lundi 25 novembre 2019

Mélissa Theuriau, juive selon la presse hitlérienne

J’aurais pu écrire : « selon la presse algérienne ». Mais finalement, quelle différence ? Comme nous avons déjà eu maintes fois l’occasion de le remarquer, la presse algérienne cultive le conspirationnisme antisémite, tout comme le faisaient Hitler et ses semblables.

En automne 2019 sur Facebook, un internaute apparemment prénommé Abdelaziz a affirmé que la femme de Jamel Debbouze était juive. Sur le site internet info-israel.news, à propos de la presse algérienne, on peut lire : « Pour rappel, sa femme Mélissa Theuriau étant juive, son mari Jamel se serait converti au judaïsme. D’où viennent ces rumeurs ? À cause d’une simple kippa sur la tête de l’acteur lors d’une visite en Israël sur l’esplanade du Kotel. »

Vous dites ? Étant juive ?

Curieusement, il semble, à lire ce qui précède, que l’administrateur du site info-israel.news ait lui-même tenu pour acquise la judéité de Mélissa Theuriau. Ou alors, la formulation était maladroite.

Sur Google, en tête des recherches associées au nom Theuriau, nous avons « melissa theuriau origine » et « melissa theuriau israel ».

Or, dans Midi Libre, Jamel Debbouze se présente comme « Français, musulman, marié à une chrétienne » : « […] je suis père de deux enfants, marié à une chrétienne, journaliste […]. » On peut supposer, sans être trop téméraire, que Jamel Debbouze sait quelle est l’appartenance religieuse de la femme qu’il a épousée.

Nous avons aussi la version de l’intéressée : « De mon côté, venant d’une famille française qui, même si elle ne pratique pas, est chrétienne, je redoutais un peu que les siens ne veuillent me changer, voire me convertir. » (Elle). On peut supposer, sans être trop téméraire, que Mélissa Theuriau sait quelle est l’appartenance religieuse de sa propre famille.

La presse française nous donne également des indications à propos de leur mariage : « L’humoriste […] et la journaliste de M6 […] avaient choisi de se marier devant " Dieu et Allah ". Le mariage catholique a été célébré dans l’une des salles de l’abbatiale » (La Dépêche). Leur mariage a également été célébré par un imam à Marrakech (ibid.).

Selon le site filae.com, le patronyme Theuriau, variante de Thierry, serait un « nom de personne d’origine germanique », à l’origine « theoderic, composé de theod = peuple et ric = puissant ». D’autres détails nous sont proposés sur le blog etymo-logique.com. Les variantes sont nombreuses : Teuriot, Teurriot, Theuriaut, Theuriaux, Theurion, Theuriot, Thouriot, Thuriot, Touriot... Les prénoms les plus populaires chez les Theuriau sont Marie, Jean, Jeanne, Pierre, François, etc. (geneanet.org).

mardi 19 novembre 2019

On aura beau se leurrer sur Bolloré...

Le jour où j’avais vu le nom de Vincent Bolloré sur une prétendue liste de Juifs, laquelle était publiée sur la base des motivations que l’on devine, il m’avait paru évident qu’il s’agissait une fois de plus d’une absurdité, comme dans le cas de Pierre Bergé, de Martin Bouygues, de Geneviève de Fontenay ou d’Élisabeth Guigou, pour ne citer que quelques exemples.

Vincent Bolloré est issu d’une famille d'industriels bretons. Il est fils de Michel Bolloré et de Monique Follot, et ces deux patronymes ne suggèrent absolument pas une ascendance juive.

Bon, alors, Bolloré ?

Or, il s’avère que la grand-mère maternelle de Vincent Bolloré, l’épouse de son grand-père maternel Henri Émile Follot, s’appelait Nicole Goldschmidt, et qu’elle était juive.

Selon la loi juive, « est juif quiconque est né de mère juive ». Si l’on applique cette règle à la lettre, ou peut-être plus exactement à la manière d’une loi mathématique, alors la mère de Vincent Bolloré était juive, et par voie de conséquence, l’intéressé l’est aussi.

On connaît des exemples de personnes revendiquant leur identité juive après avoir appris que leur grand-mère maternelle était juive, alors même que leurs trois autres grands-parents ne l’étaient pas.

Il semble que Vincent Bolloré ait été très attaché à sa grand-mère maternelle. Cependant, outre le fait qu’il soit né de deux parents de confession catholique, il est lui-même devenu catholique pratiquant.

À Jean-Marie Lustiger, qui avait déclaré après sa nomination à l’archevêché de Paris qu’en devenant chrétien il avait assumé son judaïsme, le Grand rabbin de France de l’époque, René Samuel Sirat, avait répondu : « On ne peut pas être juif et chrétien en même temps. »

Comme je l’ai suggéré précédemment, notamment à propos de Mouammar Kadhafi, l
’identité juive n’est pas affaire de logique mathématique. Si la logique et le bon sens divergent, sans doute convient-il ici d’opter pour le bon sens. Et que dit le bon sens ? Qu’un homme qui est né de parents chrétiens, qui a trois grands-parents non juifs et qui est lui-même catholique pratiquant, n’est pas juif.


Sources : Entreprendre ; Wikipedia.