 et 1990 (filae.com), il n’en est né aucun avant la fin des années soixante, et même, le premier y est vraisemblablement né non pas en 1966, borne inférieure de la période retenue par les statisticiens, mais plutôt dans les années soixante-dix ou quatre-vingt. Cela indique que le nom Benalla n’est pas porté par des Juifs, et même sans disposer de renseignements plus complets sur l’intéressé, il est évident qu’il est issu de l’immigration maghrébine massive qui peuple les quartiers « difficiles ».

En outre, on pourra noter que selon certains organes de presse, Alexandre Benalla aurait dû se marier le 21 juillet 2018, un samedi. Or, pour des raisons évidentes, les Juifs ne se marient pas le samedi : ni civilement, ni religieusement.

Enfin, il convient de remarquer que les antisémites conspirationnistes qui voient en Alexandre Benalla un Juif (tandis que d’autres « conspis » pas moins antisémites font courir le bruit que son vrai prénom serait Lahcen et que même son nom serait différent) sont les mêmes qui, récemment, approuvaient la condamnation à mort de Serge Atlaoui en lui prêtant, de la même manière, une identité juive, sous prétexte qu’il se prénommait Serge plutôt que Mohammed ou Abdullah.

vendredi 13 juillet 2018

Gottlieb Duttweiler, ni juif ni nazi

Un estimable lecteur m’a adressé le message suivant :

Suite à une discussion entre amis, il est apparu que [m]onsieur Gottlieb Duttweiler, fondateur de la Migros suisse et homme politique suisse de premier plan, passe à tort pour être de confession juive. La confusion proviendrait du fait que les succursales berlinoises des magasins Migros aient été violemment boycottées par les Sturmabteilungen (SA), au même titre que les commerces dits « juifs ». La Migros était toutefois attaquée par les nazis en sa qualité de grande entreprise étrangère, et non en raison d’une quelconque identité juive de son fondateur [...].

Ce n’est pas seulement en Allemagne que des boycotts avaient été organisés contre l’enseigne Migros, mais aussi en Suisse. Le nazisme y était pour quelque chose, mais l’hostilité de ses concurrents également.

Que croit-on que le doute vaille ?

Certains détracteurs de Migros avaient prétendu y voir « une société juive », ce qui laisse penser qu’ils tenaient pour juif son fondateur.

Sans doute celui-ci s’était-il fait d’autres ennemis encore en décidant, pour mieux contre-attaquer, de se lancer dans la politique. Il avait même fait l’objet d’une haine pathologique. Il lui était arrivé d’être désigné dans un journal suisse comme « l’ennemi public n°1 ».

Or, si certains de ses ennemis le disaient juif, d’autres en faisaient un nazi : dans la presse, on avait pu lire un jour « Heil Duttler ! », tandis que quelqu’un avait désigné Duttweiler comme « Le petit Göring de Rüschlikon » (Rüschlikon étant la ville où il s’était fait construire une villa, près de Zurich).

De façon aussi grotesque, Gottlieb Duttweiler avait été accusé par certains d’être « à la solde de Brown-Boveri » (une grande compagnie suisse d'électrotechnique).

Mais Duttweiler était finalement devenu très populaire auprès d’un large pan de la population suisse. Plus d’un demi-siècle après sa mort, « Dutti » reste une des plus grandes figures de tout le paysage helvétique du XXe siècle.

Il fut un grand innovateur dans le domaine de la grande distribution, un peu comme les fondateurs des grands magasins à Paris, qui étaient tous juifs (P.S.: non, en réalité, pas tous). Pour son audace et ses méthodes révolutionnaires, il pourrait aussi être comparé à d'autres visionnaires qui étaient juifs, comme Emil Jellinek ou Marcel Bleustein-Blanchet.

De quoi le petit Duttweiler avait l’air ?

Et comment ne pas mentionner l’éthique remarquable de Duttweiler, qui avait interdit la vente d’alcool et de tabac dans les points de vente Migros et s’était efforcé de promouvoir l’écologie, le recyclage et le commerce équitable dès la fin des années trente !

Est-il vraiment nécessaire de rappeler que porter un nom à consonance germanique est tout ce qu’il y a de plus banal en Suisse alémanique, et même dans le reste du pays, et que cela ne permet nullement de préjuger de la religion de l’intéressé ?

Il me semble que jamais, sauf peut-être le jour de la fête de Pourim (et encore...), des Juifs n’auraient habillé leur petit garçon comme sur la photo ci-contre.

Surtout, outre que Gottlieb Duttweiler portait le même prénom que son père et que rien n’indique que son père ni sa mère auraient pu être juifs, ses obsèques, à Zurich en 1962, ont eu lieu à l’église... et même, plus fort encore, elles ont été organisées simultanément dans quatre églises différentes.


Sources : Dictionnaire historique de la Suisse, Testatelier, Migros Magazine (du 4 juin 2012), Migros Magazine (du 11 mars 2013), WOZ.

jeudi 28 juin 2018

L’antisémite Corbyn et son « élément juif »

Le 20 février 2018, dans une discussion sur Facebook à propos d’un Juif exclu du parti travailliste britannique en raison de son antisémitisme, un participant avait prêté également une identité juive au très pro-palestinien chef du parti travailliste au Royaume-Uni, Jeremy Corbyn.

Il est vrai que des antisémites conspirationnistes voient également en Corbyn un Juif. On peut remarquer que « Jew » et « Jewish » font partie des mots associés à son nom dans le champ de recherche de Google.

Jeremy Corbyn dans son élément

Serait-ce à cause de son prénom ?

Connu pour son militantisme pro-palestinien effréné, Corbyn a soutenu une campagne visant à faire annuler la condamnation de deux terroristes reconnus coupables d’un attentat à la bombe contre l’ambassade d’Israël à Londres en 1994.

Or, ces condamnations ont été confirmées par la Haute Cour de justice en 2001 puis par la Cour européenne des droits de l’homme en 2007 (Daily Telegraph et Jewish Chronicle, septembre 2015).

On ne s’étonnera donc pas qu’il ait été plusieurs fois accusé d’antisémitisme.

Le site The Jewish Chronicle rapporte des extraits d’une interview au Church Times, dans laquelle Corbyn racontait que sa mère, Naomi Loveday, était agnostique mais lisait la Bible. Elle avait grandi « dans un milieu religieux », son frère était pasteur, et il y avait « beaucoup d’ecclésiastiques dans sa famille ».

Son père, David Benjamin Corbyn, était chrétien et allait à l’église. David, Benjamin, Naomi et Jeremy sont certes des prénoms hébraïques, mais comme je l’ai déjà rappelé, notamment à propos d’Isaac Newton, les prénoms tirés de la Bible juive sont monnaie courante chez les protestants anglo-saxons. David Benjamin Corbyn n’était pas plus juif que David Duke ou Benjamin Franklin, Naomi Loveday n’était pas plus juive que Naomi Campbell, et Jeremy Corbyn n’est pas plus juif que ne l’était Jeremy Bentham.

Dans l’interview en question, Corbyn ajoutait : « Si [l’]on remonte beaucoup plus loin, il y a un élément juif dans la famille, probablement d’Allemagne. »

Si l’on remonte très loin, beaucoup de chrétiens (et de musulmans) ont un « élément juif » dans leur généalogie. Et après ? Qu’est-ce que cela change ?

Les antisémites ont toujours des amis juifs, c’est bien connu. Mais de plus en plus souvent, comme la mode n’est plus aux revendications racialistes, bien au contraire, ils affirment aussi avoir des Juifs parmi leurs ascendants.


Sources : Jewish Chronicle, Wikipedia.

vendredi 22 juin 2018

Juif, Roger Auque ? Oh, que non !

« Je suis une sorte de bobo, anarchiste de droite. [...] favorable aux 35 heures, parce que dans ma jeunesse j’ai bossé en usine sur une fraiseuse. Pour [...] la défense de la République et des valeurs chrétiennes. » — Roger Auque (lemonde.fr, 4 mars 2008)
Dans ses mémoires posthumes commencés quelques mois avant sa mort, Au service secret de la République (Fayard, 2015), Roger Auque déclare : « J’ai été rémunéré par les services secrets israéliens pour effectuer des opérations en Syrie, sous couvert de reportage ». Je ne crois pas devoir chercher ailleurs la raison pour laquelle un bruit court que ce journaliste était juif. Comme si les services secrets ne rémunéraient jamais des étrangers...

Plus d’un État de service...

Or, il avait également offert ses services à la DGSE, la centrale française d’espionnage et de contre-espionnage.

Fils d’un assureur de Roubaix qui était gaulliste de gauche et ancien d’Indochine, Roger Auque avait choisi, dans le cadre de ses études, d’apprendre l’arabe.

Dans les années quatre-vingt, il était correspondant de guerre au Liban : « Je me suis retrouvé à combattre du côté chrétien, avec une myriade de jeunes de mon âge, dit-il, des Libanais mais aussi des Américains et des Français un peu fascisants qui combattaient les musulmans progressistes. » On imagine mal un Juif dans ce milieu.

En 1987, enlevé par le Hezbollah, il avait été retenu en otage pendant près d’un an. Son sort aurait sans doute été pire s’il avait été juif, mais heureusement pour lui, il n’était pas plus juif que ses collègues Jean-Louis Normandin et Jean-Paul Kauffmann.

De 2003 à 2007, Roger Auque avait été correspondant permanent à Bagdad, puis à Beyrouth, après quoi il était devenu rédacteur en chef sur la chaîne de télévision franco-marocaine Medi 1 Sat, à Tanger. Là encore, on imagine mal un Juif dans ce milieu.

En décembre 2009, il était nommé ambassadeur de France en Érythrée. Là encore...

En 2013, le magazine L’Express révélait que Roger Auque était le père biologique de Marion Maréchal-Le Pen, ce que celui-ci a lui-même confirmé dans ses mémoires posthumes. Imagine-t-on un Juif avoir une relation intime avec une des filles de Jean-Marie Le Pen ?

Laissons à l’intéressé le mot de la fin : « Je n’étais pas baptisé et ma famille était plutôt anticléricale. Mais je suis devenu croyant et profondément chrétien. »


Sources : Roger Auque et J.-M. Verne, Au service secret de la République (Fayard, 2015), lefigaro.fr, lemonde.fr, linternaute.com, Wikipedia.

mardi 19 juin 2018

Pourquoi Jacques Calvet serait-il juif ?

C’est au siège même du groupe PSA (Peugeot-Citroën), avenue de la Grande Armée, à Paris, qu’un collègue de travail, salarié de la maison mère, m’avait affirmé que le PDG, Jacques Calvet, était juif. C’était vers la fin des années quatre-vingt. Jacques Calvet avait certes un type assez méridional, pour ne pas dire « sémite », mais comme le collègue en question semblait très peu au fait de ce que signifie être juif et cultivait notamment la croyance que « les Juifs se cooptent entre eux », j’avais de bonnes raisons de rester sceptique.

La France des Calvet
nés entre 1891 et 1915
Dans un article consacré à Jacques Calvet en juillet 1997, le magazine L’Express en ligne, qui mettait en avant « son côté grand commis de l’État », « son souci de l’intérêt national » et son « ambition de servir », soulignait le nombre important de fonctionnaires dans l’histoire de sa famille : « Casimir, le grand-père, était proviseur du lycée Michelet, à Vanves. Orphelin d’un capitaine d’infanterie de marine mort de la fièvre jaune à Grand-Bassam (Côte d’Ivoire), il avait été élevé par un député radical du Nord. »

Les parents de Jacques Calvet s’appelaient Louis Calvet et Yvonne Olmières. Une recherche étymologique permet de savoir que le nom Calvet est le diminutif du mot latin calvus (chauve), qu’il est « notamment porté dans le Tarn et les Pyrénées-Orientales » et qu’il a été « utilisé au Moyen-Âge comme nom de baptême : le cartulaire de l’abbaye Saint-Sernin de Toulouse comporte une quinzaine de personnes prénommées Calvetus ».

Calvet était aussi le nom d’un moine bénédictin, Dom Gérard Calvet, et d’un évêque, Michel-Marie Calvet. On peut lire également que ce même diminutif « se rencontre en Italie sous les formes Calvetto, Calvetti (Piémont, Lombardie) », et que « Calvet et sa variante Chauvet peuvent aussi être des toponymes, avec le sens de sommet dénudé. »

Olmières est également un nom de la région du Tarn, avec des variantes comme Olmière, Ormières, Ourmières, Hourmières, etc.

Par conséquent, même si l’on sait peu de choses sur l’histoire familiale de Jacques Calvet, on peut au moins affirmer que ni le nom de son père ni le nom de sa mère ne suggèrent une ascendance juive.


Sources : L’Express, filae.com, geneanet.org, 123genealogie.com, geneanet.org (généalogie).

dimanche 3 juin 2018

Maurice Paléologue, qu’aurait été son vrai nom ?

Il fallait bien qu’un jour où l’autre, quelqu’un ait l’idée de se hasarder à affirmer que Maurice Paléologue était juif.

On sait que cet homme a laissé d’importantes notes sur l’affaire Dreyfus, mais comme indice de judéité, le moins qu’on puisse dire est qu’il doit être possible de trouver quelque chose de plus probant.

Tombe de Maurice Paléologue

Ainsi, par exemple, Maurice est bien, dans le milieu francophone, le prénom usuel des « Moshé » (voir cependant mon article sur Maurice Ravel), et le patronyme Paléologue semble tellement peu naturel qu’il est tentant de se dire que c’est un nom changé.

Serait-ce un nom de métier ? Ce nom évoque irrésistiblement l’archéologue ou le paléontologue, mais vérification faite, le mot « paléologue » n’existe pas.

Dans son livre Pétain en vérité (Tallandier), l’historien Marc Ferro, lui aussi, prête à Maurice Paléologue une identité juive.

Maurice Paléologue a cependant eu une carrière de diplomate français dans laquelle il serait vraiment difficile d’imaginer un Juif, pour quiconque connaît un tant soit peu l’histoire de cette filière et de ce milieu.

En réalité, Paléologue était son vrai nom et le vrai nom de son père. Maurice Paléologue était le fils d’Alexandre Paléologue, chrétien orthodoxe et descendant hypothétique de la lignée des princes chrétiens de Constantinople, et de Frédérique de Ridder, elle-même fille de Gustave de Ridder et d’Armande Césarine Georges.

Aucun de ces noms ne suggère une ascendance juive, la tombe de Maurice Paléologue est recouverte d’une énorme croix chrétienne, et l’on sait aussi que le personnage était ouvertement antisémite : dans le visage de Dreyfus, il prétendait reconnaître « un trait juif indélébile » (sic) et de façon plus générale, il prêtait aux Juifs « des défauts héréditaires, des passions mauvaises […] » (sic) et des « préjugés talmudiques » (sic).


Sources : cjfai.com, debriefing.org, Marc Ferro (ibid.), geneanet.org, landrucimetieres.fr, Wikipedia.

vendredi 1 juin 2018

Frank Sinatra, pas plus juif qu’Elvis Presley

Frank Sinatra avait un jour déclaré que sa mère pensait être « moitié italienne et moitié juive ». En réalité, celle-ci envisageait simplement la possibilité d’avoir des ancêtres juifs, sachant que sa famille était originaire de Gênes.

Est-ce que les Génois sont tous juifs, ou étaient tous juifs à une certaine époque ? Sans doute pas, mais madame Sinatra mère ajoutait un second indice : « Je suis intelligente, et c’est de là qu’ils venaient, d’où je viens ».

My way... to make my point

Ceux qui font courir le bruit que Frank Sinatra était juif, se fondent-ils simplement sur ce qui précède ? Et sinon, sur quoi d’autre ? En vérité, on serait bien en peine de trouver un élément plus probant.

Frank Sinatra, né Francis Albert Sinatra, était le fils d’Anthony Martin Sinatra, né Saverio Antonino Martino Sinatra, d’origine sicilienne, et de Natalie Della Garavanti, originaire de Ligurie.

On sait aussi que le fameux crooner américain d’origine italienne avait été élevé dans la religion catholique. Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’y a là rien de surprenant.

Sur la stèle mortuaire de Frank Sinatra, comme sur celle de son père, on ne peut pas manquer de remarquer la croix chrétienne (juste au milieu - cliquez sur la photo pour l’agrandir).

Le site américain Jew Or Not Jew attribue à Frank Sinatra un score particulièrement faible de 4, décomposé comme suit : 0 pour les origines juives, 0 pour la ressemblance avec un Juif, et 4 pour le regret qu’il n’ait pas été juif. Apparemment, les administrateurs de ce site n’ont pas pris du tout au sérieux les suppositions vagues de la mère de Frank Sinatra.


Sources : Wikipedia en français, en anglais, Google (images), Jew Or Not Jew.

mardi 29 mai 2018

Anne Hidalgo, une Juive espagnole à la mairie de Paris ?

« Hidalgo, hijo de algo. En français, fils de quelqu’un, de noble descendance chrétienne, sans mélange de sang. » (sic) — France-Soir (16 octobre 2006).

Sur Facebook, à propos de ces personnalités juives de France qui « crachent sur Israël », quelqu’un citait, entre autres, « Anne Hidalgo qui rend hommage à Arafat ». Allez savoir pour quelle raison cet intervenant prêtait une identité juive à la mairesse de Paris.

Pas elle, là !

Elle est certes très brune et typée, comme un certain nombre d’Espagnoles susceptibles d’avoir des ancêtres marranes... ou arabes !

Anne Hidalgo, née Ana María Hidalgo Aleu le 19 juin 1959 à San Fernando, est « originaire d’un village près de Cadix ». Son père, Antonio Hidalgo, ouvrier électricien, engagé à 17 ans dans la marine marchande, syndicaliste et sa mère Mary (Marie) née Aleu, couturière, émigrent en France et s’y installent en 1961, avec leurs deux filles, Marie et Ana (Anne).

On remarquera que la fille aînée des Hidalgo se prénomme comme sa mère. En outre, le prénom Marie, dans un cas comme dans l’autre, fait très vraisemblablement référence à la mère de Jésus-Christ.

Passons sur le fait que le mari d’Anne Hidalgo, Jean-Marc Germain, n’est certainement pas juif.

« Fan d’Almodovar, de Luz Casal et de flamenco, amoureuse de la paella et du gaspacho, lectrice dévouée d’Alberti et de Garcia Lorca, amie de Carmen Maura, de Rossy de Palma, de Blanca Li, et de toute l’intelligentsia espagnole installée sur les bords de Seine, la nouvelle maire [sic] vit dans le XVe arrondissement parisien mais n’a jamais renoncé à ses racines. » — El Mundo, cité par Slate.

On voit bien que les racines auxquelles Anne Hidalgo semble très attachée sont des racines espagnoles, et non pas des racines juives, ni juives espagnoles.

Dans une interview accordée à Actualité Juive en octobre 2017, elle déclare : « J’ai toujours été là, dans les bons moments mais aussi dans les pires que nous ayons traversés ensemble, et je me sens extrêmement fidèle dans mon engagement de maire de Paris [face] à une communauté qui joue ce rôle si important dans notre République. » Comme je l’ai écrit à propos de Michèle Alliot-Marie, de tels propos, aussi chaleureux soient-ils, reflètent un point de vue extérieur à ladite communauté.

Le 13 juillet 2010, la mairesse de Paris a été promue « commandeure » (sic) de l’ordre d’Isabelle la Catholique, une « reine très chrétienne détestée par la communauté juive » comme le rappelle le site libertesinternet à l’attention de ceux qui se seraient imaginé qu’Anne Hidalgo était juive.


Sources : ActuJ, libertesinternet, parismatch.com, slate.fr, Wikipedia.

lundi 26 mars 2018

Yaffa c’est de l’hébreu ? Booba alors…

Les forums de jeux vidéo ne brillent certes pas par la haute tenue des débats qui s’y tiennent, comme je l’avais déjà suggéré dans un article consacré à Kad Merad.

On ne sera pas trop surpris d’apprendre qu’il y est affirmé, entre autres crétineries, que la mère de Booba est juive : très vraisemblablement parce que le nom de jeune fille de celle-ci est Borsenberger, un patronyme à consonance germanique.

Si cela était vrai, alors on pourrait dire que Booba lui-même est juif, en vertu de la fameuse règle de matrilinéarité (est juif quiconque est né de mère juive).

Or, Borsenberger est clairement un nom lorrain, et ce n’est pas un nom juif : la carte des naissances sous ce nom publiée sur le site Geopatronyme ne laisse aucun doute à ce sujet (voir aussi mon article sur Dominique Bromberger).

Quant au père du rappeur, Seydou Nourou Yaffa, c’est un Sénégalais issu de la peuplade des Soninkés.

Sachant que le vrai nom de Booba est Élie Yaffa, on aura peut-être aussi pensé au prénom Élie, qui sait ? Mais comme je l’ai rappelé à propos de Serge Ayoub, il y a des Élie non juifs.

Je me demande si les auteurs du bobard sur Booba – ou sur sa mère – savent seulement que Yaffa est un mot hébreu (même si le vrai nom de Booba a très certainement une origine différente).

L’ancienne compagne de Booba s’appelle Patricia Cerqueira Vinces et est originaire du Venezuela, mais son patronyme est portugais. Qui sait si l’on ne trouverait pas des Juifs dans son arbre généalogique en remontant à quinze ou vingt générations ?

Ce qui changerait tout, concernant Booba. N’est-ce pas ?

samedi 17 mars 2018

Qui prend pour une réalité son désir que Harlem soit juif ?

D’après un de mes lecteurs, la rumeur attribuant une mère juive à Harlem Désir serait relayée par les « milieux soraliens ». Effectivement, l’antisémite fanatique Alain Bonnet, dit Alain Soral, fait circuler cette rumeur à coups de vidéos sur Youtube.

Or, cette rumeur trouve également d’autres types de relais, par exemple le site « communautaire » terredisrael.com.

Quand Harlem était juif

Il y est affirmé, entre autres balivernes, que la mère d’Harlem Désir aurait été alsacienne et que son nom de jeune fille aurait été Schwartz.

Pourtant, une généalogie détaillée de l’homme clé de SOS Racisme, sur plus de cinq générations, a été publiée il y a plus de vingt ans déjà, dans le volume 2 de l’ouvrage À la recherche de leurs racines de Joseph Valynseele et Denis Grando (L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, 1996). Elle ne laisse aucun doute sur ce sujet.

Harlem Jean-Philippe Désir est le fils de Jean-Marie Désir, un Antillais descendant d’une famille d’esclaves de confession catholique, et de Nicole Duméry, francilienne d’ascendance vosgienne et également de confession catholique.

Contrairement à certains racontars qui circulent sur Internet, Nicole Duméry, de son vrai nom, ne s’est jamais appelée Schwartz et n’a jamais été alsacienne de sa vie. Ses parents s’appelaient Philippe Duméry et Odette Cange.

Odette Cange était la fille de Marie-Ernestine Cange, elle-même fille de Marie-Joséphine Bernard. Dans la généalogie côté maternel, on trouve d’autres noms pas plus « juifs » comme par exemple Devaquet.


Sources : BNF, Geneanet sur Harlem Désir et sur sa mère, Novopress

mardi 13 mars 2018

Si Alzheimer avait été juif, sa mémoire aurait-elle été conservée ?

Sur Facebook, juste après qu’un intervenant, juif lui-même, ait prétendu qu’Alfred Rosenberg était juif, un autre a prêté à son tour une identité juive à Alzheimer, le neuropsychiatre qui a donné son nom à la terrible maladie.

Certes, on trouve chez les Juifs ashkénazes des noms de famille de ce style, comme par exemple Wertheimer. Aloïs Alzheimer lui-même épousa en 1894 une jeune veuve qui s’appelait Cecilia Geisenheimer et qui était juive, mais dont le nom de jeune fille était Wallerstein. Geisenheimer était le nom de son premier époux : était-il juif ? C’est fort possible, mais je n’en sais rien.

Sur le site Coolamnews...
Aloïs Alzheimer est né en 1864 à Marktbreit, où existait alors une communauté juive. Par ailleurs, il n’y a pas de croix sur la sépulture d’Aloïs et de son épouse. Voilà pour les éléments qui ne contredisent pas l’hypothèse selon laquelle Alzheimer aurait été juif.

Et maintenant, passons aux choses sérieuses (c’est-à-dire, à tout le reste).

Les parents d’Aloïs Alzheimer habitaient Marktbreit, une ville à majorité protestante, mais ils voulaient que leurs fils aient une éducation catholique. Il envoyèrent donc Aloïs, puis ses frères, effectuer leur scolarité secondaire à Aschaffenburg, ville où se trouvait l’établissement catholique le plus proche, le Konigliche Humanistische Gymnasium que le père d’Aloïs avait lui-même fréquenté. Aloïs Alzheimer était donc catholique et né dans une famille catholique.

Sous le Troisième Reich, Aloïs Alzheimer, mort en 1915, n’a pas cessé d’être célébré comme une grande figure de l’Allemagne. C’est apparemment ce qui a sauvé ses enfants et petits-enfants, qui ont certes dû faire profil bas mais qui ont pu demeurer près de Munich pendant toute la guerre et ont tous survécu. On peut raisonnablement supposer que les choses se seraient passées autrement si Aloïs Alzheimer lui-même avait été juif.


Sources : Centre médical de l'Université du Nebraska

vendredi 5 janvier 2018

Zubin Mehta par-ci, Israël et les Juifs par-là

Un soir que Zubin Mehta donnait un concert salle Pleyel avec l’Orchestre de Paris, dans les années quatre-vingt, le texte de présentation distribué au public énumérait tous les orchestres que ce chef avait dirigés au cours de sa carrière... sauf un.

Une fois de plus, il était réservé à Israël un traitement particulier, bien entendu dans un sens négatif : en l’occurrence, un mensonge par omission. C’était d’autant plus choquant que Mehta était déjà – et même, surtout – connu en tant que chef de l’Orchestre philharmonique d’Israël, une formation qu’il dirigeait au moins depuis 1968.

Mehta décoré par le président Peres
Son attachement particulier à cet orchestre dont il est finalement devenu directeur à vie, et sa fréquente présence en Israël liée à ce poste, sont sans doute pour quelque chose dans la méprise de ceux qui croient pouvoir affirmer que Zubin Mehta est juif.

Pourtant, ni son nom ni son prénom, que je sache, ne sont portés par des Juifs. Le fameux chef d’orchestre indien est né à Bombay dans une famille de la minorité parsi. Les Parsis, peuple de Perse, sont en principe adeptes du parsisme, religion dérivée du zoroastrisme. Au moment de la conquête musulmane, ceux qui avaient quitté la Perse avaient émigré principalement en Inde.

En 1988, dans son « Grand échiquier » spécial depuis Israël, Jacques Chancel prenait le téléspectateur à témoin en s’adressant ainsi à Zubin Mehta : « ... je suis catholique, vous êtes indien parsi, nous ne sommes pas juifs... »

En 1978, Mehta fut nommé directeur de l’Orchestre philharmonique de New York. Il n’accepta ce poste prestigieux qu’à condition de pouvoir en même temps rester directeur du Philharmonique d’Israël. Son collègue Daniel Barenboïm lui dit alors : « Tu vas avoir deux orchestres juifs ! »


Sources : Wikipedia (Mehta), Wikipedia (Parsis), zubinmehta.net

lundi 1 janvier 2018

Si Engels s’était appelé Engel, aurait-il été juif ?

Si certains ont inventé une judéité à Friedrich Engels, serait-ce parce qu’il existe des Juifs qui s’appellent Engel... et peut-être même Engels, qui sait ?

À moins que ce soit par analogie avec Karl Marx ? Auront-ils appliqué de façon quelque peu intempestive la maxime « Dis-moi qui tu fréquentes... » ?

Une barbe sans juif

Quoi qu’il en soit, ils ont tout faux. Friedrich Engels était né dans une famille protestante et on ne lui connaît aucun ascendant juif.

Son père, un luthérien très religieux et conservateur, l’avait contraint à interrompre ses études pour le faire travailler avec lui dans le commerce. Le jeune Friedrich ne se montrant pas attiré par cette carrière, son père l’envoya à Brême, chez un pasteur.

Friedrich ne tarda pas à prendre ses distances avec la religion (protestante) et finalement, à se revendiquer athée.

Au passage, Karl Marx aussi avait été élevé dans la religion luthérienne avant de perdre la foi. La différence avec Engels est que les parents de Karl Marx étaient des Juifs convertis.

La mère de Friedrich Engels, Ida Noot, était la fille de Jan Willem Noot et de Johanna Katharina Erkenschwyk, des protestants également.

Sur l’arbre généalogique, on peut noter que le père de Friedrich Engels se prénommait Johann Caspar II et le fils aîné de celui-ci, donc le frère aîné de Friedrich Engels, Johann Caspar III. Chez les Engels, le premier fils recevait donc le prénom de son père : une tradition typiquement protestante... et typiquement pas juive.


Sources : larousse.fr, geneanet.org, jewornotjew.com, marxists.org, wikirouge.net