dimanche 26 juillet 2026

La mère de Christophe Lambert ne s’appelait pas Yvonne

Le 21 mars 2025, l’inénarrable Jacques Levy, auteur de la page Facebook intitulée Le saviez-vous ? Sur les personnalités juives, publiait ceci :

Lambert dans le film Sobibor

« Christophe Lambert, acteur franco-américain reconnu pour ses rôles emblématiques au cinéma, est né [...] dans une famille juive d’origine ashkénaze. Son père, Georges Lambert-Lamond, était diplomate français, et sa mère, Yvonne Lambert, était d’origine juive, issue d’une famille de la région d’Europe de l’Est ayant migré vers la France. Cette diversité culturelle a marqué l’identité de Christophe Lambert [...]. »

D’où sort donc ce nom d’Yvonne Lambert ? De l’imagination fertile de Jacques Levy, je présume.

En réalité, la mère de Christophe Lambert s’appelait Yolande de Caritat de Peruzzis. Issue d’une famille « d’origine noble » possédant des armoiries, elle était la fille de Guy de Caritat de Peruzzis et de Denise Vaes.

On ne sait pas grand-chose des origines de Denise Vaes, mais on sait que Vaes est un patronyme flamand et rien n’indique qu’il aurait été porté par des Juifs. Je mets au défi le lecteur de trouver une quelconque origine juive, ashkénaze ou non, de ce côté-là.


Sources : Filae ; Geneanet ; Le Quotidien global ; prenometnom.com ; Wikipedia, sur Christophe Lambert et sur le patronyme Vaes.

mardi 21 juillet 2026

Pierre Richard, Kippour et la Pâque juive

Le 19 juillet 2026, sur la page Facebook intitulée Le saviez-vous ? Sur les personnalités juives, c’était au tour de Pierre Richard, de son vrai nom Pierre-Richard Defays, de se voir attribuer « des origines juives » :

« [...] Peu de personnes savent que Pierre Richard possède des origines juives par sa mère, Madeleine Paque, issue d’une famille juive d’Europe centrale. Cette part de son histoire familiale est restée discrète tout au long de sa carrière. Sans jamais faire de ses origines un sujet médiatique, il appartient à ces nombreuses personnalités d’origine juive qui ont marqué la culture française par leur talent, leur créativité et leur humanité. [...] »

Paque ? Pâque ? Qué Paque ?

Comme d’habitude, nombreux ont été ceux qui ont pris la fable de Jacques Levy pour argent comptant, comme en témoignent certains commentaires :

« Encore un Juif planqué et foutu pour le Am Israël ! »

« J’ai toujours trouvé qu’il avait une tête avec des traits ashkénazes. Comme quoi j’avais vu juste. »

« Il possède dans ses yeux la beauté et la classe des Juifs d’Europe centrale. »

Plus surprenant, de la part d’une certaine Rébecca : « Je le voyais régulièrement à la synagogue des Tournelles pour Kippour. »

Où donc Jacques Levy a-t-il trouvé une Madeleine Paque ? La mère de Pierre Richard ne s’appelait pas Madeleine Paque, mais Madeleine Paolassini. Elle était la fille D’arginiro Paolassini et d’Eugénie Philippe, laquelle était la fille de Célestine Tocqueville et de Pierre Charles Philippe.

Célestine Tocqueville était la fille de Pierre Henri Tocqueville et de Clémence Billard. Pierre Charles Philippe était le fils de Charles Clément Philippe et Virginie Gratienne Leterc.

Où sont les noms qui pourraient suggérer une origine juive d’Europe centrale ?

En supposant que cette Rébecca ne soit pas une grande mythomane, est-ce vraiment Pierre Richard qu’elle voyait à la synagogue ? Ne serait-ce pas plutôt quelqu’un qui lui ressemblait ? Après tout, combien de coreligionnaires de Rébecca restent persuadées d’avoir vu Ève Ruggieri à la synagogue de la rue de la Victoire ?

Laissons donc le dernier mot à l’intéressé :

« [J]’allais retrouver mes copains à la Coupole : Jacques Sternberg, Roland Topor, Jean-Claude Grumberg... Tous les intellectuels juifs de Paris. Le seul à n’être ni intellectuel ni juif, c’était moi. » — Pierre Richard, interview dans Le Nouvel Obs publiée en ligne le 17 novembre 2013.


Sources : Geneastar ; Le Nouvel Obs.

dimanche 19 juillet 2026

Quand on se fait mener en bateau sur Naulleau

Le 13 janvier 2025, Jacques Levy, auteur de la page Facebook intitulée Le saviez-vous ? Sur les personnalités juives, écrivait à propos d’Éric Naulleau :

« [...] Ce que beaucoup ignorent, c’est qu’il possède des origines juives par sa mère. Dans le judaïsme, la transmission maternelle fait de lui un Juif [...]. »

On avait monté un bateau sur sa mère.

Curieusement, il arrive à Jacques Levy de consacrer plus d’une fois sa page Facebook à la même personnalité.

C’est ainsi que huit mois plus tard, le 17 septembre 2025, il nous livrait une nouvelle publication sur Éric Naulleau, en précisant cette fois que l’intéressé, fils d’un militaire français,

« [...] n’a pas d’ascendance juive connue, mais [...] s’est fréquemment exprimé sur l’antisémitisme et sur l’État d’Israël, deux thèmes sur lesquels il assume des positions claires et souvent tranchées. »

Cette note biographique plus récente me paraît plus vraisemblable que la précédente, surtout si l’on sait qu’en 2013, Éric Naulleau avait coécrit un ouvrage avec l’essayiste Alain Soral, cet antisémite fanatique qui se revendique lui-même « national-socialiste » (sic), en abrégé nazi. Au passage, le livre en question allait être retiré de la vente en 2016 par décision de justice.

Puisque Jacques Levy est lui-même revenu sur son assertion attribuant à Éric Naulleau une identité juive, je n’ai pas besoin de chercher plus avant.

mardi 14 juillet 2026

L’arbre que cache Laforêt

Le 14 août 2025, sur sa page Facebook intitulée Le saviez-vous ? Sur les personnalités juives, l’inénarrable Jacques Levy nous proposait une énième élucubration :

« Marie Laforêt, de son vrai nom Maïtena Marie Brigitte Doumenach, est née le 5 octobre 1939 à Soulac-sur-Mer, en Gironde. Son père, Jean Doumenach, était un industriel originaire du sud de la France... »

Maïtena ou jamais.

Jusqu’ici, pas de problème. Le bobard arrive ensuite :

« ...et sa mère, Marie-Louise Saint Guily, possédait des ascendances juives par sa famille maternelle, originaire d’Europe centrale. Cette double culture, catholique et juive, a marqué l’enfance de Marie, même si elle n’a jamais revendiqué publiquement une appartenance religieuse stricte. »

On serait bien en peine de trouver le moindre document écrit, imprimé ou audiovisuel confirmant cette prétendue double culture religieuse, et pour cause.

Marie-Louise Saint Guily était la fille d’Henri Saint Guily et Jeanne Doulan. Côté maternel, Jeanne Doulan était la fille de Jean-François Doulan et Marie Lagnet, celle-ci ayant eu pour parents Jean Lagnet et Catherine Behio qui était la fille du tisserand Louis Behio et de Marie Bedegain.

Bedegain est un nom basque et aucun des autres noms qui apparaissent sur cet arbre généalogique ne suggère la possibilité d’une origine juive ou d’Europe centrale.

Au moment où ces lignes sont écrites, notre sympathique recenseur de personnalités juives a déjà inventé une identité juive ou une ascendance juive directe à Jean-Pierre Chevènement, Christian Estrosi, Henri Guybet, Jean-Michel Jarre, Christophe Lambert, Raymond Legrand, Yves Montand, Éric Naulleau, Elvis Presley, Jean Reno, Pierre Richard, Sylvester Stallone et j’en passe.


Sources : Geneanet.

samedi 11 juillet 2026

Serkis, Andy et ce que l’on en dit

Le 13 avril 2025, l’auteur de la page Facebook intitulée Le saviez-vous ? Sur les personnalités juives, publiait ceci :

« Handy Sirkis [sic], né André Sirkis, est issu d’une famille juive ashkénaze profondément marquée par les bouleversements de l’histoire européenne. Ses parents, originaires d’Europe de l’Est, avaient fui les persécutions antisémites pour trouver refuge en France. Son père, Moshe Sirkis, était tailleur, tandis que sa mère, Rachel Finkelstein, travaillait comme couturière. [...]. »

Où est Moshé ? Où est Rachel ?

Mes recherches ont fait apparaître un certain nombre de femmes nommées Rachel Finkelstein, mais selon toute apparence, aucune d’entre elles n’est liée de près ou de loin à un quelconque Sirkis ou Serkis. J’ai trouvé un Moshe Sirkis, qui était juif mais dont la femme se prénommait Ida.

En revanche, il n’est apparu aucune mention d’un dénomme Handy ou André Sirkis, mais seulement des références à l’acteur, réalisateur et producteur Andy Serkis, dont les origines et les antécédents familiaux n’ont rien à voir avec ce qui précède. Je me suis alors demandé s’il s’agissait du même homme.

À lire la suite de cette biographie fantaisiste, il n’y avait plus aucun doute possible. Jacques Levy parlait bien d’Andy Serkis :

« [...] il a marqué sa carrière par des rôles notables dans des films tels que Les Passants [sic] de la Nuit, [L]e [S]eigneur des anneaux, [L]a [P]lanète des singes et Le Dernier [r]efuge. »

La réalité, la voici. Andy Serkis, de son vrai nom Andrew Clement Serkis, est né et a grandi en Angleterre. Son père se prénommait Clement George et était issu d’une famille arménienne d’Irak, Serkis étant à l’origine Sarkissian.

Quant à sa mère, elle s’appelait Lylie Alice Weech et était la fille de George Strudwick Weech, un Anglais et de Jeanne Weech, née Sayegh, d’origine irakienne. Les deux parents d’Andy Serkis étaient chrétiens et leur sépulture commune est clairement une sépulture chrétienne.


Sources : findagrave.Com ; Geni ; SciFiCons.com ; Wikipedia.

vendredi 10 juillet 2026

France Pejot, pas plus juive que Jean Reno

Le 13 février 2025, Jacques Levy, auteur de la page Facebook intitulée Le saviez-vous ? Sur les personnalités juives, nous parlait de Jean-Michel Jarre :

« [...] Ce qui est moins connu, c’est que Jean-Michel Jarre a des racines juives du côté de sa mère. Sa mère, France Pejot, était une résistante française d’origine juive [...]. Bien que Jarre n’ait pas été élevé dans une pratique religieuse active, ses origines juives du côté maternel ont contribué à son histoire familiale. [...] »

Résistons aux bobards,
sur Pejot comme sur Reno.


Ce qui est moins connu... d’autant moins connu que c’est purement imaginaire, comme trop souvent dans les écrits de ce monsieur qui, malgré lui, aura alimenté le présent blog à plusieurs reprises.

Par ailleurs, l’expression « élevé dans une pratique religieuse active » suggère qu’une personne pourrrait, a contrario, être « élevée dans une pratique religieuse passive » : bizarre...

J’avais déjà consacré un article aux Jarre père et fils, Maurice et Jean-Michel, mais je dois à présent examiner de plus près la généalogie de France Pejot, épouse du premier et mère du second.

Voici mes constatations :

France Pejot était la fille de Joanni Joseph Pejot et de Marie Henriette Monnet.

Côté paternel, Joanni Joseph Pejot était le fils de François Pejot, lui-même fils de Crépin Pejot et Claudine Girard, et de Marie-Zélie Guyot, elle-même fille de Charles François Guyot et Marie Virginie Lambert.

Côté maternel, Marie Henriette Monnet était la fille de Louis Monnet et Louise Rannier. Louis Monnet était le fils de Joseph Monnet et Marianne Bugnon.

À l’évidence, l’arbre généalogique de France Pejot ne laisse pas transparaître une quelconque « origine juive ».


Sources : Geneanet.

mercredi 8 juillet 2026

Monsieur Klein

Le 7 juillet 2026, en surfant sur Internet, je tombais sur une vidéo dans laquelle le physicien français Étienne Klein, pris pour cible par des représentants du parti de gauche La France insoumise qui le croyaient juif, déclarait :

Avoir l’un et résister à l'autre...

« Je m’appelle Klein. […] Je n’ai jamais eu d’ennuis avec ça. Mais depuis trois semaines, je reçois des dizaines, des centaines de messages antisémites. Donc je me dis qu’il y a un truc qui se passe. Et donc […] j’ai dû déclarer, publiquement, que je n’étais pas juif. Vous trouvez ça normal ? […]

Et puisque, même en étant non-juif, je reçois des attaques antisémites, ça me permet de deviner le taux d’attaques antisémites que reçoivent les Juifs.

Donc j’ai fait un message en trois points. Premièrement, vous vous trompez de cible. Deuxièmement, je suis pleinement solidaire des gens que vous attaquez. Trois : tant que vous attaquerez avec autant de zèle, comme vous le faites, les Juifs, je serai la superposition quantique d’un Juif et d’un non-juif. »

Étienne Klein est le deuxième enfant d’une famille catholique.

Le nom Klein est tout simplement un nom germanique courant qui signifie « petit » et qui est certes porté par des Juifs, mais également par des chrétiens d’origine alsacienne comme le sait pertinemment toute personne ayant vu le film Monsieur Klein (1976), de Joseph Losey avec Alain Delon dans le rôle-titre.


Sources : Libération (23/10/2016).

samedi 4 juillet 2026

Sur la prétendue judéité de Raymond Legrand

Le 28 juin 2026, on apprenait sur les réseaux sociaux (sur Facebook) que le père de Michel Legrand, Raymond Legrand, était « un chef d’orchestre issu d’une famille d’origine juive ashkénaze ».

C’était encore une ineptie de la part de l’auteur de la page intitulée Le saviez-vous ? Sur les personnalités juives.

En fait, en dehors du film Yentl avec Barbra Streisand, dont Michel Legrand a composé la musique, je ne vois pas bien où serait le lien avec le judaïsme.

Let us check Raymond.

Si l’on se penche sur les informations les plus facilement disponibles concernant le musicien Raymond Legrand, père du célèbre compositeur, on apprend qu’il avait succédé à Ray Ventura dans le Paris occupé.

Or, si Ray Ventura avait dû quitter Paris, c’était précisément parce qu’étant juif, il était en danger. Dans ces conditions, comment Raymond Legrand aurait-il pu lui succéder s’il avait été juif lui-même ?

Les parents de Raymond Legrand s’appelaient Noël Legrand et Aline Claire Marie Chatelin. Noël Legrand était le fils de Joseph Legrand et Ismérie Meurdesoif, laquelle était la fille de Benjamin Meurdesoif et Alexandrine Josse. Aline Claire Marie Chatelin était la fille de Joseph Pascal Chatelin et Marie Léonie Bathilde Ledoux.

Remontons encore dans l’arbre généalogique. Marie Léonie Bathilde Ledoux était la fille d’Octave Louis Ledoux et Marie Anastasie Léonie Martin. Octave Louis Ledoux était le fils de Louis Thomas Ledoux et Marie Félicie Caron.

On admettra qu’il n’y a rien de juif dans les noms qui précèdent, en conséquence de quoi la probabilité que Raymond Legrand ait été juif peut être considérée comme nulle.


Sources : Geneanet ; Geneastar.

lundi 1 juin 2026

Ben Affleck n’est pas Ben Afflelou !

En 2026, sur les réseaux sociaux, on a vu circuler des listes de noms de délinquants sexuels avérés ou présumés qui semblaient être tous juifs.

À ceux qui suggèrent que les abus sexuels seraient une spécialité juive, on peut rappeler que les enseignants de l’institut catholique de Bétharram et autres prêtres pédophiles n’étaient pas juifs. La majorité des personnes impliquées dans le scandale du périscolaire en France, au milieu des années 2020, non plus.

Dans quel camp est-il donc ?

On peut leur rappeler aussi d’autres cas comme l’abbé Pierre, Gérard Depardieu et Patrick Poivre d’Arvor, par exemple.

Le 24 mai 2026, un internaute qui était juif lui-même publiait sur Facebook une telle liste de Juifs célèbres accusés de délinquance sexuelle, mais pour dénoncer une campagne antisémite de la gauche et des médias.

Ce qui nous intéresse ici, c’est la présence de l’acteur américain Ben Affleck dans cette liste de noms.

Est-ce que certains croient que tous les acteurs de Hollywood sont juifs ? Ou plus probablement, qu’un acteur dont le prénom est Benjamin ne peut qu’être juif ? Ou bien, est-ce parce que dans la distinction qui a été faite entre les acteurs qui se positionnaient du côté d’Israël et ceux qui prenaient parti pour ses ennemis, certains ont cru pouvoir classer Ben Affleck dans la première catégorie ? Comme s’il était nécessaire d’être juif pour soutenir Israël...

Quelles sont les origines de Benjamin Géza Affleck-Boldt, dit Ben Affleck ?

Sa mère, Christine Ann Boldt, était d’ascendance irlandaise. Elle était la fille de William O’Brien Boldt et d’Elizabeth N. Roberts, elle-même fille de Lawrence Lester Roberts et de Margaret McLain, celle-ci étant la fille de Gordentia Waite McLain et d’Harriet M. Hattie Roberts. Gordentia Waite McLain était le fils de Robert Waite McLain et de Lucy Newton Alexander.

Son père, Timothy Byers Affleck, avait des ancêtres anglais, écossais, allemands et suisses. Il était le fils de Myron Hopkins Affleck et de Frances L. Perkins et dans son ascendance apparaissent du côté maternel des noms comme Cross, Bundy, Vinton, Hinckley, Burlingame et du côté paternel, Strong, Hoyt, Thorp et Hopkins.

Affleck est un nom écossais et les autres noms cités ne suggèrent pas davantage des origines juives. Benjamin Affleck n’est donc pas plus juif que Benjamin Biolay, Benjamin Britten, Benjamin Constant ou Benjamin Franklin.


Sources : Geneanet ; Geneastar ; Geni.com.

lundi 18 mai 2026

Au secours, Sissi est juif !

Pour discréditer le président égyptien, qui a mené le coup d’État contre son prédécesseur islamiste, les Frères musulmans propagent la rumeur de sa judaïté.Courrier international

C’est effectivement ainsi que l’on tente de discréditer une personnalité publique dans le monde musulman, comme je l’ai déjà rappelé à propos de Mahmoud Ahmadinejad, de Mouammar Kadhafi et de Boualem Sansal.

Juif, Sissi ? Non, non !

Nul ne saurait être surpris qu’une telle rumeur, à propos du maréchal Sissi, ait été propagée par les Frères musulmans, frustrés comme ils l’ont été de ne pas avoir pu profiter longtemps du cadeau que leur avait offert leur ami (et crypto-coreligionnaire) Barack Obama en les portant au pouvoir en Égypte.

Cette rumeur valait-elle la peine d’être réfutée ? Je le fais surtout par souci de cohérence, sachant que j’ai déjà traité des cas tout aussi absurdes comme ceux cités ci-dessus.

Abdel Fattah al-Sissi a la réputation d’être un musulman pieux qui « connaît le Coran par cœur et veille à parsemer ses discours de citations islamiques », toujours selon Courrier international.

Actuellement, en Égypte, les Juifs se comptent sur les doigts d’une seule main, autant dire que le pays est judenrein. On voit donc à quel point l’idée qu’un Juif puisse y devenir chef du renseignement militaire, puis accéder à la tête du pays, est grotesque et insensée.

vendredi 1 mai 2026

Dzerjinski, pas plus juif que Brzezinski

Le 30 avril 2026, un de mes amis, passionné d’Histoire, m’a affirmé que Félix Dzerjinski était juif. Qu’est-ce qui a bien pu lui inspirer cette méprise ?

Certes, plusieurs leaders de la révolution russe étaient juifs, comme Zinoviev et Kamenev et même des hommes responsables de meurtres de masse comme Trotski et Iadoga, mais j’ai montré que contrairement à certains racontars, ni Lénine ni Staline ne l’étaient.

Dzerjinscoe

Qu’en est-il de Dzerjinski ?

Certes, le fondateur de la Tchéka a entretenu une relation d’amitié avec Rosa Luxemburg et par ailleurs, il a lutté contre les pogroms antisémites. Aurait-il été un grand ami des Juifs ?

Si Dzerjinski avait été juif, aurait-il été considéré comme un héros national en Biélorussie, où son nom fut donné à une colline en 1958 et où son lieu de naissance, Oziembłowo, fut renommé Dzerjinovo ?

Il est permis d’en douter.

Si Dzerjinski avait été juif, y aurait-il eu en Pologne, au temps du communisme, autant de rues, de places, de parcs et d’écoles portant son nom et autant de statues à son effigie ?

En vérité, Dzerjinski était issu d’une famille de petits hobereaux polonais installée en Biélorussie. Fervent catholique, il avait même envisagé dans sa jeunesse de devenir prêtre.


Sources : Encyclopædia Universalis ; Wikipedia et sources afférentes.

jeudi 9 avril 2026

Quand Arnold Toynbee devient juif

Le 21 mars 2026, le site Web Miurne reproduisait un article de David Duquesne paru le même jour dans le journal en ligne Tribune Juive et intitulé : « Israël dernier rempart de l’Occident ? »

Comme on pouvait s’y attendre, des commentaires antisémites n’ont pas tardé à apparaître, à commencer par celui d’un individu signant sous le pseudonyme de « jeanlebon ».


Son second prénom : Joseph...

Celui-ci accusait les Juifs dans leur ensemble de détruire les nations, les traitant d’empoisonneurs et les rendant collectivement responsables du multiculturalisme et du « poison » islamique diffusé en France et ailleurs.

À l’appui de ce délire, il citait quelques exemples de personnalités juives ou censées l’être. On se doute qu’il ne s’agissait pas de Gilles William Goldnadel, ni d’Éric Zemmour, ni de Sarah Knafo, ni d’Olivier Benkemoun, ni d’Elisabeth Lévy, ni de Rachel Khan, mais plutôt de promoteurs de l’idéologie multiculturaliste comme George Soros et Jacques Attali.

C’est comme si j’affirmais que tous les oiseaux sont gris et que je citais le pigeon biset, le héron cendré, le gobemouche gris et le perroquet gris du Gabon, tout en ignorant délibérément le moineau, le canari, l’aigrette, l’ara, le lori, la grande perruche verte, le geai bleu, le cardinal rouge et le flamand rose.

En lisant ces lignes, on se doute également que parmi les personnalités censées être juives que nommait ce triste sire, une au moins ne l’était pas.

Il s’agissait d’Arnold Toynbee.

Cet historien britannique était le fils de Harry Valpy Toynbee, lui-même fils de Joseph Toynbee et d’Harriet Toynbee, née Holmes. La mère de Toynbee, Sarah Edith Toynbee, née Marshall, était la fille d’Edwin Marshall et de Sarah, née Line, celle-ci étant la fille de Charles Allen Line et de Mary, née Thornton.

Parmi tous les noms de famille qui précèdent, aucun ne suggère une origine juive. Concernant des prénoms comme Joseph et Sarah, tout le monde sait qu’ils ne sont plus depuis longtemps une exclusivité juive et c’est un sujet que j’ai déjà abondamment traité dans mes articles précédents.


Sources : geni.com ; Miurne ; Tribune Juive.

dimanche 1 février 2026

Enrico Fermi, de la ferme au labo

Dans son remarquable essai Affaires atomiques (Les Arènes, 2001), page 56, Dominique Lorentz cite le physicien Enrico Fermi parmi les « scientifiques juifs » auxquels le programme nucléaire américain devait sa réussite au milieu du XXe siècle.

Certes, la majorité des physiciens ayant mis au point l’arme atomique étaient juifs, mais ils ne l’étaient pas tous. Dominique Lorentz aurait-elle confondu Enrico Fermi avec Enrico Macias ? Ou avec Robert Enrico ?

Florence, basilique Santa Croce (© MR)

Enrico Fermi et son frère étaient les fils d’Alberto Maria Fermi et d’Ida Giuditta Maria de Gattis, elle-même née dans les Pouilles et fille de Giuseppe de Gattis et de Giuditta Sant’Ambrogio.

Peu après leur naissance, ils furent « envoyés chez une nourrice, dans un milieu rural ». Enrico ne retrouva ses parents qu’à l’âge de deux ans et demi. C’est ce que nous apprend Wikipedia, citant Dan Cooper (Enrico Fermi and the Revolutions of Modern Physics, Oxford University Press, 1999).

Cela se passait en Italie, longtemps avant la Seconde Guerre mondiale. Dans un tel contexte, pourrait-on réellement imaginer que des parents juifs se comportent ainsi avec leurs enfants en bas âge ?

Surtout, on sait que dans les années trente, le célèbre physicien allait émigrer aux États-Unis « pour échapper aux lois antijuives touchant sa femme », nous précise-t-on : ce qui indique clairement qu’Enrico Fermi lui-même, contrairement à son épouse, n’était pas juif.

Enfin, si Fermi est enterré au cimetière Oak Woods de Chicago, le fait qu’un tombeau lui soit consacré en la basilique Santa Croce de Florence est encore un élément de preuve de sa non-judéité.


Sources : Wikipedia ; Wikitree ; et sources afférentes.

vendredi 2 janvier 2026

Morgan de quoi ?

Le 27 décembre 2025, dans une publication à caractère complotiste sur Facebook, il était affirmé que Nikola Tesla avait inventé la transmission d’énergie électrique sans fil, mais que son projet avait avorté parce que le banquier J.P. Morgan lui avait coupé les crédits.

Dès qu’il est question d’un projet censé nuire à l’ensemble de l’humanité ou bien, ce qui revient au même, d’un projet censé profiter à toute l’humanité mais entravé par des intérêts antagonistes, et à plus forte raison si un banquier est impliqué, la théorie du complot juif n’est pas loin.

Ni Morgan ni Gorman...

Aussi, la question que je me suis posée a été de savoir combien de commentaires je devrais parcourir avant de tomber sur un délire antisémite, et cela n’a pas loupé :

« JP Morgan hl... encore des juifs qui freinent l’humanité cause argent et égoïsme »

Sic ! J’ignore ce que signifie « hl » mais peu importe. J’ai pu vérifier sur Google que des internautes cherchaient à savoir quelles étaient les origines de J.P. Morgan, sa religion ou sa « race ».

John Pierpont Morgan, fondateur de la banque portant son nom, était le fils de Junius Spencer Morgan et de Juliet Pierpont. Junius Spencer Morgan était le fils de Joseph Morgan et Sarah Spencer. Juliet Pierpont était la fille de John C. Pierpont et de Mary Sheldon Lord.

Quand on examine l’arbre généalogique du célèbre banquier, on ne peut que constater qu’aucun nom de suggère une origine juive, pas même Lyman.

La sépulture de J.P. Morgan s’orne de deux petites croix et surtout, on sait que le banquier de Wall Street était un épiscopalien fervent et un membre actif de l’église locale, et qu’il avait financé l’édification d’une cathédrale.


Sources : Find a Grave ; Geneanet ; Geneastar ; Philanthropy Roundtable.

dimanche 21 décembre 2025

Prêter des origines juives à Estrosi, est-ce trop, aussi ?

Nice a des racines profondément chrétiennes et j’ai renouvelé ce matin le vœu lors de la fête de l’église du vœu ! — Christian Estrosi sur Facebook, 18/05/2014.

Sur Facebook, le 21 décembre 2025, un internaute colportait une ineptie tirée d’une page intitulée Le saviez-vous ? Sur les personnalités juives.

Il y était affirmé que Christian Estrosi « est d’origine juive par sa mère, qui est née dans une famille juive d’Algérie » et que « ses origines juives ont également joué un rôle dans son identité personnelle ».

Christian generally means Christian...

Certes, ce maire de Nice s’est toujours montré solidaire d’Israël et a toujours dénoncé l’antisémitisme, mais il a dénoncé également la persécution des chrétiens en Algérie, par exemple. Un tel positionnement politique ne permet pas du tout de préjuger de l’origine ou de l’appartenance religieuse de l’intéressé.

Wikipedia, consulté le même jour, nous disait que Christian Estrosi est « le fils d’un couple d’Italiens originaires d’Umbertide en Ombrie ayant immigré à Nice vers 1939 ».

Or, la mère de Christian Estrosi s’appelait Marie-Thérèse Guilmont. D’après le site internet Filae, « Guilmont est un nom de famille, forme contractée de Guillaumont, dérivé de Guillaume, nom de baptême issu du vieux nom d’origine germanique Wilhelm, composé de wil qui signifie volonté et helm qui signifie casque, ancien surnom de guerrier. »

Les sites qui recensent les personnalités juives sans mauvaise pensée ne sont pas très fiables, mais Wikipedia non plus, s’il était encore besoin de le faire remarquer : en effet, avec un patronyme et un prénom typiquement français, la mère de Christian Estrosi, contrairement à son père, n’était sûrement pas italienne.

Enfin, on imagine difficilement des parents juifs appeler leur fille Marie-Thérèse.

Décidément, cette manie d’inventer des origines juives à des personnalités est tenace.


Sources : Filae ; Geneanet ; Wikipedia.

dimanche 23 novembre 2025

Sur Nietzsche, nitchevo !

En juin 2025, dans le contexte de l’opération militaire israélo-américaine contre les bases iraniennes, l’imam de Drancy, Hassen Chalgoumi, connu pour ses positions atypiques, publiait un texte apologétique du peuple juif dans lequel on pouvait lire ceci :

« C’est un peuple qui a offert au monde Einstein, Newton, Kafka, Karl Marx, Nietzsche, Spinoza, Freud… et tant d’autres esprits brillants qui ont marqué l’humanité. »

Philosémite ou antisémite ?

Si l’imam Chalgoumi a cru que Newton était juif, je suppose que c’est en raison de son prénom, Isaac. Concernant Nietzsche, en revanche, je reste perplexe.

Certes, le penseur aux petites oreilles et à la grosse moustache avait dénoncé l’antisémitisme, surtout à propos de Wagner. Dans ses derniers écrits, il déclarait pouvoir bien s’entendre avec les Juifs, mais pas avec les Allemands et de façon générale, sa vision des Juifs paraît nettement plus positive que celles de Hegel et de Schopenhauer, pour ne pas parler de Fichte, encore qu’elle continue de faire l’objet d’une importante controverse.

Dans son ouvrage Généalogie de la morale, Nietzsche livre une interprétation très douteuse de l’esprit juif en attribuant notamment au peuple juif une « haine rentrée de l’homme » et en rendant les Juifs responsables du christianisme qu’il attaque avec la férocité que l’on sait.

Quoi qu’il en soit, dans la vision des Juifs que Friedrich Nietzsche exprime au cours de son œuvre, tout indique que lui-même n’était pas juif du tout. Ajoutons qu’à la fin de sa carrière, il était persuadé d’être issu d’une famille de nobles polonais.

Surtout, on sait que son père et son grand-père étaient des pasteurs luthériens et que sa mère, Franziska Oehler, était, elle aussi, la fille d’un pasteur.


Sources : Nietzsche (Friedrich), Généalogie de la morale, L’Antéchrist, Ecce Homo ; Wikipedia.

jeudi 23 octobre 2025

Roschdy Zem est allé (en Israël), a vécu mais n’est pas devenu... juif

En 2009, le chroniqueur et notable juif Jean Corcos déclarait qu’un certain nombre d’internautes associaient le mot juif à deux personnalités de confession musulmane, Rachida Dati et Roschdy Zem (voir mon article sur Thierry Ardisson).

Concernant Roschdy Zem, qu’est-ce qui a pu motiver une telle méprise ? Sans doute le fait qu’il incarne un personnage juif, Yoram Harrari, dans le film franco-israélien Va, vis et deviens de Radu Mihaileanu.

Il n’a pourtant pas le type !

En effet, comme je l’ai mentionné maintes fois, dès qu’un acteur interprète un personnage juif, beaucoup de gens s’imaginent qu’il est juif lui-même.

Par ailleurs, je note que sur Google, au moment où ces lignes sont écrites, la saisie de « Roschdy Zem r » et de « Roschdy Zem i » fait apparaître respectivement « religion » et « Israël » en deuxième position, ce qui est assez suggestif.

Dans son film Mauvaise foi, dont beaucoup de gens ont vu la bande-annonce, le cinéaste et acteur met en scène une Juive qui présente un Arabe à ses parents. Dans ce film, il interprète l’Arabe. Au passage, Cécile de France, qui incarne la Juive en question, n’est pas juive et Jean-Pierre Cassel, qui joue le père de famille juif, non plus.

Roschdy Zamzem, de son vrai nom, est issu d’une famille amazighe franco-marocaine. Son père a été ouvrier sur des chantiers et sa mère, originaire du Maroc, a été femme de ménage. La famille Zamzem a vécu dans un bidonville et jusqu’à l’âge de six ans, Roschdy a été confié, par l’intermédiaire du Secours catholique, à une famille d’accueil belge et catholique.

Son prénom, Roshdy, lui a été donné en hommage à l’acteur égyptien Rouchdi Abaza et dans son film autobiographique Les Miens, le personnage principal s’appelle Ryad.


Sources : Jeune Afrique ; Wikipedia.

dimanche 5 octobre 2025

Quand une IA nous dit que Chirac était juif

Voici une question posée le 28 mars 2025 sur Google : « Quelles personnalités françaises sont juives ? »

Et voici la surprenante réponse affichée par le moteur de recherche :

• Serge Klarsfeld,
• Jacques Chirac,
• Daniel Cohn-Bendit,
• Jules Sitruk,
• Samuel Trigano.

Curieusement, cette énormité est reproduite texto sur un site Web destiné aux enseignants « et à leurs élèves ». Il est vrai que le niveau de l’enseignement en France, aujourd’hui, est tombé bien bas.

Deux bons amis des Juifs

Outre que « Samuel Trigano » désigne bien évidemment le sociologue et essayiste Shmuel Trigano, lequel a émigré en Israël au moment de sa retraite, on constate qu’en citant seulement cinq noms, l’IA trouve le moyen d’y inclure une personnalité qui n’a absolument rien de juif, en outre un ancien président de la République.

Le patronyme Chirac désigne une personne originaire de Chirac, nom de plusieurs localités : la commune de Chirac-Bellevue en Corrèze, l’ancienne commune de Chirac en Lozère, la commune de Chirac en Charente, ou un hameau de la commune de Chanteuges en Haute-Loire.

Jacques Chirac était le fils de François Chirac et de Marie-Louise Valette, l’un et l’autre issus de familles corréziennes. La mère de Marie-Louise Valette s’appelait Victorine Mouly et sa grand-mère maternelle Anne Lacour. Celle-ci était la fille de Pierre Lacour et de Marguerite Bessat, elle-même fille de Jeanne Laumont. Quant à François Chirac, son état-civil complet était Abel François Marie Chirac et j’ai déjà expliqué ce qu’il en était du prénom Marie dans l’état-civil d’un homme. Il était le fils de Louis Joseph Chirac et de Marie Christine Dumay.

Naturellement, outre Marie et Christine, aucun nom « à consonance juive » n’apparaît dans l’arbre généalogique du personnage.


Sources : Geneastar ; Lumni enseignement ; Wikipedia.

lundi 14 juillet 2025

Thomas Mann et les Juifs

Le 6 juin 2025, une internaute écrivait sur Facebook : « Thomas Mann (1875-1955) est un écrivain juif allemand... » Nous avons été deux ou trois à lui signaler son erreur, elle s’en est excusée et a tout de suite rectifié.

Certes, un auditorium porte le nom de Mann à Tel-Aviv, pour honorer un donateur qui s’appelait Fredric R. Mann, mais là encore, il s’agit d’un nom pouvant être porté aussi bien par un Allemand d’origine germanique que par un Juif ashkénaze.

D’où mon titre !

Certes, « Thomas Mann a tenu très tôt une position critique à l’égard du régime nazi. Dans son roman Le Magicien, Colm Toibin raconte comment Thomas Mann a fréquenté la communauté juive de Munich, dont les parents de son épouse Katia étaient d’éminents représentants. » (Wikipedia)

Toujours est-il que :

« Fils de son temps, Mann est d’emblée marqué par les préjugés régnants de son époque. Il adhère en effet à l’antisémitisme et la xénophobie auxquels il reste longtemps fidèle. Cependant, on assiste à une évolution progressive de l’image des Juifs dans son œuvre. Parallèlement, une réflexion de plus en plus approfondie et significative se dessine dans son évolution personnelle, intellectuelle et politique, notamment face à la virulence du problème juif dans l’Allemagne de Weimar et sous le IIIe Reich. Continûment chez lui, s’esquisse un parallèle entre le destin d’Israël et celui de l’Allemagne. Le leitmotiv se porte au cœur de l’œuvre à travers les balbutiements d’une germanité mise au sommet de ses plus nobles traditions. Le débat sur le sujet est sensible au point qu’il a longtemps été tabou outre-Rhin. La première rupture de ce silence est marquée par la publication de Thomas Mann und das Deutschtum (Thomas-Mann-Studien, 2004) et du livre de Jacques Darmaun, Thomas Mann et les Juifs (www.memoiresdeguerre.com, 2021). »

Thomas Mann und das Deutschtum, ou Thomas Mann und das Judentum ? Quoi qu’il en soit, on comprend bien, à cette lecture, que l’auteur de La Montagne magique et de La Mort à Venise n’était pas juif.

Frère cadet de l’auteur allemand Heinrich Mann et père des écrivains Erika et Klaus Mann, de l’historien Golo Mann, ainsi que du musicien Michael Thomas Mann, il était le fils de Thomas Johann Heinrich Mann et de Julia da Silva-Bruhns, qui n’étaient juifs ni l’un ni l’autre.


Sources : Geneanet ; www.memoiresdeguerre.com ; Wikipedia et sources afférentes, sur Thomas Mann, Katia Mann et Hedwig Dohm.

vendredi 11 juillet 2025

Boualem Sansal, sali de part et d’autre de la Méditerranée

Je découvrais que mon père n’était pas mon père [...] ; que ma mère n’était pas ma mère [...] que ma vraie mère était une inconnue qui m’avait conçu avec des inconnus de passage dans une maison interdite [...] — Boualem Sansal, Rue Darwin, 2011 (in Boualem Sansal, Romans 1999-2011, Gallimard, 2025).

Le 8 juillet 2025 sur Facebook, à propos de cet écrivain incarcéré en Algérie depuis novembre 2024, un certain M.M.B. rapportait ceci : « Un [A]lgérien m’a sorti comme insulte suprême : Boualem Sansal est juif !!! »

Boualem Sansal à Jérusalem.

En effet, dans le monde arabo-musulman, « juif » (yahoud) est souvent l’insulte suprême et quand on veut discréditer quelqu’un, on fait courir le bruit qu’il est juif. Cependant, selon nombre d’adeptes d’une idéologie à la mode, ce ne serait pas de l’antisémitisme mais de l’ « antisionisme ».

Notons, au passage, la manière perverse dont le rédacteur de Wikipedia, cette encyclopédie en ligne gangrenée par l’idéologie islamo-gauchiste, évoque avec insistance les liens que Boualem Sansal aurait entretenus avec « l’extrême droite », cette expression étant mentionnée pas moins de sept fois dans l’article en question.

Le bandeau d’Arte, sur la capture d’écran ci-contre, est passablement tendancieux. Dans la doxa actuelle, quand un artiste ou un écrivain est qualifié d’engagé, cela signifie qu’il est de gauche. On peut donc en déduire qu’à l’inverse, l’expression « à contre-courant », telle qu’elle est employée ici, signifie « de droite ».

Boualem Sansal est le fils d’Abdelkader Sansal, un Berbère d’origine marocaine et issu d’une famille du Rif et de Khadidja Benallouche, une Kabyle algérienne. Son prénom, typiquement berbère, est donné seulement en Algérie. Inutile d’en dire davantage.


Sources : éditions Gallimard, « Vie et œuvre » in Boualem Sansal, Romans 1999-2011, Gallimard (2025) ; Wikipedia, consulté le 11 juillet 2025.