mardi 19 décembre 2017

Pierre Bergé aurait été un Juif de gauche... s'il avait été juif

Commentant un article de Guy Millière publié sur le site internet Dreuz et qui critiquait l’attitude des Juifs de gauche lors de la réélection du député Meyer Habib, un lecteur citait comme exemple de Juif de gauche Pierre Bergé.

On se demande bien ce qui a pu amener cette personne à penser que le célèbre homme d'affaires français était juif. À l’inverse, je n’ai aucune difficulté à rassembler des éléments indiquant qu’il ne l’était pas.

Pour commencer, Bergé n’est pas du tout un patronyme indiquant ou suggérant une origine juive.

Il y a aussi que l’intéressé avait arrêté ses études juste avant le baccalauréat, et qu’un homme né dans un hameau situé sur l'île d'Oléron a très peu de chances d’être juif, surtout si sa mère se prénommait Christiane et si ses ascendants, des deux côtés, vivaient dans le Poitou-Charentes depuis au moins deux générations.

Son père s’appelait Pierre Léon Bergé, et j’ai maintes fois affirmé dans mes articles que chez les Juifs, un enfant ne reçoit jamais (ou très très rarement) le prénom de son parent vivant (père ou mère).

Depuis cinq ans que ce blog existe, personne n’a su me porter la contradiction sur ce point en trouvant ne serait-ce qu’une ou deux exceptions. Il en existe, pourtant. Par exemple, le premier fils de Mayer Amschel Rothschild se prénommait Amschel Mayer, et le second prénom du père du physicien Robert Oppenheimer était… Robert : encore faut-il remarquer que dans les deux cas, le prénom usuel n'était pas le même chez le père et le fils.

Revenons à nous moutons, ou plus exactement, à nos Bergé. L’arbre généalogique de Pierre Bergé est en ligne. Aucun nom n'y indique une ascendance juive.

On peut constater, notamment, que sa grand-mère du côté de son père s’appelait Catherine Capelle et que la mère de cette dernière s’appelait Louise Fort, tandis que la mère de Pierre Bergé, Christiane Sicard, était née d’un monsieur Sicard et d’une madame Chapeau.


Sources : geneanet.org ; Wikipedia

dimanche 25 juin 2017

Bono, you too ?

Pourquoi diable certains ont-ils affirmé que Bono, le chanteur du groupe U2, était juif ? Serait-ce tout bêtement parce que son deuxième prénom est David ?

Ou bien, encore plus bêtement, parce que son nom de famille, Hewson, se termine en « -son » ? Allez savoir. On peut tout imaginer.

Tout ce que l’on sait de lui indique, au contraire, que nous avons affaire à un chrétien. Ainsi, par exemple, le chanteur de rock irlandais a été reçu plusieurs fois au Vatican et a rencontré les papes Jean-Paul II et Benoît XVI.

Parmi les titres de ses « tubes », on peut citer Do They Know it's Christmas, Miserere, et In the Name of the Father.

En revanche, on n’y trouve aucune référence à Hanoucca et aucun Ribono shel haolam...

Bono, de son vrai nom Paul David Hewson, est marié à Alison Stewart, qu’il a rencontrée à la Mount Temple Comprehensive School, un établissement confessionnel placé sous le patronage de l’archevêque de Dublin.

Surtout, Pau David Hewson était le second fils d’Iris Rankin Hewson, de confession anglicane, et de Brendan Robert Hewson, de confession catholique. Quand on lui demandait s’il se considérait comme catholique ou protestant, il répondait qu’il s’était toujours senti partagé entre ces deux appartenances.


Sources : Wikipedia en français, en espagnol, macphisto.net

vendredi 2 juin 2017

Donald Trump, juif par son gendre ?

Après avoir traité pas moins de cinq présidents américains (c’est dire à quel point certains peuvent délirer en attribuant une identité juive à telle ou telle personnalité), je n’avais pas imaginé devoir inclure le président Trump dans cette liste, mais il faut décidément s’attendre à tout.

Effectivement, sur Facebook, un intervenant, juif lui-même, a affirmé que Donald Trump était juif. Une autre participante, juive également, a renchéri en précisant qu’il était juif par sa mère, mais que son père ne l’était pas.

Photo : Gage Skidmore
Quelle information peut bien avoir été amplifiée et déformée jusqu’à cette absurdité ?

Sans doute, le fait qu’une de ses enfants, sa fille Ivanka, soit convertie au judaïsme et mariée à un Juif, Jared Kushner : « J’ai une fille juive, a déclaré Trump, et j’en suis très honoré. »

Par ailleurs, on sait que le nouveau président américain est nettement mieux disposé envers Israël que ses prédécesseurs.

Une des deux sœurs de Donald Trump s’appelle Maryanne alors que leur mère se prénommait Mary Anne ; et son frère aîné, qui n’est plus, se prénommait Fred, comme leur père. Ce sont là deux signes indiquant que nous avons vraisemblablement affaire à une famille chrétienne.

Surtout, comme on peut le lire dans l’article que lui consacre Wikipedia en langue anglaise, bien mieux documenté et nettement moins orienté idéologiquement que l’article en français, les ascendants de Donald Trump étaient tous protestants, aussi loin que l’on puisse remonter dans le temps.

Plus précisément, ils étaient luthériens du côté paternel et presbytériens du côté maternel. Les parents de Donald Trump se sont mariés dans une église presbytérienne, et lui-même a eu une éducation religieuse presbytérienne.


Sources : Wikipedia (en anglais).

vendredi 12 mai 2017

Zabou Breitman et l’antisémitisme

Le 27 février 2012, Isabelle Breitman, alias Zabou, montait à la radio avec Laurent Laffitte un sketch très douteux intitulé « La femme qui hésitait à s’installer en Israël ». Les deux comédiens y débitaient toute une série de stéréotypes négatifs sur Israël, et il était difficile de savoir s’ils étaient censés s’en moquer ou s’ils se complaisaient à les colporter.

Des imbéciles ont cru pouvoir s’autoriser du nom de l’actrice pour cracher tout leur fiel sur ceux qui avaient l’impudence d’émettre une critique.

Aussi inattendu que cela puisse paraître, la belle actrice brune, petite-fille de déporté juif, qui porte un nom typiquement ashkénaze et qui a joué dans « Cuisines et dépendances » avec Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, n’est pas juive.

Le magazine en ligne Femme actuelle a publié le 28 avril 2014 une interview de Zabou Breitman à propos du film 24 jours… dans lequel elle incarne la mère d’Ilan Halimi. En voici un extrait, concernant une accusation à tort dont elle avait été victime dans sa jeunesse à propos d’une histoire de photos non autorisées :

« Un jour, un homme m’a dit : « De toute façon, vous aimez l’argent, ça ne m’étonne pas. C’est quoi votre vrai nom, déjà ? » C’était en 1982, et cet homme était Jean-Marie Cavada. »

Maurice Barrès disait : « Que Dreyfus soit coupable, je le déduis de sa race. » Qu’Isabelle Breitman soit coupable, Jean-Marie Cavada le déduisait de son nom.

Continuons : « J’ai été stupéfaite et j’ai mis quinze ans avant de retrouver mon nom. Tous les jours, j’y pensais. Je me répétais qu’il fallait que je reprenne mon nom, par principe, même si je ne suis pas juive. Mon père est fils d’un père juif et d’une mère française du Mans, sans aucune origine juive. Ma mère est québécoise de confession catholique. »

Comme disait Shakespeare : « What’s in a name ? »

mardi 9 mai 2017

Brzezinski, pas plus juif que Rockefeller

Zbigniew Brzezinski fait partie, avec Henry Kissinger, David Rockefeller et Jimmy Carter dont il a été le conseiller, des fondateurs de la Commission Trilatérale, un organisme émanant du groupe de Bilderberg.

On peut soupçonner que l’influence de ces messieurs sur la marche du monde n’a pas toujours été très positive, mais pour un certain nombre de détraqués, Rockefeller et Brzezinski seraient juifs, et ceci est sans doute censé expliquer cela.

J’ai montré que contrairement à ces racontars grotesques, David Rockefeller n’était absolument pas juif, et que ses ascendants non plus, en remontant jusqu’au fondateur de la dynastie, ne l’avaient jamais été.

Il en est de même concernant Zbigniew Kazimierz Brzezinski, qui est issu d’une famille noble polonaise. Son père, Tadeusz Brzeziński, né à Zloczow, était diplomate. Il fut en poste en Allemagne de 1931 à 1935, puis en URSS, après quoi il fut consul général à Montréal et devint un membre éminent de la communauté polonaise de cette ville.

Il semble que Tadeusz Brzeziński ait participé à des tentatives de sauver des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, ce qui pourrait aussi alimenter la légende de la judéité de son fils.

Or, les funérailles de Tadeusz Brzeziński ont eu lieu en l’église Saint-Wojciech de Montréal. Par ailleurs, rien n’indique que son épouse, la mère de Zbigniew, aurait eu des origines juives.

L’hostilité croissante de Zbigniew Brzezinski envers Israël n’a rien de secret. Certes, il en est de même de certaines personnalités juives influentes, mais de là à exprimer des préoccupations particulières pour la Pologne et l’Ukraine, il y a un monde.

Surtout, on sait aussi que dans ses activités politiques, l’ancien conseiller de Carter s’est appuyé sur ses origines polonaises, mais tout autant sur sa foi catholique, pour établir des relations directes entre la Maison-Blanche et le Saint-Siège.


Sources : Wikipedia (angl.), apnewsarchive.com, John Bernell White Jr.

jeudi 4 mai 2017

Richard Bohringer, Juif improbable

Nous vivons une époque où, en France, il suffit d’être connu et de porter un nom à consonance germanique pour que des gens se mettent à affirmer que vous êtes juif. C’est le cas de Richard Bohringer, comme de nombreuses autres personnalités auxquelles ce blog est consacré. C’est tellement inepte que je ne sais s’il faut en rire ou en pleurer.

Il est vrai que Richard Bohringer a joué le rôle d'un Juif dans « La vérité si je mens », ce qui a pu également induire certaines personnes en erreur. Qu’il me suffise de faire remarquer que dans le même film, un autre Richard, Anconina, qui est juif, incarnait un personnage non juif.

Bohringer : nom allemand désignant sans doute celui qui est originaire de Böhringen, localité de Bade-Wurtemberg proche de Constance.

Richard Bohringer a arrêté sa scolarité en sixième. J’admets que cela ne suffise pas au lecteur pour conclure que le comédien n’a jamais été juif, et je l’invite donc à poursuivre sa lecture.

Quelles sont les origines de Richard Bohringer ? Tout le monde peut trouver la réponse sur Internet en moins de temps qu’il en faut pour le dire.

C’est l’histoire d’un officier de l’armée allemande qui participe à l’invasion de la France durant la Seconde Guerre mondiale.

Il y rencontre une jeune Française avec qui il a une relation. La jeune femme tombe enceinte de lui, et après avoir accouché elle abandonne son bébé à sa mère et le couple s’enfuit en Allemagne. Cela se passe en 1942.

Qui pourrait imaginer qu’un Juif allemand soit enrôlé dans l’armée d’Hitler et participe à l’entrée des troupes en France, pour ensuite « s’enfuir » en Allemagne ? Pour s’y enfuir ! En 1942 ?

Qui pourrait imaginer, à cette époque, une Juive française qui se serait liée à un soldat allemand et qui abandonnerait son bébé pour partir avec le père en Allemagne ? En 1942 ?

La photo ci-dessus est la sixième image que m’a proposé Google pour la requête constituée de ces quatre chiffres. Elle a été prise au Vélodrome d’Hiver, à Paris.

Un petit bonus pour terminer : le père de Richard Bohringer s’appelait Richard Bohringer, et le troisième enfant de Richard Bohringer s’appelle Richard Bohringer.


Sources : Wikipedia, geneanet.org, gala.fr, histoire-fr.com

vendredi 28 avril 2017

Le général Kœnig n’était pas dans l’alliance

Le général Pierre Kœnig a été le fondateur et l’administrateur d’un comité France-Israël, lequel a fusionné en 1986 avec l’association France-Israël, anciennement France-Palestine, pour donner l’association France-Israël – Alliance Général Kœnig.

Comme ce prestigieux militaire, qui avait été chargé de l’arrestation de Pétain, portait un nom à consonance germanique, et sachant qu’il existe des Juifs qui portent ce nom ou une de ses variantes, il n’est pas surprenant que certains se soient imaginé qu’il était juif lui-même.

Naturellement, il n’en est rien. Issu d’une famille d'origine alsacienne, Pierre Kœnig, dont l’état-civil complet est Marie Joseph Pierre François Kœnig, était le fils de Joseph Kœnig, facteur d’orgues, et d’Ernestine Mutin (voir, par exemple, Wikipedia).

À Caen, il avait étudié chez les frères du collège Saint Joseph avant d’entrer au lycée Malherbe, et il avait participé aux activités d’un patronage paroissial.

Comme je l’ai rappelé à propos de Maurice Ravel, la plupart des personnalités françaises qui avaient manifesté leur soutien à la renaissance de l’État juif sur sa terre n’étaient pas des Juifs.

On notera dans l’état-civil du héros de Bir-Hakeim le prénom Marie, suivi de Joseph. Je l’ai expliqué à propos d’Alain Juppé, il est impossible que des parents juifs donnent à un garçon un prénom féminin, a fortiori le prénom Marie qui, dans ce contexte, fait évidemment référence à la mère de Jésus-Christ.

En outre, ce prénom, Marie, figure aussi dans l’état-civil de la mère du général Kœnig, Ernestine Mutin, laquelle était une chrétienne très pieuse issue de deux parents chrétiens.

Enfin, on notera également, dans l’état-civil de Pierre Kœnig, la présence du prénom de son père. Une fois de plus, à propos des fils qui portent le même prénom que leurs pères, je renvoie le lecteur à mes articles précédents.

mercredi 15 mars 2017

Dans la série « ils sont juifs » : Ingmar Bergman

Dans un de ses films, L’Œuf du serpent, Ingmar Bergman met en scène un jeune Juif qui assiste à la nazification de l’Allemagne. Mais surtout, il semble que des gens peu soucieux de rigueur soient prompts à prêter une identité juive à quiconque porte un nom en « berg » ou en « man ». Il était donc inévitable que certains tiennent pour juif un cinéaste dont le nom est formé de ces deux syllabes.

Erik Bergman en chaire
(et en hausse)
Il existe effectivement des Juifs qui portent ce nom ou une de ses variantes. J’ai moi-même connu un Bergman brésilien d’origine juive polonaise (quoique plus marxiste que juif en matière de convictions).

Cependant, à l’instar des Michel, des Picard et des Simon, il s’en faut de beaucoup que tous les Bergman soient juifs.

Ernst Ingmar Bergman est né dans une famille de luthériens, ce qui est extrêmement banal, du moins pour l’instant encore, dans un pays comme la Suède.

La famille Bergman habitait même un presbytère, car le père d’Ingmar était pasteur. Il soumettait sa famille à une discipline très rigide et élevait ses enfants « dans la traque obsessionnelle du péché et du repentir » (Wikipedia).

Une partie de l’œuvre de Bergman est inspirée de ces souvenirs. Ainsi, dans son film Les Communiants (1962), le cinéaste règle ses comptes avec la religion en mettant en scène un pasteur qui perd la foi. Le personnage est inspiré de la figure de son père.

En 1934, dans le cadre d’un programme d’échange, le jeune Ingmar avait été envoyé en Allemagne. Sa famille d’accueil l’avait emmené assister à un discours d’Hitler, dans un stade de Weimar. Après son retour en Suède, l’idéologie nazie avait fait des adeptes dans sa propre famille, notamment son frère qui allait faire partie des fondateurs et des membres actifs du parti national-socialiste suédois.

mercredi 1 mars 2017

Assez loin des Lévi, Johann Strauss

Il aura suffi que le grand-père de Johann Strauss (premier du nom) soit juif pour que certains fassent cas des origines juives du compositeur de la Marche de Radetzsky, surnommé le Roi de la valse, et de son fils, Johann Strauss II, auteur du Beau Danube bleu et autres valses viennoises.

Immanquablement, l’information aura été amplifiée et déformée, si bien qu’on entend dire aujourd’hui que le fondateur de la dynastie était juif lui-même.

Johann Strauss I
Claude Lévi-Strauss, pourtant pas spécialement porté sur la fidélité à ses racines, revendiquait un lien de parenté avec cette famille de musiciens, du côté de son arrière-grand-père Isaac Strauss.

Le nom Strauss est porté par des Juifs comme par des non-juifs. Ainsi, l’inventeur du blue-jean, un monsieur Strauss dont le prénom était Lévi, était juif. Le philosophe Leo Strauss était juif lui aussi. En revanche, l’homme politique Franz-Josef Strauss n’était absolument pas juif, pas plus que le compositeur Richard Strauss qui, sous Hitler, avait été nommé à la tête du Reichsmusikkammer (mais dont le degré de compromission avec le nazisme semble très controversé).

Quant à Johann Strauss premier du nom, fondateur de la fameuse dynastie de musiciens viennois, il était le petit-fils d’un Juif converti. Un seul de ses grands-parents était juif de naissance, en l’occurrence, son grand-père paternel.

Dans la dynastie Strauss, nous avons ensuite son fils, Johann Strauss II, dont sept arrière-grands-parents sur huit n’étaient pas juifs, et il y a eu aussi un Johann Strauss III. Les Strauss avaient donc adopté cette coutume chrétienne, étrangère à la tradition juive et en opposition avec les principes fondamentaux du judaïsme, qui consiste à donner à un fils le prénom de son père (voir mes articles précédents, notamment sur Rockefeller, Chaplin, Ionesco, etc.)...


Sources : site internet de la BNF ; Lemaire (Frans C.), Le Destin juif et la musique (Fayard, 2001).

jeudi 9 février 2017

Sophie Marceau et son homonyme juif

La rumeur idiote de sa judéité, sans doute marginale mais néanmoins existante, peut avoir au moins deux sources : d’une part, Sophie Marceau a incarné une Juive dans le film Pour Sacha, d’Alexandre Arcady, en 1991. Une fois de plus, on aura stupidement envisagé un lien entre une actrice de cinéma et le personnage qu’elle interprète.

D’autre part, par un rapprochement facile mais infondé, on aura pu s’imaginer sérieusement que la belle Sophie était la fille du mime Marceau, tout en sachant que celui-ci, de son vrai nom Marcel Mangel, était issu d’une famille juive.

Marceau n’est qu’un nom de scène, dans le cas de Sophie comme dans le cas de Marcel, et surtout, il n’existe pas le moindre lien entre le mime et l’actrice.

Le vrai nom de Sophie Marceau est Sophie Maupu. Le réalisateur Claude Pinoteau ayant proposé à la jeune actrice de choisir comme pseudonyme le nom d’une avenue de Paris, celle-ci avait porté son choix sur l’avenue Marceau, tout simplement (Wikipedia).

Dans la généalogie de son père Benoît Maupu, chauffeur routier, on peut lire des noms comme Adam, Bouchardon, Gentil, Leroy et Moreau (geneanet.org). Maupu est un nom français, porté surtout dans la région du centre (départements 28, 41, 45), avec comme variantes possibles Maupou, Maupoux, Maupeou (geneastar.org).

La mère de Sophie Marceau s’appelle Simone Morisset, un nom de famille pas davantage susceptible d’être porté par des Juifs.

Sophie Marceau obtient le score 5/15 sur le site internet Jew Or Not Jew, soit 0/5 pour les origines, 1/5 pour la ressemblance, et 4/5 pour le « regret » qu’elle ne soit pas juive. En un mot, aucune origine juive connue ni un tant soit peu vraisemblable, ni du côté maternel, ni du côté paternel.

vendredi 3 février 2017

Maurice Jarre ne s’appelait pas Moshé

Suffirait-il que vous soyez un musicien célèbre prénommé Maurice pour qu’on suppose que vous êtes juif ? À ce propos, on pourra lire mon article sur Maurice Ravel. Ou bien, peut-être faudrait-il une condition supplémentaire, par exemple le fait que vous ayez fait carrière dans le cinéma ?

Un esprit sensé admettra qu’associer l’identité juive à une telle combinaison d’éléments est passablement hasardeux, pour ne pas dire stupide.

Maurice Jarre
Jean-Michel Jarre aussi passe pour juif aux yeux de certaines personnes, sans doute parce qu’il est un petit peu quand même le fils de son père.

Quoi qu’il en soit, il ne me semble pas utile de consacrer un article au père et un autre au fils. Comme j’avais traité en même temps le cas de Jean-Pierre Cassel et celui de Vincent Cassel, je consacre le présent article au père, et en même temps, au fils.

Le patronyme Jarre est un nom français et n’a rien de juif. Il est surtout porté en Savoie et dans la Nièvre (geneastar.org et geneanet.org).

Selon geneanet.org et selon Le Robert des noms propres, c’est sans doute un toponyme évoquant le chêne (prélatin garric), que l’on retrouve en Savoie dans le hameau du Jarre (La Léchère).

Maurice Jarre était le fils d’André Jarre et de Gabrielle Boullu (Wikipedia) : Boullu est un nom que l’on retrouve surtout du côté de l’Isère et du Rhône (geneanet.org).

Quant à la mère de Jean-Michel Jarre, France Pejot, elle était la fille de Joanni Pejot et de Marie Henriette Monnet. Pejot n’est pas plus juif que Peugeot, et aucun des autres noms que je viens de citer n’indique une ascendance juive.

samedi 28 janvier 2017

Marie-José Nat, juive dans des films

Nombreux ont été ceux qui, comme moi, après avoir vu le film Les Violons du bal (1973) de Michel Drach et les épisodes de la série télévisée Les Rosenberg ne doivent pas mourir (1975) de Stello Lorenzi, n’avaient pas imaginé que Marie-José(e) Nat, si émouvante à l’écran en mère juive aux abois, pouvait ne pas être juive.

Et pourtant...

© Francis Dussaussois/INA
En outre, on avait appris que cette actrice était l’épouse de Michel Drach. Une brune qui incarne une Juive à l’écran et qui est l’épouse d’un cinéaste Juif, pensez donc... Avec Michel Drach, Marie-José Nat a même eu trois enfants.

Et pourtant...

Avant d’épouser Michel Drach, Marie-José Nat avait été mariée un an avec un certain Roger Dumas, de confession catholique.

Par la suite, elle allait entretenir une liaison avec Victor Lanoux, de son vrai nom Victor Nataf, né d’un père juif tunisien et d’une mère catholique normande (Wikipedia), avant de devenir l’épouse de serge Rezvani, fils d’un Iranien non juif et d’une Juive russe (Wikipedia).

Et pourtant...

L’actrice brune n’a jamais été juive, comme le confirment un ensemble de faits relatifs à son enfance et à sa jeunesse, sur le blog Vivreaupresent.

Marie-José Nat, de son vrai nom Marie-Josée Benhalassa, est née à Bonifacio. Sa mère, qui était une bergère corse analphabète, n’était évidemment pas juive. Son père, un militaire algérien, était kabyle (Wikipedia). À l’école, elle avait été surnommée par ses camarades « la fille de l’Arabe ».

jeudi 26 janvier 2017

« Guy Millière, êtes-vous juif ? »

Sa passion pour Israël et pour le peuple juif est telle qu’on se demande parfois si son patronyme est un nom d’emprunt et s’il s’agit d’un Ashkénaze ou d’un Séfarade. Ni l’un ni l’autre, en réalité car Millière n’est pas juif. Il s’échine à le dire et à le redire [...] – Jean-Pierre Allali

Il s’échine à le dire et à le redire, comme je m’échine moi-même à expliquer que telle ou telle personnalité n’est pas juive... mais beaucoup de gens ne veulent croire que ce qu’ils ont envie de croire et sont imperméables à toute rationalité, surtout lorsqu’il est question des Juifs !

Sur le site du CRIF, Jean-Pierre Allali cite Guy Millière :

« Tu me demandes pourquoi, moi qui ne suis pas juif, je défends le pays juif [...] » (Guy Millière, Israël raconté à ma fille, Les Provinciales, 2016).

« Je ne suis pas juif, c’est vrai... il n’est nul besoin d’être juif pour défendre le pays juif. » (ibid.)

Je peux continuer à citer Guy Millière, à l’attention des lecteurs qui veulent bien garder un minimum de bon sens :

« Il m’est parfois demandé pourquoi je défends Israël alors que je ne suis pas juif. [...] Il m’est parfois demandé aussi pourquoi je combats l’antisémitisme alors que, n’étant pas juif, je ne suis pas directement concerné. » (Actualité chrétienne)

« Je me suis impliqué non pas parce que je suis juif (je ne le suis pas) ou parce que je suis citoyen israélien (je ne le suis pas non plus), mais en raison de valeurs éthiques et d’un attachement à certaines idées fondamentales. » (dreuz.info)

« Je ne suis pas juif, monsieur le Président. Mon adhésion à ce qui constitue les valeurs fondamentales du judaïsme pourrait me conduire à le devenir, mais je ne suis pas croyant et je ne veux surtout pas tricher. » (Lettre ouverte à Richard Prasquier)

« [...] le volumineux mais passionnant ouvrage d’un auteur qui, comme moi, n’est pas juif [...] » (dreuz.info)

« Au nom de quoi devrais-je, ou dois-je, affirmer et clamer que je ne suis pas juif... Au nom du fait qu’être juif, ce serait salissant ? » (Houdna, Underbahn, 2007)

« Je ne suis pas juif, mais je sais que je n’admettrai jamais que les Juifs vivent à genoux [...] » (jssnews.com)

« L’une des questions[,] qui m’a été, une fois de plus, souvent posée lors de mon récent séjour en Israël, était celle-ci : êtes-vous juif ? J’ai dû répondre une fois encore que non, je ne suis pas juif. Je ne suis pas même chrétien. Je me définis comme agnostique. » (danilette.com)


(voir aussi mon article sur Michel Garroté)

mardi 24 janvier 2017

Rachida Dati, sur les listes de « Juifs » des malades mentaux

Rachida Dati est la fille d’un père marocain, M’Barek Dati, maçon de son état, et d’une mère algérienne, Fatima Zohra. Elle est la deuxième d’une famille de onze enfants.

Dans un entretien avec le journaliste Claude Askolovitch, publié sous forme de livre (Je vous fais juges, Grasset, 2007), celui-ci lui demande si « le fait d’être d’ailleurs » a compté dans son enfance, ce à quoi elle répond : « Je ne viens pas d’ailleurs. Je suis née à Saint-Rémy, [en] Saône-et-Loire ». Est-ce que Claude Askolovitch, bien qu’il soit né en France comme son père et probablement sa mère, considère qu’il est « d’ailleurs » ?

© Photo : Simon Kirby
Ni son prénom ni ceux de ses parents, ni tout ce que l’on sait d’elle, ne laissent imaginer une appartenance au peuple juif. Interrogée sur la « question beur », Rachida Dati répond : « Elle ne m’a pas construite. » (ibid., p. 62)

Si Rachida Dati avait été juive, les commentateurs n’auraient pas insisté comme ils l’ont fait tant et plus sur ses « origines maghrébines ». Ils n’auraient même jamais employé ce terme. Qui a entendu parler des « origines maghrébines » de Jacques Attali, de Ruth Elkrief, de Michel Boujenah ou de Patrick Bruel ?

À en croire Wikipedia, Rachida Dati serait de confession musulmane mais elle irait tous les dimanches à la messe. Sur les réseaux sociaux, elle a accolé à son nom le signe arabe de solidarité avec les chrétiens d’Irak. Quoi qu’il en soit, supposer qu’elle puisse être juive est parfaitement absurde.

Cependant, il n’est pas vraiment surprenant de constater qu’un de ces blogs tenus par des Algériens adeptes de la théorie du complot juif fait figurer l’ancienne ministre française sur une prétendue liste de personnalités juives aux côtés d’un certain nombre de ses collègues qui ne sont pas plus juifs qu’elle, comme par exemple Michèle Alliot-Marie, Alain Juppé ou Manuel Valls, pour ne pas parler de François Hollande et de Nicolas Sarkozy.

vendredi 20 janvier 2017

La judéité d’E.T.A. Hoffmann n’est qu’un conte

Un homme aux talents multiples, doué pour l’écriture comme pour la musique et le dessin, portant un nom en « -mann », prénommé Theodor (comme Herzl et Adorno) et dont Offenbach allait faire le personnage principal d’un fameux opéra : que fallait-il de plus pour que l’on raconte qu’il était juif ?

Ernst Theodor Wilhelm Hoffmann, dit Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, est né dans une famille de pasteurs luthériens et d’hommes de loi « appartenant à l’ancienne bourgeoisie de robe » (Wikipedia). Son père, Christoph Ludwig Hoffmann, était pasteur et avocat à Königsberg. Celui-ci épousa sa cousine, Louise Albertine Doerffer, avec laquelle il eut trois fils : Johann Ludwig, Carl Wilhelm Philipp et celui qui nous intéresse ici, Ernst Theodor Wilhelm.

Photo : Wikimedia
Où le jeune Ernst Theodor pouvait-il faire ses études, sinon dans une école luthérienne ? C’est cependant dans une église catholique qu’il s’unit à la fille d’un fonctionnaire polonais, Maria Thekla Michalina Rorer-Trzynska, rencontrée à Posen.

Il appela sa fille Cécile en référence à la patronne des musiciens, sainte Cécile, la fit baptiser et composa une messe en son honneur. Par la suite, il composa six cantiques dédiés à la Vierge Marie. Dans le même registre, on mentionnera aussi La Croix sur la Baltique.

Jusqu’ici, aucun lien particulier avec les Juifs, mais en voici un : le lien d’amitié qu’il eut à Varsovie avec un jeune collègue juif, Julius Eduard Hitzig. Celui-ci, installé à Varsovie depuis cinq ans et membre d’un groupe littéraire berlinois, allait devenir son biographe.

E. T. A. Hoffmann est inhumé dans le « cimetière III de Jérusalem et de la nouvelle paroisse » (Friedhof III der Jerusalems-und Neuen Kirchengemeinde) d’une congrégation évangélique, du côté de la porte de Halle (Friedhöfe vor dem Halleschen Tor) à Kreuzberg.

mardi 17 janvier 2017

Bérégovoy, oy, oï vaï !

Nous étions tous restés avec notre grand-mère à La Vaupalière à l’exception de Pierre, l’aîné, qui les a aidés pendant un an comme garçon de ferme. Il disait que le plus dur, c’était de s’occuper des cochons. – Michel Bérégovoy (Jacques Follorou, Bérégovoy – le dernier secret, Fayard, 2008)

La rumeur attribuant une identité juive à l’ancien Premier ministre Pierre Bérégovoy, qui circule chez les « conspis », et peut-être ailleurs aussi, est sans doute liée à son patronyme à consonance étrangère. Vraiment, il en faut peu...

Pierre Bérégovoy était le fils d’Adrian Bérégovoy, un Ukrainien immigré, né à Izioum dans la région de Kharkiv, dont les parents étaient des petits paysans, et d’Irène Baudelin, épouse Bérégovoy. Bérégovoy signifie en ukrainien « l’homme de la berge » : un nom prédestiné ?

Un site internet consacré aux noms de famille précise que « Baudelin est un nom de famille dérivé de l’ancien français et occitan baud qui signifie joyeux, hardi, surnom d’homme courageux ou enjoué. »

Capitaine de l’armée du Tzar et menchevik, chassé par les bolchéviques, Adrian Bérégovoy avait fui la révolution russe. Installé en France, il tenait un « café-épicerie ».

En butte à des difficultés, la mère de Pierre Bérégovoy, lorsque celui-ci était âgé de cinq ans, avait envoyé ses enfants chez sa mère à La Vaupalière, « comme cela se fait souvent à la campagne ».

En 1941, Pierre Bérégovoy, âgé de seize ans, avait travaillé pendant neuf mois à l’usine de tissage Fraenckel-Herzog en tant que fraiseur. Certes, les Herzog étaient juifs, et il y a des chances pour que les Fraenckel l’aient été aussi, mais de là à ce que les ouvriers de l’usine aient été juifs également, il y a un monde.

Plus déterminant, pour ce qui nous occupe, Pierre Bérégovoy était entré à la SNCF sur concours en 1942, ce qui n’aurait bien évidement pas été possible pour un Juif à cette époque, compte tenu du « Statut des Juifs » institué par Pétain et de la traque dont les Juifs faisaient l’objet à ce moment là.

Après la guerre, en 1948, Pierre Bérégovoy épousa Gilberte Bonnet, qui comme son nom l’indique, n’était pas plus juive que lui.


Sources : Wikipedia, filae.com, Karine Hamedi (Scandale et suicide politiques, L’Harmattan, 1999), Jacques Follorou, ibid.

vendredi 13 janvier 2017

Ionesco sur une liste de Juifs ?

Le nom d’Eugène Ionesco apparaît sur une liste de Juifs publiée sur Internet, allez savoir pourquoi. Comme je l’ai déjà fait remarquer, la cohérence et le bon sens ne sont généralement pas ce qui distingue les personnes qui dressent ce genre de liste.

Eugen Ionescu, dit Eugène Ionesco, portait le même prénom que son père, Eugen Ionescu. Depuis longtemps, je ne compte plus le nombre d’articles dans lesquels j’ai rappelé (notamment à propos de Charlie Chaplin, d’Isaac Newton, de Vladimir Poutine, de Theodore Roosevelt et de la famille Rockefeller) qu’un père et un fils portant le même prénom, cela n’existe pas chez les Juifs (sauf peut-être quelques cas aux États-Unis).

En outre, on sait que lorsque la Roumanie fasciste s’allia avec l’Allemagne nazie, Ionesco fit jouer ses amitiés et obtint un poste d’attaché de presse à l’ambassade de Roumanie à Vichy. C’est ainsi qu’il retourna en France en mai 1942, où il s’installa définitivement avec son épouse. Leur unique enfant, une fille, née à Vichy sous Pétain, fut prénommée Marie-France.

Il est vraiment très difficile de s’imaginer qu’un Juif aurait pu faire carrière dans une ambassade de Roumanie en ce temps là, et de surcroît, à Vichy en 1942.

Par ailleurs, Ionescu est un patronyme roumain typique qui fait référence au prénom Ion (Jean), de la même manière qu’Antonescu fait référence à Anton (Antoine), Nicolescu à Nicolae (Nicolas) et Petrescu à Petru (Pierre).

Eugène Ionescu père, un Roumain de confession chrétienne orthodoxe, avait adhéré au nazisme. Quant à la mère d’Ionesco, Marie-Thérèse Ipcar, il semblerait qu’elle et sa mère aient entretenu à un moment donné des liens étroits avec une certaine famille Abramovici, mais il en faudrait peut-être davantage pour pouvoir envisager la possibilité que soit juive une Marie-Thérèse, fille d’un chrétien luthérien et épouse d’un chrétien devenu nazi.

Enfin, la sépulture d’Eugène Ionesco, au cimetière du Montparnasse, à Paris, est typiquement chrétienne.


Sources : Wikipedia, kronobase.org), André Le Gall (Ionesco, Flammarion, 2009)

jeudi 5 janvier 2017

Le Colonel Fabien, communiste mais pas juif

Dans la série « lui aussi était juif », voici le Colonel Fabien, de son vrai nom Pierre Georges. Sa judéité est une fable dont m’avait gratifié un camarade d’études (voir mon article sur Haussmann). Il est vrai que cet activiste communiste avait fréquenté un milieu juif. Il avait même aidé des jeunes Juifs en situation irrégulière à échapper aux rafles. C’était au milieu des années trente : il y avait déjà des rafles et des camps de déportation en France, avant même que le premier soldat d’Hitler n’y ait mis un pied.

Cela se passait à « Belleville, quartier populaire où se mêl[ai]ent aux ouvriers et artisans français de nombreux immigrés venus d’Europe centrale, juifs pour la plupart » (Monique Georges, Le Colonel Fabien était mon père, Fayard, 2009). La fille du Colonel Fabien raconte aussi que son père avait milité « à l’Arbeiterjugendclub (AJC), club de la jeunesse ouvrière juive de Belleville. Les jeunes immigrés juifs étaient nombreux dans le quartier [...] » (ibid.)

Les jeunes Juifs communistes de l’époque étaient presque toujours d’origine étrangère, et plus précisément, originaires d’Europe centrale et de l’Est. Ce qui revient à dire que si un militant communiste, en France, n’était pas originaire de ces régions de l’Europe, il y avait assez peu de chances qu’il soit juif (et inversement, un Juif d’origine alsacienne, lorraine ou méridionale avait relativement peu de chances d’être un militant communiste).

Pierre Georges n’était pas d’origine étrangère. Il était le fils de Félix Georges et de Blanche Gaillourdet, et sa famille était originaire de Rochefort (Charente-Maritime). Son père était ouvrier boulanger à Villeneuve-Saint-Georges. Sa mère était vendeuse dans une boulangerie.

Pierre Georges avait commencé à travailler très jeune, comme apprenti boulanger, après quoi il avait été poseur de rivets aux chantiers de la Seine à Villeneuve-le-Roi, puis sur les chantiers de chemin de fer, et enfin, ajusteur. Il avait adhéré au Parti communiste à l'âge de quatorze ans et s’était engagé dans les Brigades internationales à dix-sept ans (Wikipedia).

Les conditions de vie de la famille Georges étaient les conditions habituelles des familles ouvrières : métiers de boulanger et d’ouvrier agricole, scolarité en pension, certificat d’études, etc. Enfin, à propos de Pierre Georges, Gilles Perrault évoque « la gaieté rigolarde du titi parisien ». Tout cela va dans le même sens : le Colonel Fabien avait tout du militant communiste, mais rien du Juif communiste.

Ni Georges, ni Gaillourdet ne sont des patronymes « à consonance juive ». Coudrier, le nom de l’épouse de Pierre Georges, ne l’est pas davantage. Andrée Coudrier n’était pas plus juive que son mari : ce qui ne l’a pas empêchée d’être déportée à Ravensbrück, en tant que résistante.

lundi 2 janvier 2017

Danièle Évenou, shalom...

Hevenou shalom aleic’hem… comment le nom de Danièle Évenou pourrait-il ne pas faire penser immédiatement à ce célèbre chant hébreu ? Sachant que certains ont cru que Danièle Évenou était juive, on peut s’imaginer que le malentendu est lié à cet inévitable rapprochement phonétique.

Danielle Anne Marie Evennou, dite Danièle Évenou, est née en Tunisie. Cependant, son père et sa mère étaient tous deux bretons (Wikipedia).

Effectivement, la répartition des Evennou (geneanet.org et filae.com) montre, sans l’ombre d’un doute, qu’il s’agit d’un patronyme breton :

« Nom de personne breton (voir Evain) surtout porté dans les Côtes-d’Armor et le Morbihan. Diminutifs et autres dérivés : Evenard, Evenas (56), Evenat (29), Evenno, Eveno, Evenot (56), Evenou, Evennou (22, 29). » (geneanet.org)

La même source indique encore d’autres variantes de ce patronyme, toutes aussi peu susceptibles d’être des noms portés par des Juifs : Evennot, Evennau, Yvenou, L’Evenou, Nevenou, Ybinou, Kerevenou (ibid.).

Certes, le malentendu en question pourrait aussi être lié à la judéité prêtée à Jacques Martin, dont Danièle Évenou a été pendant un moment la compagne. Or, outre que Jacques Martin n’était pas juif du tout, les autres conjoints successifs de Danièle Évenou ne l’étaient pas davantage : ni Jacques Brel, ni François Nocher, ni Georges Fillioud, ni Jean-Pierre Baiesi.

Enfin, les deux fils que Danièle Évenou a eus avec Jacques Martin s’appellent Frédéric et Jean-Baptiste. Si quelqu’un connaît des Juifs qui ont nommé un de leurs fils Jean-Baptiste, qu’il me contacte, je viendrai prendre des photos.