jeudi 22 décembre 2016

Bedos, Israël et les Juifs

Une rumeur tenace prête à Guy Bedos des origines juives, et le bruit court, également, que sa mère aurait été juive. Certes, l’intéressé éprouve régulièrement le besoin de parler des Juifs sur la place publique avec une familiarité quelque peu ambiguë, et il croit devoir tout aussi souvent dénigrer l’État d’Israël, sa population juive et ses dirigeants. Visiblement, quelque chose le démange de ce côté là.

Le pied-noir d’Algérie qu’il est déclare se sentir « tout de même plus proche d’Albert Camus que dEnrico Macias ». Surtout, il se vante d’avoir dit sur scène « je ne confondrai jamais Ariel Sharon et Bibi Netanyahu avec Anne Frank et Primo Levi » et il demande : « suis-je pour autant un néonazi qui s’ignore ? » (rue89.nouvelobs.com).

Pour moy n'est de bon Bedos
que Dom Bedos de Celles

Un néonazi qui s’ignore, peut-être pas, mais un antisémite qui s’ignore, sûrement. Sinon, pourquoi ce rapprochement intempestif entre les victimes de la Shoah et les dirigeants israéliens ? Par ailleurs, même un Juif extrêmement hostile à la religion de ses pères, au sionisme et à Israël (même un Juif antisémite) n’aurait jamais tenu ces propos, sachant qu’il se serait d’abord vu lui-même dans la peau du « bon » Juif (non pas tant le Juif-victime que le Juif critique, humaniste) à opposer au « mauvais » Juif (le dirigeant israélien « de droite », ou plus généralement le Juif sioniste).

En effet, Guy Bedos n’est pas juif du tout. Il est le fils d’Alfred Bedos et d’Hildeberte Verdier, des pieds-noirs d’Algérie d’origine espagnole (Bedos) et française (Verdier). Il a été mis en pension vers l’âge de sept ans, puis scolarisé à treize ans au lycée catholique de Bône (aujourd’hui Annaba) (Wikipedia).

Son animosité particulière vis-à-vis des « dirigeants israéliens » se comprend mieux quand on sait quelle avait été la première réaction de sa mère à la vue du bébé qu’il était : « Oh, qu’il est vilain, on dirait un petit Juif ! » (VSD) Le journaliste qui relate cela ajoute : « Légèrement antisémite, la maman lui racontera cette anecdote des dizaines de fois durant son enfance. » Pour ce journaliste, cela s’appelle être « légèrement antisémite ». Mais surtout, cette ignominie a dû laisser de vilaines traces dans l’inconscient du garçon.

Dans son autobiographie Mémoires d’outre-mère, Guy Bedos évoque ses mauvais rapports avec sa mère et raconte que de son beau père, raciste et antisémite et de sa mère, maréchaliste, lui vient sa « conscience politique humaniste ».

Question religion, il évoque  le « Nouveau Testament » qui ne serait pour lui qu’un « vaudeville », avec « ce pauvre Joseph dans le rôle du cocu de service » (Libération) : sans doute se considère-t-il plutôt comme agnostique, mais ses références en matière de religion sont bien chrétiennes, s’il était encore besoin de le faire remarquer.

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