lundi 21 mars 2016

Truman, pas plus juif que Lincoln

J’avais tout de suite supposé qu’en ce qui concerne Harry S. Truman, la méprise consistant à affirmer qu’il était juif était liée à la terminaison en « -man » (voir précédemment). Tout bien considéré, sachant à quel point les auteurs de ce type de racontar peuvent avoir l’esprit tordu, il me faut envisager également une autre cause, et peut-être même une troisième.

Il y a le fait que Truman ait eu une attitude plus interventionniste que ses prédécesseurs et qu’il ait joué un rôle important dans la victoire des forces alliées sur les puissances de l’Axe. En effet, dans le langage des antisémites conspirationnistes, ce que je viens d’écrire peut se traduire de la façon suivante : « Truman a fait la guerre pour les Juifs ».

True, man !
Il y a aussi le fait que Truman se soit lié d’amitié et se soit un temps associé avec un commerçant juif, Edward Jacobson. Les conseils de Jacobson auraient influencé Truman dans sa décision de reconnaître l’État d’Israël. Or, Truman était déjà connaisseur en matière d’histoire juive et favorable à l’État juif. On sait aussi que face à ses contradicteurs, il allait déclarer fonder ses décisions sur la justice plutôt que sur le pétrole.

Harry S. Truman était le fils de John Anderson Truman et de Martha Ellen Young, épouse Truman. Son grand-père paternel s’appelait Anderson Shipp Truman et son grand-père maternel s’appelait Solomon Young. Truman et Young ne sont pas des patronymes généralement portés par des Juifs. Concernant le prénom Solomon (Salomon en anglais), il ne faut pas oublier que les protestants anglo-saxons donnent volontiers à leurs enfants des prénoms bibliques.

En l’occurrence, les parents de Harry Truman étaient protestants. En témoigne, notamment, le fait qu’ils aient envoyé leur fils à l’école dominicale de l’Église presbytérienne.

Sur le site américain Jew or Not Jew, Truman obtient le score 5 sur 15 et ce score se décompose comme suit : 0/5 pour les origines juives, 1/5 pour le rapport au judaïsme et 4/5 pour le regret qu’il n’ait pas été juif (soit un point de moins qu’Abraham Lincoln).

Si l’on sait qu’aux États-Unis, la ségrégation des Noirs a duré jusqu’à la fin des années soixante, qu’avant la Seconde Guerre mondiale Henry Ford avait mené une vaste campagne antisémite et qu’on aurait alors été bien en peine de trouver un seul Juif parmi les professeurs des plus prestigieuses universités américaines, supposer qu’un Juif aurait eu la possibilité d’accéder à la Maison-Blanche en 1945 est déjà très douteux.


Sources : Wikipedia, Jew or Not Jew

2 commentaires:

  1. Bien soulignée la confusion! mais ce qui intéresse les gens un peu avertis, ce n'est pas le lignage, de nombreux Juifs (la grande majorité) sont exempts de soupçons malveillants, mais l'intention secrète se manifestant par des actes .
    Maçon de haut niveau, a t-il seul la décision de bombarder les villes Japonaises?
    Rabbi Isaac Meyer Wise affirme l''identité Juive de la Maçonnerie.
    Donc la question se pose: Est ce la volonté de non-juifs ou celle de Juifs que d'anéantir Hiroshima et Nagasaki ?
    Nous ne saurons jamais la vérité car les Cénacles où se décident ces actes ne nous sont pas accessibles et ne le seront jamais. CQFD

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    1. La franc-maçonnerie n'est certainement pas juive. Par ailleurs, Truman ne peut pas avoir pris seul une telle décision, mais quel rapport avec les Juifs, et qu'importent les origines ethniques des décideurs politiques ? Excusez-moi mais il faut vraiment avoir l'esprit tordu pour soupçonner un lien entre l'identité juive et un acte de guerre dans un tel contexte.

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