dimanche 23 août 2026

John Steinbeck a mis le ton

Vers 1940, l’écrivain américain John Steinbeck recevait de nombreuses lettres colportant des rumeurs selon lesquelles il serait juif et son ouvrage Les Raisins de la colère constituerait une « propagande juive ».

Il répondit à un certain Birkhead, directeur d’une organisation nommée Friends of Democracy, qui lui demandait une « clarification » :

« [...] Je suis attristé par une époque où il faut connaître la race d’un homme avant de pouvoir approuver ou désapprouver son œuvre. Peu m’importe d’être juif ou non, et je sais qu’une déclaration de ma part serait inutile si un critique malintentionné tenait à défendre une thèse préconçue. [...] Il se trouve que je ne suis pas juif et que je n’ai pas de sang juif, mais c’est un pur hasard. Je ne tire aucune fierté de cet état de fait. »

Les Raisins et les raisons.

« [...] Ceux qui, pour une raison ou une autre, veulent croire que je suis juif continueront de le croire, tandis que les hommes de bonne volonté et dotés de discernement n’y accorderont aucune importance, dans un sens comme dans l’autre. »

« [...] Je peux prouver ces choses, bien sûr – mais le jour où je devrai le faire, la démocratie américaine aura disparu. »

Ces rumeurs stupides étaient-elles inspirées par la présence du vocable stein dans son patronyme ? Qui sait ?

John Steinbeck avait des ancêtres allemands, anglais et irlandais. Son grand-père paternel s’appelait Johann Adolf Großsteinbeck, soit Grosssteinbeck dans la graphie anglaise ou française et pour éviter ces trois S, il avait fait supprimer la première syllabe de son nom.

La mère de Steinbeck s’appelait Olive Hamilton. Elle était la fille de Samuel Hamilton et d’Elizabeth Fagen. Les Steinbeck étaient membres de l’Église épiscopalienne des États-Unis et l’écrivain, dont les œuvres sont souvent inspirées de la théologie anglicane, allait rester affilié à la paroisse épiscopalienne Saint-Paul.


Sources : Jew Or Not Jew ; Jewish Herald-Voice ; Wikipedia et sources afférentes ; Wikitree.

vendredi 7 août 2026

Robert Montagné, père de Gilbert

Le 11 juillet 2026, sur sa page Facebook intitulée Le saviez-vous ? Sur les personnalités juives, Jacques Levy nous présentait le chanteur Gilbert Montagné comme né d’un père juif ashkénaze et d’une mère non-juive :

« Par son père, Gilbert Montagné est d’origine juive ashkénaze. Bien qu’il ait toujours choisi de mettre sa carrière artistique au premier plan, il n’a jamais caché ses racines familiales. »

Un boniment dans l’autre sens !

Selon cette assertion, le chanteur ne serait pas juif au regard du judaïsme traditionnel. Ainsi donc, l’inénarrable Jacques Levy, qui habituellement a tendance à inventer une identité juive ou une origine juive du côté maternel chez une personnalité connue, fait pour une fois tout le contraire !

En effet, la réalité est que Gilbert Montagné est bel et bien juif par sa mère, Jeanne Kalfon, qui était la fille d’Aron Kalfon et Fortunée Seban. Les autres noms visibles dans sa généalogie sont Ghnassia et Samoun. La mère du chanteur était donc juive par ses deux parents et elle n’était pas ashkénaze. Elle était cent pour cent séfarade.

Dans le cas qui nous occupe, c’est Robert Montagné, le père de Gilbert, qui nous est présenté à tort comme juif.

Robert Joseph Montagné, un serrurier né à Saint-Léon dans l’Allier, était le fils de François Montagné et Claudine Charondière. Les noms qui apparaissent dans son arbre généalogique sont Montagnier, Potignat, Lustière, Rive, Charvin et Allaix côté paternel et Carrondière, Chassot, David, Paris, Segaud, Digoin et Nigay côté maternel.

À la lecture de ces noms, on voit bien que Robert Montagné, le père de Gilbert Montagné, n’avait aucune origine juive connue, ni ashkénaze ni séfarade.


Sources : Geneanet, sur Robert Montagné et sur Jeanne Kalfon ; Geneastar.