jeudi 31 janvier 2013

Isaac Newton, juif par génération spontanée ?

La raison pour laquelle certains se demandent si Isaac Newton était juif, ou affirment carrément qu’il l’était, n’est pas difficile à trouver. C’est la même que concernant Isaac Albéniz.

Woolsthorpe-by-Colsterworth : sérieusement, comment pourrait-on seulement imaginer qu’un Juif puisse être né en un lieu portant un nom pareil ?

Isaac Newton était fils de paysans. Son père, Isaac Newton (dont il portait le prénom, ce qui suggère aussi que nous n’avons pas affaire à des Juifs), est mort quand sa mère était enceinte de cinq mois. Sa mère, Hannah Ayscough, s’est remariée quelques années plus tard avec un pasteur (Wikipedia).

Sa tombe à Westminster
Isaac ? Hannah ?

Attention, voici un scoop : dans les pays anglo-saxons, les protestants donnent parfois à leurs enfants des prénoms bibliques.

Incroyable !

Newton, « fils de puritains » (Wikipedia), a écrit de nombreux textes religieux traitant de l'interprétation littérale de la Bible. Était-il lui-même authentiquement chrétien, ou hérétique ? On nous dit que sa conception de la Trinité était plus proche de la conception orthodoxe que de la conception protestante. Or, pour avoir une conception de la Trinité, il faut déjà être chrétien.

D’ailleurs, Newton a été enterré à l'abbaye de Westminster.

Enfin, Newton avait 14 ans quand Cromwell mit fin à l’interdiction des Juifs en Angleterre. Car les Juifs y étaient interdits de séjour depuis plusieurs siècles.

D’ici que certains désaxés en concluent que Cromwell était juif...

mercredi 30 janvier 2013

Falco, Calypso facto

Sur un blog juif, il y a quelque temps, quelqu’un a fait valoir que le patronyme Falk et d’autres noms de la même racine étaient portés par des Juifs. Peter Falk, le célébrissime acteur de la série Columbo, était effectivement né dans une famille de Juifs ashkénazes.

De là à ce que « Falco », le plongeur de la Calypso, soit juif lui aussi, il y avait un grand pas que certains se sont empressés de franchir allègrement.

Cliquez pour agrandir
En réalité, « Falco est un nom de famille corse et italien, variation régionale de Faucon, surnom d’éleveur de faucons », nous apprend Genealogie.com.

La concentration géographique des Falco dans le midi de la France est particulièrement significative (voir carte ci-contre, tirée de Geopatronyme.com).

L’histoire d’Albert Falco commence ainsi :

« Il découvre la plongée libre dès son plus jeune âge… » (Wikipedia)

Qui pourrait imaginer une mère juive laissant son petit garçon disparaître sous l’eau, si jeune ? (Je plaisante.)

Elle se finit ainsi :

« Célébrées par Mgr Ellul, les obsèques d'Albert Falco [en l’église du Sacré-Cœur], ont rassemblé hier plusieurs centaines de personnes » (Laprovence.com).

Non seulement je ne lui trouvais pas grand-chose de juif, mais je me représentais difficilement un Juif passant la plus grande partie de son existence sur un bateau aux côtés du petit frère du polémiste antisémite Pierre-Antoine Cousteau (je plaisante... quoique...).

lundi 28 janvier 2013

Zoé Félix juive ?

C’est bien ainsi que sont libellées certaines requêtes lancées sur Google, lesquelles justifient cet article et me donnent l’occasion de publier ces photos de la belle Zoé, dont je suis l’auteur (quand on se soucie de ne pas enfreindre les lois du copyright, c’est bien pratique). Mais qui donc pose cette question ?

Nous autres Juifs, nous avons nos commères, et quand une star est particulièrement belle, sexy et charmante, l’idée qu’elle serait des nôtres est plaisante. Certains ont vite fait de prendre leurs désirs pour des réalités. Pourtant, quel besoin aurions-nous de nous annexer ainsi des stars et autres célébrités ? N’avons-nous pas notre lot de belles, de Ruth Elkrief à Eliette Abecassis et d’Emmanuelle Chriqui à Natalie Portman, sans parler de Shavit Wiesel, Bar Refaeli et autres stars israéliennes ?

Il y a aussi tous ces détraqués, obsédés et jaloux, ces ratés qui voient des Juifs partout, notamment dans le milieu du show-business, et pour qui il ne fait aucun doute que Dany Boon et Kad Merad sont tous les deux juifs (le premier l’est devenu, mais le second ne l’a jamais été). Naturellement, dans ces conditions, l’actrice qui incarne l’épouse de Kad Merad dans un film de Dany Boon ne peut qu’être juive, elle aussi. Le cas d’Anne Marivin est différent, car on croit qu’elle est vraiment ch’ti... et postière à Bergues, peut-être ?

Abstraction faite de Bienvenue chez les Ch’ti, il y a Clara Sheller. Je ne sache pas que le personnage éponyme entretienne un rapport particulier avec le destin juif, mais dans certains esprits tordus, tout est possible. William Sheller est-il juif ? Quoi qu’il en soit, ce n’est pas son vrai nom, et les « vrais » Sheller ne sont pas juifs. Le prénom Clara est plutôt rare en France, et il a une certaine probabilité d’être porté par des Juives.

Voilà où j’en suis de mes conjectures, concernant la magnifique Zoé.

Félix n’est pas un patronyme porté par des Juifs. Une visite sur le site geopatronyme.com, par exemple, le montre assez clairement. On peut consulter aussi genealogie.com, où il est précisé que « Félix est un nom de baptême et patronyme, [...] très populaire anciennement chez les chrétiens car il devait symboliser pour eux la joie spirituelle, caractéristique du bon chrétien. » Avec ça...

Physiquement, Zoé Félix ne ressemble pas à une Juive (je sais bien qu’aujourd’hui, le politiquement correct interdit d’évoquer un type physique à propos des Juifs, mais voilà, il se trouve que je me moque éperdument du politiquement correct – et je n’ai pas fini de le montrer). Zoé Félix ressemblerait plutôt à une Française qui aurait des origines méditerranéennes, corses et italiennes par exemple.

C’est ce qui peut arriver quelquefois, surtout chez une actrice française ayant une mère italienne et un père corse.


Sources : Gala.fr, Genealogie.com, Geopatronyme.com, Marcoroz, Wikipedia.

dimanche 27 janvier 2013

Aznavour et les Juifs

« Par mes parents, j’appartiens à l’église grégorienne [...] Lorsque vous vous confessez, le prêtre énumère tous les péchés [...]. » - Charles Aznavour (interview dans Nice-Matin)

Certes, il a joué des personnages juifs dans plusieurs films (Qu’est-ce qui fait courir David, Yiddish Connection et Mangeclous), mais tout le monde sait que Charles Aznavour, né Chahnourh Vaghinag Aznavourian, est arménien d’origine. Seuls quelques cas psychiatriques colportent l’idée ridicule qu’il serait à la fois arménien et juif.

Il y a aussi, pour alimenter ce racontar absurde sur Aznavour, le fait qu’il ait chanté La Yiddische Mama. Mais il a également chanté La Mamma, faut-il en déduire qu’il est italien ? Il a chanté La Bohême, il est donc peintre ? Il a chanté Comme ils disent, est-ce la preuve qu’il est homosexuel ?

Son père, Micha Aznavourian, était le fils d’un cuisinier du gouverneur d'Arménie. Sa mère, Knar Baghdassarian, était issue d’une famille de commerçants arméniens de Turquie (Wikipedia).

En outre, l’intéressé a lui-même déclaré publiquement qu’il était issu d’une famille de confession grégorienne. L’Arménie a été dans l’histoire le premier pays officiellement chrétien, et les chrétiens y constituent actuellement 97,7 % de la population.

Le pays compte moins de 500 Juifs, dont les noms sont évidemment différents de ceux des Arméniens chrétiens. L’unique rabbin d’Erevan, par exemple, s’appelle Gersh Meir Burshtein. Je suppose que si les Juifs d'Arménie portaient des noms arméniens, ce rabbin s’appellerait Gershourh Meyrig Burstanian ?

Il existe une communauté arménienne à Jérusalem : des Arméniens qui sont israéliens. Mais ils ne sont pas juifs pour autant, pas plus que les Druzes ou les Arabes.

L’animateur québécois André Arthur a raconté qu’à Montréal, ses parents étaient souvent pris pour des Juifs parce que dans le nom de son père, Isakian (un nom arménien), il y avait Isaac. Comme dans Davidian il y a David, et dans Israelian il y a Israël. Les références à la Bible, ce sont des choses qui arrivent quelquefois chez les chrétiens.

samedi 26 janvier 2013

Albéniz, moins juif qu’Isaac

La raison pour laquelle le bruit court qu’Isaac Albéniz était juif n’est pas difficile à trouver. C’est la même que concernant Isaac Newton.

Comme s’il n’y avait aucun prénom d’origine biblique dans le calendrier chrétien !

Isaac Manuel Francisco Albéniz (i Pascual) est né à Camprodon (Catalogne) le 29 mai 1860. Son père, Angel Albéniz, était fonctionnaire. Sa mère, Dolors Pascual, était originaire de Figueres (Alt Empordà, Catalogne)

Rien de juif dans tout cela. Rappelons qu’il n’y avait plus beaucoup de Juifs en Espagne depuis l’Inquisition. Surtout, selon une de mes sources (un site internet sur Gaudi et la Catalogne), Isaac Albéniz était un « Catalan de race » (sic).

Continuons avec cette même source : « Il se marie avec son élève Rosina Jordana le 23 juin 1883 dans l’église de la Vierge de la Mercé, à Barcelone » (ibid.). Il serait difficile pour un Juif de se marier dans une église, sauf à se renier complètement comme juif.

Autre indice de sa non-judéité, Vincent d’Indy, un des musiciens les plus antisémites qui aient jamais existé, fait partie de ceux qui demanderont la Légion d’honneur pour lui. Ce n’est certes pas l’indice le plus probant, je pense que le lecteur et moi nous serons d’accord là-dessus, mais quand on l’associe à ceux qui précèdent (et à ce qui suit), le tableau est cohérent.

Enfin, au risque de donner à ce blog des allures de nécropole virtuelle, il me semble qu’ici encore, la sépulture du compositeur en dit suffisamment long. Comme quoi l’expression « muet comme une tombe » est mal trouvée.

vendredi 25 janvier 2013

Geneviève de Fontenay, ses origines et son « vrai nom »

Après la finance, les médias et le cinéma, voilà que même le concours des Miss n’échappe plus à la mainmise de la pieuvre judéo-sioniste ! Mais si Geneviève de Fontenay est juive elle-même, alors tout s’explique !

Concernant la célèbre patronne des Miss, ce ragot peut avoir deux sources. D’une part, le nom de naissance de la dame est Mulmann, et cela fait fantasmer des gens qui ignorent sans doute que les patronymes germaniques sont très courants en Alsace et en Lorraine, et même, dans presque tout le quart nord-est de la France.

En effet, Geneviève de Fontenay, née Geneviève Suzanne Marie-Thérèse Mulmann, est native de Longwy, en Lorraine.

D’autre part, certains ont vite fait de confondre Geneviève de Fontenay avec la philosophe Élisabeth Bourdeau de Fontenay (c’est son vrai nom), laquelle est « juive par sa mère ».

Wikipedia nous apprend aussi que la mère de Geneviève de Fontenay, Marie-Thérèse Mulmann, était « très pieuse », mais sans préciser de quelle religion il s’agit. Voilà une énigme bien difficile à résoudre ! Je vous donne un indice : si l’on ne précise pas, c’est qu’il s’agit de la religion majoritaire.

Plus sérieusement, nous avons une Geneviève Suzanne Marie-Thérèse, fille d’une Marie-Thérèse. Un prénom on ne peut plus typiquement « catho », et commun à la mère et la fille : encore deux preuves de la stupidité des ragots et de leurs auteurs. En tant que Juif, je me réjouis d’avoir des ennemis aussi ridicules. Si seulement il n’y avait que ceux-là...

Les Miss France sont-elles juives ?

Miss France 1998 s’appelait Sophie Thalmann. L’année suivante, la nouvelle élue se prénommait Rachel (Legrain-Trapani). En 2006, nous avons eu Alexandra Rosenfeld, en 2011, Laury Thilleman (ah, les noms en « -man » et en « -mann »...) et en 2012, Delphine Wespiser.

C’est plus qu’il en fallait pour faire fantasmer un certain nombre de gens, aussi bien des Juifs que des antisémites, qui semblent ignorer que les patronymes germaniques sont très courants en Alsace et en Lorraine, et même dans presque tout le quart nord-est de la France (sans compter les descendants d’Alsaciens ayant migré après 1870).

Sur Internet, des détraqués qui ne voient plus cette institution qu’à travers le prisme délirant de leur antisémitisme vous expliquent que Geneviève de Fontenay est juive, que la société Endemol est dirigée par des Juifs et que les élues du concours sont invariablement des Juives !

Sophie Thalmann n’est pas juive du tout, ni de père ni de mère, et Delphine Wespiser non plus. Valérie Bègue, pas davantage. La première est lorraine, la seconde alsacienne. J’ignore pourquoi la troisième, qui est réunionnaise et n’a pas un nom germanique, a fait l’objet du même fantasme. Concernant Laury Thilleman, il n’y a pas de mystère, tout est dans la terminaison en « -man ».

Par la suite, il y a eu aussi Camille Cerf. On sait que ce patronyme est souvent porté par des Juifs, surtout lorsqu’il s’agit de la francisation de Hirsch. Cependant, c’est aussi un nom français porté par des non-juifs, tout comme Cheval, Merle ou Renard. En l’occurrence, la blonde Miss France 2015, issue de l’école Jeanne d’Arc et de l’établissement scolaire Sainte-Anne de Coulogne, sa ville d’origine, est une Ch’timi de confession chrétienne.

Parmi toutes les Miss citées dans cet article, seule Alexandra Rosenfeld a un parent juif (son père).

Au début des années quatre-vingt, il se trouvait encore en France pas mal de crétins pour affirmer que « les Juifs tiennent la banque »... alors que ce secteur était nationalisé à 95 % ! Plus récemment, j’ai aussi entendu affirmer qu’il fallait être juif pour pouvoir faire carrière à la télévision, au théâtre... et même dans les métiers de l’orgue. J’ai cherché, parmi les organistes et les facteurs d’orgues, qui pouvait être juif, et je n’ai trouvé personne : pas même Daniel Roth, ni Jean-Jacques Grunenwald, et pas davantage Jacques Kauffmann, ni le facteur d’orgues Xavier Silbermann !

En Pologne, ils sont encore des dizaines de milliers à se plaindre que les Juifs occupent tous les bons postes dans leur spécialité, alors même qu’il reste seulement quelques milliers de Juifs dans tout le pays, en comptant les enfants, les adolescents, les retraités, les impotents et les femmes au foyer. Cherchez l’erreur.

Aussi, je ne m’étonne plus de constater que même lorsque c’est de beauté féminine qu’il s’agit, on retrouve la même rengaine : la rengaine des ratés qui ont une explication toute simple et toute prête au fait que d’autres réussissent, et pas eux.

jeudi 24 janvier 2013

Hulot n’est pas Tati !

« Son grand-père [...] vivait dans le même immeuble que le cinéaste Jacques Tati, lequel s’en serait inspiré pour créer le personnage de Monsieur Hulot. » (Wikipedia)

Or, certains croient que Jacques Tati était juif. Bon sang, mais c’est bien sûr, tout s’explique ! (en réalité, Tati n'était absolument pas juif)

Quel autre indice, même aussi ridicule, pourrait donc alimenter cette rumeur aberrante faisant de Nicolas Hulot un Juif ?

(sur Google, début 2013, en moyenne plus de quatre requêtes de type « Nicolas Hulot juif » par jour, et bien davantage encore en 2011)

Pour le coup, j’ai eu beau chercher, je n’ai rien trouvé du tout. Ni dans sa façon d’être, ni dans ses écrits et ses déclarations, ni dans ses sources d’inspiration, ni dans les noms et prénoms de ses parents...

Nicolas Hulot : « Fils de Monique Marguerite Marie Hulot, née Moulun, mère au foyer, née à Sens, devenue visiteuse médicale et de Philippe Marie Joseph Hulot, né à Paris [...]. Il a un frère, Gonzague, et une sœur, Béatrice. » (ibid.)

... ni dans ses employeurs, ni dans ses sponsors, ni dans ses fréquentations...

Son coiffeur, peut-être ?

Quand même, certains ont une sacrée imagination !

mercredi 23 janvier 2013

Dans « Bouygues », pour commencer, il y a « goy »...

Pourquoi les Bouygues seraient-ils juifs ? Un Juif fondateur d’une grosse compagnie de BTP, en France, c’est déjà douteux. Mais Bouygues possède aussi TF1, et dans l’esprit tordu des antisémites conspirationnistes, « les Juifs tiennent les médias », par conséquent la chaîne de télévision « n°1 » ne peut qu’appartenir à des Juifs !

Et le propriétaire de France 2, France 3 et France 5, il est juif, lui aussi ? L’État français est juif ? L’État français est un État juif ? Première nouvelle !

Sur la tombe de Francis Bouygues et de sa famille (voir ici), je ne sais pas s’il y a une croix gravée sous les fleurs, mais ce que je sais, c’est qu’on ne fleurit pas les tombes juives (et qu’on y pose des petits cailloux).

Cherchez l’erreur !
Francis Bouygues avait été pensionnaire à l’Immaculée-Conception à Laval. Pendant la guerre, il avait évité le S.T.O.

Or, les Juifs, ai-je besoin de le rappeler, ce n’est pas au S.T.O. qu’on les envoyait.

Après la guerre, il avait épousé une femme dont le patronyme n’est pas un nom porté par des Juifs, Monique Tézé.

Quant au fils de Francis Bouygues, Martin Bouygues, on sait qu’il est le parrain de Louis Sarkozy (l’un des fils de Nicolas Sarkozy). Or, le parrain et la marraine, c’est un truc de chrétien, cela n’a le plus souvent pas cours chez les Juifs.

Bouygues est un nom français du Sud-Ouest. Les prénoms les plus donnés aux Bouygues sont Marie, Jean, Pierre, Antoine, Bernard, Jeanne, Guillaume, François, Cécile, Marguerite, Jeanne-Marie, Marius, Louis, Raymond, Jean-Baptiste (genealogie.com)

La répartition géographique des Bouygues est également éloquente (ibid.). Enfin, les actes comptabilisés sur la page en référence sont encore un élément indiquant que les Bouygues n’ont jamais été juifs.

mardi 22 janvier 2013

Auteuil, pas si… juif que ça

En avril 2011, au palmarès des candidats involontaires à la judéité, Daniel Auteuil était premier devant Nicolas Hulot, Jean-Luc Mélenchon et Vincent Cassel. C’est pourquoi je lui avais consacré un article. Depuis, Auteuil a rétrogradé dans le classement, mais il se maintient dans le peloton de tête.

Un visiteur m’a indiqué que Daniel Auteuil, comme Vincent Cassel, figurait sur une liste de Juifs publics publiée par des sites islamistes. Mais pour quelle raison ?

Champ de courses d'Auteuil
Un autre m’a suggéré ceci : « Auteuil = XVIe = grand capital = juiverie ». Oui, je veux bien croire que certains sont assez dérangés du cerveau pour procéder à ce genre de spéculation.

On m’a aussi proposé cette explication : « Sous l’Empire, un décret a demandé aux juifs de prendre un patronyme pour faciliter la conscription. [...] Dans la précipitation, beaucoup ont choisi le nom de leur ville d’origine [...]. » (Kéline)

Dans cette hypothèse, encore faudrait-il que les descendants de ceux qui auraient choisi ce nom soient restés juifs à travers les générations, ce qui est déjà douteux. Et puis, les milliers d’internautes qui se demandent si Auteuil est juif, ou qui en sont persuadés, sont-ils assez calés en histoire pour avoir pu y penser ? Enfin, il semblerait qu’il n’y ait trace d’aucun Auteuil né en France avant la première moitié du XXe siècle (genealogie.com).

Une visite sur un site antisémite peut nous éclairer (je ne mets pas de lien) : on y lit, en substance, que Daniel Auteuil ferait partie de ceux qui complotent pour détruire la civilisation et ses valeurs, la preuve en étant qu’au cinéma, il joue invariablement des rôles de divorcés !

Que le cinéma occidental fasse la promotion de tout ce qui va à l’encontre des valeurs morales et de la famille, je n’en disconviens pas. Que des Juifs participent à ce courant, c’est certain. Comme y participent des Auvergnats, des Bretons, des Corses, etc. Toujours est-il que ceux qui y associent les Juifs de façon globale et qui concluent que toute personne impliquée dans cette entreprise a des chances d’être juive feraient bien de consulter un psy.

Tant que je ne dispose d’aucun élément sérieux tendant à suggérer le contraire, je m’autorise à conclure que Daniel Auteuil n’est pas juif.


P.S.: Il apparaît que son père s’appelait Henri Auteuil (Auteuil est donc le vrai nom du comédien), et sa mère Yvonne Castellan (Wikipedia). Par ailleurs, Daniel Auteuil a publié un livre autobiographique intitulé Il a fait l’idiot à la chapelle. Pas à la synagogue : à la chapelle.

lundi 21 janvier 2013

Raymond Devos, juif ? C’est censé être drôle ?

Dans ma jeunesse, je m’étais moi-même posé la question, je ne sais plus pourquoi. Je n’ai pas été le seul. Je ne sais pas non plus pourquoi.

Peut-être, parce qu’il existe un certain nombre de comiques juifs et qu’à coup sûr, le monde serait bien plus triste s’il n’y avait pas eu Pierre Dac, Gérard Oury, Claude Zidi, Francis Veber et tant d’autres...

Tombe de Raymond Devos
Le père de Raymond Devos, Louis Devos, était originaire du Nord. Devos est en effet un nom des Flandres (concernant les Devos, voir mon article sur Emmanuelle Devos).

La mère de Raymond Devos, une Bretonne, était native de Vitré (c’est en Bretagne).

Élève à l’Institution libre du Sacré-Cœur à Tourcoing, Raymond Devos avait dû arrêter ses études à 13 ans parce que sa famille connaissait de graves problèmes financiers.

Ce n’est pas une preuve absolue de non-judéité, si je puis dire, mais c’est un indice parmi d’autres (ceux qui précèdent, et ceux qui suivent).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Raymond Devos avait été requis par le Service du travail obligatoire (Wikipedia).

Faut-il vraiment rappeler que les Juifs qui étaient raflés, à cette époque, ce n’est pas du tout au STO qu’on les envoyait ? Faut-il rappeler où on les envoyait ?

Il s’est marié le 30 avril 1959 avec Simone Beguin : donc, probablement pas avec une Juive. Beguin, Bégin, ce sont des noms français. Rien à voir avec Menahem Begin (sans accent).

Ses funérailles ont eu lieu en l’église de Saint-Rémy-lès-Chevreuse (voir aussi mes remarques à propos des sépultures de Clément Ader, de Jean-Pierre Cassel et d’Yves Montand).

dimanche 20 janvier 2013

Henri Guybet, vous êtes juif ?

L’actrice Anne Marivin a raconté que depuis que le public l’avait découverte en postière de Bergues dans le film Bienvenue chez les Ch’tis, un certain nombre de gens qui la croisaient dans des lieux publics étaient persuadés qu’elle était du Nord : de façon évidente, ils la confondaient avec son personnage.

De la même manière, depuis que l’acteur Henri Guybet a connu le succès en interprétant le rôle du chauffeur Salomon dans le film Rabbi Jacob, on croit que l’acteur est juif.

Comme je l’ai déjà évoqué à propos de Vincent Cassel, lorsque c’est d’un personnage juif qu’il s’agit, plutôt qu’auvergnat, breton, ch’ti ou que sais-je, cette forme de confusion est nettement plus fréquente encore.

Nous y reviendrons, à propos de certaines actrices de cinéma par exemple.

« Guybet est un nom de famille normand, variation de l’ancien français guibet (moucheron), sobriquet qui s’est appliqué à un homme agité, importun. » (genealogie.com)

Ajoutons qu’il est extrêmement peu probable qu’un Juif, même assimilé et marié à une non-juive, donne à son fils le prénom Christophe.

P.S.: Je ne dis pas que cela n’arrive jamais, mais que c’est extrêmement peu probable, pour une raison qui n’est vraiment pas très difficile à comprendre.

samedi 19 janvier 2013

Emmanuelle Devos, juive ? Si peu, si peu…

Elle a dû jouer le rôle d’une Juive dans je ne sais quelle production, et puis voilà. À quoi ça tient !

(P.S.: ce sera le cas en 2014 dans un film sur Simone Veil, intitulé La Loi...)

Non, je me trompe, c’est parce que son conjoint est juif (voir les commentaires ci-dessous).

Devos est un nom des Flandres. Dans le Pas-de-Calais, on recense 297 actes à ce nom entre 1606 et 1937 (site internet geopatronyme.com).

« Devos est un nom de famille flamand qui désigne le renard, sobriquet d'une personne rusée » (site internet genealogie.com).

Les prénoms les plus donnés aux Devos sont Pierre, Jean, Jeanne, Marie, Catherine, Jacques, Louis, Jean-Baptiste...

... Marie-Thérèse... Henriette... Léonie...

La mère d’Emmanuelle Devos s’appelle Marie Henriau, un patronyme pas plus juif que Devos.

Dans une interview qu’elle a accordée au magazine Psychologies, Emmanuelle Devos explique que ses parents lui ont dit un jour : « D’accord, tu quittes l’école, mais tu ne traînes pas à la maison. »

Des parents d’accord pour que leur enfant abandonne l’école ?

Et qui ne veulent pas la voir souvent chez eux ?

Pas vraiment très juif, tout ça...

vendredi 18 janvier 2013

Marion Cotillard, juive comme une fourmi traînant un char…

...plein de pingouins et de canards.


Marion Cotillard aurait-elle déjà incarné au moins une fois une Juive ? Mais dans quel film ? (Non, pas dans La Môme).

Certes, elle a joué dans un film dont la réalisatrice s’appelait Sarah Levy.

Et elle a été un moment la petite amie du fils de Claude Berri.

C’est tout ?

Les parents de Marion Cotillard s’appellent Niseema Theillaud (en réalité, Monique Theillaud) et Jean-Claude Cotillard.

Il existe des Juifs qui militent avec Greenpeace. Soit. J’ai moi-même été de ce nombre, dans le passé, avant de découvrir Sea Shepherd. J’ai aussi connu un Juif qui faisait partie du staff de cette organisation.

Des Juifs qui remettent en question la version officielle des événements du 11 septembre 2011 ? En cherchant bien, il doit être possible d’en trouver quelques-uns.

L’expédition sur la Lune, je ne sais pas...

Mais une personne qui militerait avec Greenpeace, qui remettrait en cause le 11 septembre et Apollo 11, qui serait née dans une famille où l’on s’appelle Theillaud et Cotillard et où les trois enfants, nés entre 1975 et 1977, se prénommeraient Marion, Quentin et Guillaume… et qui serait juive ?

De naissance ?

jeudi 17 janvier 2013

Hitler juif, pour quelle raison ?

Je suis catholique, la Providence l’a voulu. – Adolf Hitler,
cité par Hermann Rauschning dans Hitler m’a dit (1939 et Fayard 2012, ch. IV p.95)

Suite aux obscénités proférées à la télévision par Daniel Costelle et Isabelle Clarke après la diffusion de leur documentaire Apocalypse Hitler – cette dernière ayant carrément prétendu que « Hitler était peut-être juif » (sic) – l’historien Édouard Husson notait sur son blog :

« [...] [L]’absurde insistance sur la possible ascendance juive de Hitler, une thèse bien éculée, et dont on se demande bien pourquoi les auteurs la réhabilitent. Que le père de Hitler n’ait pas su l’identité de son vrai géniteur, quoi de plus banal dans une région [...] où les naissances illégitimes étaient particulièrement nombreuses [...] »

« Que Hitler n’ait pas su, contre les critères du régime qu’il avait établi, prouver l’origine de ses quatre grands-parents, certes. Mais de là à nous refaire le coup d’un Hitler peut-être juif, il y a un grand pas [...] »

La rumeur d’un Hitler ayant des origines juives circule un peu partout, et depuis longtemps. Ce n’est pas pour rien que « juif » est une des deux premières propositions de Google associées à ce nom, au moment où ces lignes sont écrites (cliquez sur l'image).

L’ignoble racontar circule même parmi des Juifs. Selon une de ses variantes, Hitler aurait été complexé d’avoir une mère juive. Or, si sa mère avait été juive, il l’aurait lui-même été selon la loi rabbinique, les Juifs qui colportent cette idiotie peuvent-ils l’oublier ?

Ajoutons que la prétendue incertitude sur « l’aryanité » d’Hitler, montée en épingle à partir d’une anecdote aujourd’hui contestée par les historiens (avant d’être enceinte, la mère d’Aloïs Hitler, père d’Adolf, aurait été employée par une famille juive), concerne l’ascendance paternelle, et non pas l’ascendance maternelle.

Les nazis eux-mêmes, dans leur démence, n’ont jamais poussé l’absurdité jusqu’à considérer comme juif un individu ayant trois grands-parents non juifs.

Mais surtout, comme le dit si bien Édouard Husson : « [...] [L]a thèse des ancêtres juifs de Hitler est un symptôme de la mauvaise conscience européenne et occidentale vis-à-vis du judéocide : ce serait si pratique de pouvoir se dédouaner de siècles de persécutions culminant dans un génocide et de pouvoir dormir tranquille car un Juif aurait décidé de tuer massivement d’autres Juifs... »

Enfin, comme je l’ai déjà fait remarquer, définir implicitement la judéité de cette manière (une propriété biologique héritée d’un aïeul), et réduire ainsi l’identité juive à un simple sous-ensemble biologique arbitraire de l’humanité, reflète un incroyable mépris pour toute la dimension religieuse, spirituelle, morale, culturelle et historique du judaïsme.

mercredi 16 janvier 2013

Jane Birkin juive, elle non plus !

Parce qu’elle a été la compagne de Gainsbourg ? Comme aurait dit ce dernier, j’ai beau chercher...

Quand j’étais avec Serge, j’ai voulu être juive par romantisme. Le rabbin Williams a dit que c[e n]’était pas une bonne raison. [...] Serge m’a dit : « Même si tu fais[ais] une transfusion de sang, tu ne serais pas juive ! » Alors là, j’ai arrêté, vexée ! - Jane Birkin, Interview sur le site Artistes d'Israël.

L'église de Birkin (Yorkshire)
Jane Mallory Birkin est la fille de David Birkin, commandant dans la Royal Navy. Il semble que le nom Birkin ait la même racine que le mot anglais birch (bouleau).

Birkin est aussi le nom d’un village anglais, dans le Yorkshire (146 hab. en 2001). « Le nom Birkin indique que le village a été établi dans une région forestière très dense, composée principalement de bouleaux » (Wikipedia).

La mère de Jane Birkin était l’actrice Judy Campbell, de son vrai nom Judy Gamble (dont rien n'indique qu'elle aurait pu être juive ou avoir des origines juives).

Que Jane Birkin soit de confession chrétienne, c’est ce que confirme sa fille Charlotte Gainsbourg quand elle explique qu’elle a hérité d’une double appartenance religieuse, juive (par son père) et anglicane (par sa mère).

En outre, « Jane Birkin est la descendante de Charles II, roi d’Angleterre et d’Écosse », [ainsi que] la petite-nièce de Freda Dudley Ward, maîtresse d’Édouard VIII, roi de Grande-Bretagne, alors prince de Galles, [et elle est également] la cousine du mathématicien et philosophe Bertrand Russell et du réalisateur Carol Reed (Wikipedia).

Et avec tout cela, certains voudraient qu’elle soit juive ?

mardi 15 janvier 2013

Ader, pas Adler !

Clément Agnès Ader, ingénieur et pionnier de l’aviation, est né en 1841 à Muret (Haute-Garonne). Déjà, on voit mal comment un Juif aurait pu naître dans un endroit aussi perdu d’Occitanie à cette époque. Et puis, un garçon juif recevant un deuxième prénom féminin, c’est très invraisemblable (c’est absolument contraire au judaïsme et à la tradition juive).

Clément Ader était le fils de François Ader et d’Antoinette, née Forthané. Les Ader « sont tournés vers la menuiserie depuis plusieurs générations » (Wikipedia).

Tombe de Clément Ader
Ader est un nom de famille gascon, d’origine germanique, issu des racines ad (noble) et wara (protecteur). Les prénoms les plus courants chez les Ader sont Jean, Françoise, Marie, Pierre, Jeanne...

L’arrière-grand-père avait rénové l’église d’Ox, à quelques kilomètres de Muret. « Son grand-père maternel, qui servit dans les armées de Napoléon, vivait avec sa femme dans un moulin dont le mécanisme enchanta longtemps le petit Clément. Il venait souvent le regarder, tout en écoutant les récits de campagne de son aïeul » (Wikipedia).

Enfin, « Ader père espérait beaucoup que Clément lui succédât à la tête de la menuiserie familiale. » Mais il se résigna à l’envoyer étudier à Toulouse à l’âge de 12 ans, comme pensionnaire dans une institution.

De tous les détails qui précèdent, il n’en est pas un seul qui ne soit en contradiction avec l’idée qu’Ader aurait pu être juif.

Allez, encore un monument funéraire (avec ce rappel : on ne fleurit généralement pas les tombes juives).

Ce que nous devons à un Juif, et même, d’une certaine manière, à deux ou trois Juifs (Siegfried Marcus, Emil Jellinek et André Citroën), ce n’est pas l’avion, mais l’automobile : peu de gens le savent aujourd’hui, même si nous sommes bien plus nombreux à utiliser l’auto que l’avion.


Sources : Wikipedia, geopatronyme.com, genealogie.com

lundi 14 janvier 2013

Galilée, comme les rois mages ?

Certes, il y avait l’homonymie avec une région d’Israël. Mais surtout, puisque ce copain internaute pensait que Copernic était juif, il était naturel qu’il croie que Galilée l’était également.

Galileo Galilei est né dans une famille de la petite noblesse florentine. Ses parents le confient pendant deux ans à un prêtre, Jacopo Borghini. Plus tard, il entre au couvent de Santa Maria de Vallombrosa et y reçoit une éducation religieuse (Wikipedia). Tout cela n’est pas très... judaïque.

L’article de Wikipedia mentionne aussi que Galilée a reçu « tous les honneurs » à Rome, notamment auprès du cardinal Barberini, futur pape Urbain VIII.

C’était avant qu’éclate la controverse à la suite de laquelle il a dû prononcer la formule d’abjuration suivante :

« Moi, Galileo, fils de feu Vincenzo Galilei de Florence, âgé de soixante dix ans, ici traduit pour y être jugé, agenouillé devant les très éminents et révérés cardinaux inquisiteurs généraux contre toute hérésie dans la chrétienté, ayant devant les yeux et touchant de ma main les Saints Évangiles, jure que j’ai toujours tenu pour vrai [...] tout ce que la Sainte Église Catholique et Apostolique affirme, présente et enseigne.

Cependant [...] après avoir été averti que cette doctrine n’est pas conforme à ce que disent les Saintes Écritures, j’ai écrit et publié un livre […] sans la réfuter en aucune manière ; ce pour quoi j’ai été tenu pour hautement suspect d’hérésie, pour avoir professé [...] »


Comment un Juif aurait-il pu être soupçonné d’hérésie par l’Église ?

Et comment un Juif aurait-il pu, dans le contexte de l’époque, en être soupçonné non pas en raison de sa religion ni de ses origines, mais simplement pour avoir professé une théorie scientifique ?

dimanche 13 janvier 2013

Copernic ? Comme la rue ?

Sur un blog, un participant avait exprimé un jour sa croyance que Copernic et Galilée étaient juifs, ainsi que Clément Ader. Et hop, trois de plus sur ma liste !

Pourquoi Copernic ? Je ne l’ai pas su, car ce genre de croyance est irrationnelle, même quand elle émane d’une personne bien intentionnée (il s’agissait, en l’occurrence, d’un ami d’Israël : au moins, voilà qui nous change des théories du complot).

J’ai donc pensé que ce devait être parce qu’il existe des Juifs qui s’appellent Kupernik ou Kupfernik, par exemple Lev Abramovitch Kupernik (1845-1905) en Russie, qui avait entretenu une correspondance avec Piotr Tchaïkovski.

À moins que ce soit la rue... ? (la « rie », pas la « roue », comme disait Popeck...)

Nicolas Copernic, ou plutôt Mikolaj Kopernik, ou peut-être plus exactement Nikolaus Kopernikus (1473-1543), né (et mort) « en Prusse royale (Royaume de Pologne) », était « un chanoine, médecin et astronome de langue allemande » (Wikipedia).

Un chanoine juif ?

Continuons avec Wikipedia : « Son père, prénommé également Nicolas, est un bourgeois de Cracovie venu s’établir à Thorn peu avant l’annexion de la région par le royaume de Pologne, et suffisamment intégré pour y devenir échevin. Sa mère, Barbara Watzelrode […] est d’une ancienne famille de Thorn, probablement originaire de Silésie. »

Après la mort de son père, « [i]l est recueilli par son oncle maternel, futur évêque de Varmie [...], Lukas Watzelrode […] » (dont le père se prénommait également Lukas...)

Allemand ou polonais ? La question est controversée. Elle est surtout anachronique. Quoi qu’il en soit, à cette époque, les Juifs n’avaient souvent pas d’état-civil, c’est-à-dire de nom de famille, ni en Allemagne ni en Pologne. En d’autres termes, la plupart du temps ils ne pouvaient pas encore s’appeler Kopernik, ni Goldenberg, ni même Szmulewicz. Par ailleurs, en ce temps là, un Juif avait peu de chances d’avoir un nom typiquement chrétien comme Nicolas. Sans parler d’un oncle maternel évêque...

Enfin, comme je l’ai déjà noté à propos des Rockefeller, un Juif qui aurait reçu le prénom de son père, c’est très improbable, pour ne pas dire impossible (ce serait en contradiction totale avec la tradition juive).

Et tout le reste est à l’avenant.

vendredi 11 janvier 2013

Mylène Farmer et la question juive

Adler, Berliner, Cygler, Dantziger, Eisner... Farmer ? ...

C’est pour ça ? Pfff... Non, mais vraiment...

Surtout que son vrai nom patronymique est Gautier.

Quand Mylène Farmer porte sa croix
Tiens, tiens, ce nom se termine par les deux mêmes lettres, « -er »... (lol !)

Son père, Max Gautier, est originaire de Marseille. Sa mère, Marguerite Martin, est née en Bretagne (Wikipedia).

Gautier et Martin ne sont pas des noms juifs, mais des patronymes français courants.

Farmer est le nom de scène qu’elle s’est choisi, en hommage à une actrice américaine du milieu du XXe siècle, Frances Farmer.

Frances Farmer non plus n’était pas juive, et Farmer n’est pas un patronyme porté par des Juifs.

Enfin, la croix chrétienne est un symbole récurrent dans la scénographie de Mylène Farmer, et la chanteuse est déjà apparue, à plusieurs reprises, portant ostensiblement une croix en pendentif.

Croix de bois, croix de fer… Fer ? Tiens, tiens...

Fer, ce ne serait pas juif, comme nom, par hasard ?

jeudi 10 janvier 2013

Jacques Martin, aussi juif que le cuisinier du tsar

Cette recrudescence des rumeurs concernant une supposée judéité de Jacques Martin a de quoi laisser perplexe. Après avoir vérifié ce qu’il en était des différents Jacques Martin répertoriés par Wikipedia, je conclus que c’est bien de l’animateur de télévision qu’il s’agit.

Jacques Martin était le fils de Joannès Martin, industriel, et de Germaine Ducerf, et il avait été élevé chez les jésuites (Wikipedia). En outre, il avait appelé un de ses fils Jean-Baptiste. Alors, pourquoi certains pensent-ils qu’il était juif ?

... tu es un cerf cornu
Allant par la ville tout chaussé et vestu...
Serait-ce parce qu’il avait épousé un jour la « Juive qui ne l’est pas » Cécilia Ciganer-Albeniz, avant de se la faire « piquer » par le « Juif qui ne l’est pas » Nicolas Sarkozy ? Ou bien, simplement en raison de sa sympathie affichée (et bien réelle) pour le peuple juif ?

À moins qu’il s’agisse d’une confusion entre le nom de sa mère, Ducerf, un patronyme français, et le nom Cerf (francisation de Hirsch), porté par des Juifs ? Mais encore faudrait-il déjà être allé chercher comment s’appelait sa mère... Et cette recherche, pour quelle raison ?

« Ducerf » : fils du cerf, sobriquet qui devait symboliser les disgrâces conjugales (d’après les cornes de l’animal) (genealogie.com). Nom porté surtout en Saône-et-Loire et dans les environs de ce département. Prénoms les plus courants : Louis, Loys, Jean, Marie, Antoinette, Claude, Françoise, Guillaume, Jeanne, Catherine, Noël, Marguerite.

En outre, Jacques Martin était le petit-fils de Joannès Ducerf, chef de cuisine du tsar Nicolas II de Russie. Imagine-t-on un tsar avoir pour chef de cuisine un Français ? Facilement. Mais un Juif ? Très difficilement. Un Juif qui s’appellerait Ducerf (pas juif comme nom), qui se prénommerait Joannès (pas juif comme prénom), qui serait un maître de la cuisine française (peu crédible), et qui se serait fait recruter par un tsar réputé pour sa politique antisémite ?

Ou alors, la source de la confusion serait-elle la liaison que Jacques Martin a eue un moment avec la comédienne Danièle Évenou, dont le nom fait inévitablement penser à la chanson Hevenou shalom aleic’hem ?

Quand même, qu’est-ce que les gens ne vont pas chercher !

mercredi 9 janvier 2013

Les Rockefeller, juifs ou WASP ?

Dans une conversation sur la conjoncture actuelle ou sur un problème de société, quelqu’un vous sort, comme un cheveu sur la soupe, le nom de Rockefeller : vous pouvez être sûr que dans les trois minutes, il va évoquer le mondialisme, la « finance » (haute, ou mondiale, ou internationale), le cercle Bilderberg, la Trilatérale ou les Illuminati. Ou encore, les chemtrails... ou le Mossad.

Même si votre interlocuteur se garde bien d’employer le mot juif, vous avez affaire, de façon quasiment certaine, à un antisémite conspirationniste, un détraqué qui voit un complot juif derrière le communisme et le capitalisme, derrière les crises économiques et derrière le 11 septembre, derrière la baisse de son pouvoir d’achat et ses troubles de l’érection (ou sa frigidité)...

Rockefeller sans terre ?
Mais pourquoi Rockefeller ? Eh bien, puisque les Juifs sont riches, c’est bien connu, alors les riches sont juifs ; et les Rockefeller, étant très riches, sont sûrement très juifs !

L’examen de l’arbre généalogique des Rockefeller montre que le père de la grand-mère maternelle de John Davison Senior était vraisemblablement juif : Abraham Selover (1748-1828), fils d'Isaac Selover et de Sietje Pittenger. En supposant, faute d’information, que son épouse était juive, la grand-mère de John Davison Senior l’aurait été également.

Les racialistes obsessionnels pourront donc considérer que le fondateur de la dynastie avait entre 12,5 % et 25 % de « sang juif ». Nous avons donc au maximum 12,5 % de « sang juif » pour John D. Junior et 6,25 % pour David Senior, ce qui explique certainement leurs idées et leurs orientations politiques.

Mais si la grand-mère maternelle de John Davidson Rockefeller Senior était juive, alors par voie de conséquence sa mère l’était aussi, et donc lui-même l’était également ? Est-ce une question de « sang » ou de religion ? Il faudrait savoir !

Wikipedia, sur John Davison Rockefeller : « Baptiste, sa mère lui apprend très jeune que le devoir de tout chrétien est de donner la dîme au Seigneur. » (Il était aussi avancé, à un moment donné, que sa grand-mère aurait été d’origine française et « portait le nom de Roquefeuille »).

Et plus tard, dans sa vie d’adulte, « [i]l est un fidèle de la congrégation baptiste d’Erie Street […]. La piété est une ligne directrice tout au long de sa vie, et Rockefeller voyait volontiers dans son succès un signe d’élection : « L’argent me vient de Dieu ». Il se sent justifié par la maxime de John Wesley [prêtre et théologien anglican] « Faites de votre mieux, épargnez ce que vous pouvez épargner, donnez tout ce que vous pouvez donner. »

On pourrait l’exprimer dans un meilleur français, mais c’est clair. Le fondateur de la dynastie Rockefeller n’était pas plus juif que Smith et Wesson... je veux dire, Smyth et Wesley.

L'épouse de John Davison Rockefeller Senior s’appelait Laura Spelman, un nom que certains obsédés rapprochent de Spielmann et de ses variantes, mais elle n’était absolument pas juive. Son père, Harvey Spelman, descendait d’une famille de protestants puritains, et sa mère, Lucy Henry, était également chrétienne.

John Davison Rockefeller Junior était le cinquième enfant et le seul fils de John Davison Rockefeller. Il épousa Abby Greene Aldrich, la fille du sénateur Nelson Wilmarth Aldrich. Rien de juif là non plus. David Rockefeller est l’un de leurs six enfants, et le père de David Rockefeller Junior.

John Davison, fils de John Davison... David, fils de David... Ai-je besoin d’ajouter qu’un fils portant le même prénom que son père, c’est tout simplement une tradition étrangère aux Juifs, et absolument contraire aux enseignements du judaïsme ?

dimanche 6 janvier 2013

Vincent Cassel, pas juif...

... et Jean-Pierre Cassel non plus


Cassel est un nom du Nord de la France, issu du latin castellvm (château fort). Il semble qu’il soit parfois porté par des Juifs, je dis bien parfois. Le patronyme Kassel (nom d’une ville d’Allemagne) existe aussi chez les Juifs (ne pas confondre cependant avec Kessel).

Sauf que Vincent Cassel s’appelle en réalité Vincent Crochon. Crochon était aussi le vrai nom de son père, le comédien et danseur Jean-Pierre Cassel. C’est un patronyme français (dérivé de croc ou de crochet), peut-être aussi suisse (signifie croûton de pain). Aucun Juif ne s’appelle Crochon.

Il existe une autre raison pour laquelle on croit que Vincent Cassel est juif, le fait qu’il ait interprété un personnage juif (très moyennement crédible) dans le film La Haine, de Mathieu Kassovitz.

Peut-être certains nigauds croient-ils aussi que Louis de Funès exerçait vraiment le métier de gendarme, ou qu’Arnold Schwarzenegger est réellement un robot ?

Tombe de Jean-Pierre Cassel
Les prénoms les plus courants chez les Crochon sont Marie, Marguerite, Pierre, Louis, Jean, Jeanne, Anne, Joseph, Antoine, François, Jacques, René, Alexandre. On trouve aussi des Crochon-Prévault.

Concernant Jean-Pierre Crochon, dit Jean-Pierre Cassel, le père de Vincent Crochon alias Vincent Cassel, il me semble que sa dernière apparition au cinéma a été dans le rôle d’un père de famille juif.

Mais si la sépulture ci-contre, qui est celle de Jean-Pierre Cassel et de sa famille, est la tombe d’un Juif, je veux bien être changé en tuyau d’orgue.

Enfin, la mère de Vincent Cassel, Sabine Lanfranchi, n’est pas juive non plus. Elle est originaire de Vezzani, en Corse. Lanfranchi, dérivé de Lanfranc, (du mot franc), est un patronyme français (ou peut-être corse) et les prénoms les plus courants chez les Lanfranchi sont Jean-Baptiste, François, Marie, Joséphine. Il existe aussi des de Lanfranchi.

P.S.: Certains affirment que la mère de Vincent Cassel se serait appelée Sabine Litique (voir les commentaires ci-dessous). Cela ne changerait rien : Litique est un nom vosgien, pas un nom juif. Par ailleurs, il est inutile de chercher plus loin si les indices qui ont pu inspirer la rumeur selon laquelle Vincent Cassel serait juif ne sont pas liés aux origines supposées de sa mère.

Les traqueurs de Juifs devront repasser.


Sources : www.genealogie.com ; Wikipedia ; tombes.com.

Jean-Luc Mélenchon, pas juif et pas noir

J’ai décidé d’être juif, arabe, berbère, noir, athée. Je pourrai ainsi légitimement participer à de nombreuses luttes pour l’égalité en droit et en fait des êtres humains. – Jean-Luc Mélenchon

Cette étrange déclaration aurait-elle un lien avec la rumeur selon laquelle Mélenchon serait juif ? Pourtant, que je sache, personne ne le croit arabe ni berbère, en tout cas personne ne le croit noir. Il est vrai que, comme Gilles William Goldnadel l’a si bien fait remarquer, dès qu’il est question des Juifs, les gens deviennent fous.

Mancha
Jean-Luc Mélenchon est le fils cadet de Georges Mélenchon, contrôleur des Postes à Tanger, et de Jeanine Bayona, institutrice, native des environs d’Alger. Les Melenchon, « autrefois Belinchón ou Velinchón, ont été nommés ainsi pour être originaires de la petite ville de ce nom [...]. Ils ont lentement traversé la Mancha [...]. »

« Né à Olivares vers 1720, Francisco Belenchon, le plus ancien ancêtre connu, aura un fils qui s’établira comme potier à La Roda, région justement réputée pour ses poteries et ses céramiques […] [L]es descendants de Francisco, modestes journaliers et manœuvres, deviendront Melenchon, sans doute du fait de la ressemblance de leur patronyme avec ce mot désignant une chanson que l’on entendait en Andalousie, dans les bals populaires. C’est donc sous ce nom qu’ils arriveront […] près de Murcie, où naîtra en 1891 Bernabe Melenchon, dont les parents embarqueront, vers les années 1900, à destination de l’Afrique du Nord. [...] » Le grand-père de Jean-Luc, Antonio Melenchon, « se mariera au sein de la communauté espagnole avec la fille d’un négociant originaire de la région d’Alicante. » (J.-L. Beaucarnot)

Passons sur l’antisémitisme du personnage, qui lorsqu’une Française juive l’interroge sur son attitude vis-à-vis du terrorisme islamiste, se met à parler d’Israël (en mal, bien entendu), et qui évoque à propos du CRIF « des communautés agressives » (en n’en visant clairement qu’une seule).

« [...] Jean-Luc et sa sœur ont suivi leur maman à l’église. Il a encore dans l’oreille la jolie voix de sa mère s’élevant sous les voûtes alors que lui était occupé à servir la messe [...] Cette éducation chrétienne l’a évidemment marqué pour le restant de ses jours, même s’il a pris ses distances avec l’Église et la religion. » (sudouest.fr)

Les deux parents de Mélenchon sont nés dans des familles de pieds-noirs espagnols. On sait que l’Espagne a expulsé ses Juifs en 1492 et que l’infâme décret n’a été abrogé que cinq cents ans plus tard, aussi pourrait-on difficilement s’attendre à trouver des Juifs parmi les Espagnols aux XVIIIe et XIXe siècles. Et naturellement, dans l’histoire des Mélenchon, il n’est question de Juifs à aucun moment.


Sources : J.-L. Beaucarnot sur Atlantico ; leplus.nouvelobs.com ; Wikipedia ; sudouest.fr

vendredi 4 janvier 2013

Yves Montand juif ?

Il aura suffi d’une émission de télévision consacrée à Yves Montand pour déclencher un afflux de requêtes dans le genre « Yves Montand juif » sur les moteurs de recherche d’Internet.

Il existe au moins deux (mauvaises) raisons à cela.

La première est que son vrai nom, Livi, fait penser à Levi.

La seconde est qu’il avait épousé Simone Signoret qui était d’origine juive du côté de son père.

Je n’ai pas de mal à en imaginer une troisième (mauvaise aussi, bien évidemment) : pour un certain nombre de tordus, un homme de scène qui jouit d’un énorme succès populaire et médiatique et qui dénonce le racisme et les régimes totalitaires ne peut qu’être juif.

Ivo Livi, dit Yves Montand, était un immigré italien issu d’une famille ouvrière de Toscane.

Sous l’occupation, comme il l’a raconté lui-même, il est arrivé qu’on lui cherche noise parce qu’on le soupçonnait de s’appeler en réalité Levi : il désarçonnait alors l’importun en lui faisant tout simplement remarquer que s’il s’était appelé Levi et s’il avait voulu changer son nom, il l’aurait changé de façon plus probante.

En outre, si j’en juge par les photos visibles sur Internet, la tombe qu’il partage avec Simone Signoret ne comporte aucun des signes habituellement inscrits sur les tombes juives (étoile de David, caractères hébraïques), et personne n’a jamais l’idée d’y poser le moindre petit caillou (comme les Juifs ont coutume de le faire sur la sépulture de leurs coreligionnaires) : ultime preuve, posthume, s’il en fallait encore une, que Montand n’était pas juif.


Sources : Wikipedia, sur Yves Montand

mardi 1 janvier 2013

Nicolas Sarkozy, ni juif ni grec

La prétendue judéité de Nicolas Sarkozy avait fait la joie des adeptes de la théorie du complot juif pendant toute la campagne présidentielle de 2007. Il est vrai que ces gens là sont loin d’avoir été les seuls à s’exciter sur ce fantasme.

La mère de Sarkozy, Andrée, était la fille d’un médecin originaire de la communauté juive de Salonique, Aaron Benedict Mallah.

Cette information, qui a largement circulé, est certainement à l’origine du ragot qui nous occupe. Cependant, l’épouse de Benedict Mallah, et donc la mère d’Andrée, Adèle Bouvier, n’était pas juive du tout. Et il me semble que Benedict s’était converti.

Le père de Nicolas Sarkozy, Pal Sarközy de Nagy-Bocsa, est issu d’une famille hongroise « de souche ».

Accessoirement, Nicolas Sarkozy a été baptisé et élevé dans la religion de ses deux parents, le catholicisme.

Selon le « Statut des Juifs » édicté par Pétain le 3 octobre 1940, était juif quiconque avait trois grands-parents « de race juive » (sic), ou deux si son conjoint était juif. Par conséquent, Nicolas Sarkozy, avec un seul grand-parent juif, n’aurait pas satisfait aux critères de Pétain.

En outre, sa mère elle-même n’y aurait pas satisfait non plus.

Rappelons aussi que même pour les nazis, il fallait plus d’un grand-parent juif pour être considéré comme tel.

Ainsi donc, que l’on raisonne en termes d’appartenance ethnique ou religieuse, voir en Sarkozy un Juif est également insensé. Mais selon toute apparence, nous avons aujourd’hui en France un certain nombre de détraqués qui voient des Juifs même là où les nazis et leurs auxiliaires les plus zélés n’en voyaient pas.


Sources : Wikipedia, sur la famille Sarkozy