mercredi 12 novembre 2014

Atatürk, ou Ata... juif ?

Au XVIIe siècle en Turquie, après que le faux messie Sabbataï Tsevi se fût converti à l’islam pour avoir la vie sauve, certains de ses fidèles le suivirent. Ils formèrent une sorte de secte, les Dönme (ou Dunmeh).

Deux siècles plus tard, leurs descendants restaient souvent identifiés comme Dönme, ayant plus ou moins conservé certaines coutumes juives tout en étant musulmans, et il semble que certains d’entre eux aient pris part au mouvement nationaliste des Jeunes-Turcs (Wikipedia).

De là à prétendre que la majorité des Jeunes-Turcs étaient des Dönme, il y a un grand pas que les adeptes de la théorie du complot juif n’hésitent évidemment pas à franchir. Ensuite, il leur suffit d’affirmer que les Dönme, bien que musulmans depuis deux siècles et malgré les mélanges, étaient restés des Juifs, et le tour est joué : les Juifs deviennent ainsi les véritables responsables du génocide des Arméniens.

Dès lors, on ne s’étonnera pas que Mustafa Kemal Atatürk, lui aussi, soit désigné comme Dönme par les mêmes répugnants crétins.

La mère de Mustafa Kemal, Zübeyde Hanim, appartenait à une famille appelée Hacisofular, sachant que Haci, apparenté à l’arabe Hadj, désigne les musulmans ayant fait leur pèlerinage à la Mecque, et que Sofular signifie religieux, ou pratiquant. Musulmane très pieuse, elle tenait à ce que son fils étudie le Coran (Wikipedia).

Quand à son père, Ali Riza Efendi, qui descendait des nomades Kocacık, installés en Macédoine au cours des XIVe et XVe siècles, il provenait lui aussi d’une famille musulmane très attachée à la tradition islamique et à l’étude du Coran (Wikipedia).

Le réformateur de la Turquie s’est donc éloigné de la tradition familiale, au point de qualifier la religion musulmane de « théologie absurde d’un bédouin immoral » (sic) et de la stigmatiser comme « un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies » (re-sic). Voilà pourquoi les islamistes font de lui leur tête de Turc, si je puis dire, et inventent qu’il aurait eu des origines juives.

Il est évident que cette rumeur n’a aucun fondement. Des Juifs croient bon de la reprendre à leur compte : ils feraient mieux de lancer sur leur moteur de recherche une simple requête qui leur permettrait de cerner rapidement le sinistre profil et les motivations peu louables de ceux qui se plaisent à la colporter.

11 commentaires:

  1. Ben tiens, commentaire non publié. Ca n'arrange pas trop les preuves qui mettent à néant votre article?

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    1. Je ne publie pas les commentaires qui contiennent des liens vers des sites antisémites conspirationnistes en guise de "preuves".

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    2. ça fait du bien de lire ça. Le concept de "preuve" est souvent par trop dévoyé. Une preuve, ce n'est pas un "on dit" ou "Machin prétend que..."
      Bravo.

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  2. Quelle blague, pourtant mes preuves ne sont que la traduction d'un article de presse écrit par un journaliste juif qui commente une autobiographie d'un journaliste juif et le tout qui apparait dans un journal américain juif, pour enfin dire qu'ataturk a des origines juives. Ou est l'antisémitisme dans tout ça? Ou alors est ce encore de la paranoïa à l'image de la Licra ou du Crif qui saute sur tout ce qui bouge?

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    1. Il existe des journaux juifs et des journalistes juifs qui racontent n'importe quoi, et il existe même des auteurs juifs qui inventent des choses dans leur autobiographie. Mais surtout, le site internet auquel vous faites référence est un site antisémite conspirationniste. D'ailleurs c'est votre propre site, donc c'est vous qui êtes un antisémite conspirationniste : cela me suffit pour considérer que vos prétendues "preuves" n'ont aucune valeur.

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  3. On dit qu'ataturk récitait le shema...

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    1. On dit... beaucoup de bêtises. Mon propos est justement de réfuter des "on-dit".

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    2. J'attends votre réponse aux six ou sept sites qui ne pensent pas comme vous sur les donmeh

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    3. Il pourrait y avoir six ou sept cents sites qui disent le contraire, ils n'auraient pas raison pour autant. Concernant Atatürk et les Dönme, j'ai été assez clair dans mon article, je n'ai rien à ajouter. Libre à vous de choisir vos propres références comme vous l'entendez et de vous faire votre propre idée.

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  4. Vous auriez donc raison contre six ou sept cents sites
    Ca me suffit
    So long

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    1. C'est ça, allez donc voir ailleurs si j'y suis.

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